« L’interdiction de fumer dans les aéroports, c’est une torture » (L’Agora)

A LA UNE

Le journaliste russe Igor Maltsev donne son point de vue sur les politiques anti-tabac en Europe, et sur la recrudescence ces dernières années d’interdictions tous azimuts sous la pression des lobbies et des minorités agissantes. Décapant.

Peu de gens savent qu’il y a un moment, fumer le tabac était la seule possibilité de désinfecter les voies respiratoires et la bouche. Les plus idiots peuvent lire quelque chose d’objectif sur l’histoire des épidémies en Europe. La plupart d’entre elles n’étaient d’ailleurs pas liées au manque d’hygiène mais plutôt à l’arrivée sans contrôle de certains bateaux avec divers éléments indésirables issus de pays exotiques [allusion à l’accostage du Grand Saint-Antoine à Marseille en 1720, qui déclenche une épidémie de peste ; 40 000 Marseillais sont fauchés par l’épidémie].

[…] D’une autre part, je comprends que quand le gouvernement a besoin de trouver de l’argent, il commence à se préoccuper de la santé des citoyens et invente de nouveaux impôts et des taxes nouvelles, par exemple à l’encontre de l’industrie du tabac. Évidemment, ce genre de soucis semble particulièrement inopportun dans les villes industrielles en Sibérie ou au Nebraska où la fumée qui obscurcit le ciel ne vient pas du tabac.

Les fumeurs sont devenus une cible prioritaire il y a peu de temps : lorsqu’un rapport américain qui prouvait que les fumeurs de pipes vivent plus longtemps que les non-fumeurs a été quasiment classé secret-défense. Mais le gouvernement avait besoin de déshabiller l’industrie, et comment le faire sans diaboliser le sujet du pillage, pour faire passer la pilule au public ?

Certains médecins directement intéressés par l’industrie pharmaceutique (qui est pire en réalité que les narco-cartels) se sont joints au processus [en 2014 la justice américaine a établi que plusieurs rapports, pierres angulaires de la législation anti-tabac, avaient été falsifiés par trois experts payés par les laboratoires Glaxo et Pfizer. Parmi eux les rapports de 1998 sur la dépendance à la nicotine et de 2006 sur le tabagisme passif, qui avaient justifié l’interdiction du tabac dans les lieux publics].

Tous ces discours « honnêtes » sur le cancer des poumons, et même le cancer. Vous remarquerez qu’ils planquent leur incapacité quant au diagnostic et au soin du cancer, et même de la compréhension des raisons qui mènent au cancer sont masquées par une affirmation agressive et unique « vous fumez ? Donc vous avez le cancer ».

[…] Ensuite le fait de fumer est devenu un facteur politique. À peu près au même moment où les salauds écolo-gauchistes ont fait irruption au pouvoir de divers pays. Leur principe de maintien du pouvoir, c’est de diviser la société en petits groupes opposés, la désignation de boucs émissaires et de sous-hommes qu’on peut soumettre à toutes les privations.

Opposer le capital et le prolétariat, ça ne marche plus, il fallait trouver quelque chose de neuf. D’où cette hystérique Greta Thunberg avec son agression permanente envers les « adultes qui ont volé le futur », l’affirmation que tous ceux qui sont à droite de Mao sont des fachos extrémistes, les professeurs [et les conférenciers] persécutés par les étudiants activistes, la division de la société au sujet du réchauffement climatique, etc. Mais le pire, c’est pour les fumeurs, qu’on a érigé en boucs émissaires qui peuvent être pourchassés par la meute de chiens.

Cela a commencé encore aux États-Unis, puis l’UE globaliste et atlantiste a singé toutes ces interdictions de fumer et a commencé à les imposer dans les pays développés de l’Europe. Les gouvernements ont commencé par interdire de fumer là où fumer était logique – dans les bars, les boîtes de nuit, les bars à bière, les coffee shops, sans compter les fumoirs dans les aéroports.

Et cela est justement un cas d’école. Un homme dans un aéroport est la personne qui souffre le plus dans sa vie sociale. Aucune personne persécutée – les femmes, les Noirs, les homos, les transgenres et autres membres des « mouvements de libération nationale » qu’on appelle terroristes au-delà des frontières de leurs pays – ne sont confrontés à autant de peurs, d’inquiétudes, de privations, de pressions de la part des fonctionnaires, des forces de l’ordre…

À cause d’un voyage de deux heures, un individu doit encore en perdre au moins deux autres, voire trois, à se confronter à des structures désagréables. Ce qui conduit à des crises de nerf : l’individu y est enfermé comme s’il était en garde à vue. Et là en plus on lui interdit de fumer – non seulement pendant le vol, mais aussi quelques heures avant, ce qui augmente encore la pression psychologique. En fait, selon tous les standards de la Convention de Genève, c’est une torture. L’État a autorisé un groupe de la population à en torturer un autre, en toute impunité.

Bon, et évidemment, ces deux groupes sont montés l’un contre l’autre. Car à chaque tentative d’ouvrir des fumoirs il se trouvera toujours des gens qui vont vous rabaisser et vous affirmer que c’est bien fait pour vous, il ne fallait pas commencer à fumer. Ce qui ne les concerne en rien […] D’ailleurs, après des actions de désobéissance civile en Allemagne, le pouvoir a lâché du lest, et l’aéroport de Tegel est maintenant équipé d’un smoking lounge. Dans les bars de Berlin, on peut fumer s’il n’y a pas de mineurs. Dans les restaurants on aménage des zone non-fumeurs […]

Mais ce n’est pas le cas à Vienne, qui est pourtant la capitale de la culture du tabac et de l’hédonisme café-tabac. Depuis le 1er novembre 2019, il y a une interdiction totale de fumer dans les établissements dits « Gastronomie », dont les cafés, les restaurants, les pubs, les bars à vin, les boîtes de nuit, les rocks clubs, les clubs privés, etc.

La première altercation avec les personnes chargées de vérifier l’application de l’interdiction a eu lieu dès le 2 novembre, lorsqu’un groupe de citoyens s’est battu contre eux, puis contre les policiers venus les assister. Les Viennois font des manifestations contre l’interdiction de fumer. Et tout cela est lié au fait que la mairie de Vienne – aux mains des Rouges – a décidé d’être la zone test d’une interdiction qui doit ensuite être appliquée dans tout le pays.

Et c’est justement là qu’on voit au mieux toute l’hypocrisie de la politique de la lutte contre les fumeurs.

Presque dans le centre-ville, il y a une usine d’incinération de déchets [Spittelau] dont le taux de cancérigènes dans les rejets n’est mesuré qu’une fois l’an, histoire de ne pas trop inquiéter les habitants. À deux mètres de ce bâtiment se trouve un vieux rock-club, où on vient d’interdire de fumer. Les fumeurs sont dégagés dehors, où il fait froid et il y a un tuyau qui émet des rejets cancérigènes.

Mieux. On a interdit de fumer même dans les clubs échangistes. Donc si les amateurs de rock peuvent encore sortir dehors fumer, les gens nus n’iront pas fumer dehors. Et c’est justement cette interdiction de fumer dans les clubs échangistes qui ridiculise le principe des manipulations gauchistes.

En effet, on voit que nous vivons dans une société, où on peut amener sa femme baiser avec une dizaine de personnes, mais il est interdit de fumer pendant ce temps dans la pièce. Si maman savait ce que je fume…

Pis, sous le concept de libéralisation, les mouvements d’extrême gauche nous ont imposé une société où l’héroïsme et la norme louée par le cinéma, c’est que des hommes baisent entre eux comme des porcs, où la norme c’est de fumer du cannabis et le vendre en bourse, et pas dans des recoins, où chaque cochon gras est fier de son poids comme s’il était au salon de l’Agriculture, où celui qui est coupable, c’est toujours le Blanc qui bosse. Et celui qui fume sa clope avec son café du matin : lui il est fou, tuez-le !

Il y a pas si longtemps, lorsque la défense des droits des femmes n’était pas assurée par des hystériques professionnelles, mais par des gens respectables, John Lennon avait écrit une chanson intitulée « Woman is the nigger of the world ». Maintenant on met  « smoker » (fumeur) à la place de Woman et on obtient le tableau complet de la victoire du libéralisme social, qui est devenu depuis longtemps bien pire que le fascisme. Et ce monde, on n’en a pas besoin [en Russie]. Vivez-y vous-même.

Igor Maltsev

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

Traduction par Louis-Benoît Greffe

Photo d’illustration : Wikipedia
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