À coup sûr, les habitants des quartiers du Breil à Nantes et de Cleunay à Rennes ont des idées très précises sur la qualité de vie…

L’association Villes et villages a publié un classement des villes où il fait bon vivre en prenant en compte la qualité de vie, les transports, les commerces et services, la santé, l’éducation, les sports et loisirs, la solidarité… (Journal du dimanche, 29 janvier 2020). Rennes arrive en 17ème position et Nantes en 20ème. La vente sur la voie publique de la drogue entre-t-elle dans le critère « commerce » ? Car, dans les deux villes, ce business se déroule dans certains quartiers au grand jour. Bien entendu, il y a la routine : vols, viols et tentatives de viols, braquages de commerces, agressions diverses.

La queue pour acheter du shit…

 Mais, depuis quelque temps, il y a plus original : les fusillades. D’après les policiers, tout cela est en lien avec le trafic de stups ; les bandes se disputent les points de vente. À Nantes, ces coups de feu sont entendus notamment dans le quartier du Breil et à Rennes dans celui de Cleunay ; il parait que les habitants s’habituent ! « Tous les jours ils sont devant la porte. À un certain moment, les clients font la queue pour acheter du shit ! En été ça commence même dès le matin », explique un commerçant de Cleunay (Ouest-France, Rennes, jeudi 9 janvier 2020). Au Breil, les habitants s’inquiètent : « Le quartier n’est pas calme en ce moment. Entre les rodéos, les voitures qui brûlent, les coups de feu, c’est dur… » (Dimanche Ouest-France, Nantes, 19 janvier 2020).

L’association Villes et villages serait bien avisée de tenir compte de ces critères (drogue, fusillades, agressions…) dans son prochain classement. À coup sûr, cela permettrait aux deux métropoles bretonnes de remonter dans ce classement si on considère que, pour les bobos, pouvoir acheter sa dose de cannabis et de cocaïne facilement contribue à la « qualité de vie ». Quant aux libéraux, ils considéreront que c’est un élément important de la « croissance ».

Une étude Odoxa (Le Figaro, vendredi 31 janvier 2020) montre les missions que la population souhaite voir la police municipale exercer. Parmi elles la création de « postes de police dans les quartiers ». Faut-il y voir une atteinte à la liberté du commerce ?

Bernard Morvan

Photo d’illustration : DR
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