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Des médicaments « plus dangereux qu’utiles », c’est ainsi que la revue Prescrire a qualifié les produits à éviter et dont elle a dressé la liste le 28 novembre.

Ces médicaments dont on peut se passer…

Des risques sanitaires « disproportionnés » pour les patients, de quoi réfléchir à deux fois avant d’avoir recours à certains médicaments pointés du doigt par la revue Prescrire. Cette dernière a publié jeudi 28 novembre sa nouvelle liste d’une centaine de médicaments présentés comme étant « plus dangereux qu’utiles ». Parmi eux, 12 nouveaux produits viennent s’ajouter à ceux déjà dénoncés les années précédentes. Tel est le cas du Ginkgo biloba (nom de marque Tanakan et assimilés), utilisé pour les troubles cognitifs (de la mémoire, de la compréhension, etc.) des patients âgés, qui comporte un risque d’hémorragies, de troubles digestifs, de convulsions…

Un Ginkgo biloba décidément à déconseiller puisque, lorsqu’il est utilisé combiné à d’autres molécules, sous le nom de Ginkor fort, dans l’insuffisance veineuse, il se révèle alors être « sans plus d’efficacité ».

Contamination au plomb

Autres nouveaux moutons noirs de la santé, des sirops contre la toux peu recommandables comme Clarix toux sèche pour enfant et Vicks sirop pectoral 0,15% pour adulte, à base de pentoxyvérine. Cet antitussif qui, selon Prescrire, « expose à des troubles cardiaques » et « à des réactions allergiques graves ».

Toujours parmi les médicaments présents sur la liste noire :  l’attapulgite (Actapulgite, ou en association dans Gastropulgite), la diosmectite (Smecta ou son générique). Mais aussi le Rennieliquo, le Bedelix à base de monmectite, présente aussi dans le Gelox ainsi que le kaolin que contiennent Gastropax et Neutroses. La contamination par du plomb des argiles médicamenteuses utilisées dans divers troubles intestinaux, dont les diarrhées, justifie de les écarter des soins.

105 médicaments, dont 92 vendus en France

Au total, ce sont 105 médicaments, dont 92 commercialisés en France, qui font l’objet d’une mise en garde de la part de la revue. À savoir que la liste en question a été établie sur la base des analyses publiées dans la revue de 2010 à 2019. Par ailleurs, elle est régulièrement actualisée, avec des nouveaux médicaments faisant leur entrée tandis que d’autres en sortent.

Si, selon Prescrire, les médicaments listés « ne sont pas forcément de futurs « Mediator » […] Surtout si tous les acteurs de santé réagissent à temps », les produits épinglés demeurent toutefois des « causes de mortalité, d’hospitalisations ou d’effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables ».

L’alpha-amylase (Maxilase et équivalents) pour les maux de gorge, pouvant engendrer des réactions allergiques parfois graves, voire mortelles (un décès enregistré en France en 2017) mais également le tixocortol (présent avec la chlorhexidine dans le Thiovalone et ses équivalents), un corticoïde en pulvérisation buccale utilisé pour le mal de gorge bénin, sont autant de médicaments contre lesquels la plus grande prudence est requise.

AK

Crédit photos : DR (photo d’illustration)
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