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Les 33 prévenus du « gang des cartes bleues », tous de nationalité roumaine sauf une femme, seront finalement jugés sans public ni presse, à la base sous-marine de Saint-Nazaire, après plusieurs incidents et des soupçons de tentative de corruption. Cinq autres suspects sont en fuite et recherchés.
En effet, outre le fait que des prévenus normalement interdits de contacter entre eux, ne cessaient de se parler en roumain, des prévenus auraient fait des photos des accès du site et une somme d’un peu plus de 10.000 € en billets de 50 et 200 € a été découverte dans une poussette amenée par des proches d’un des prévenus. Corruption ? Une enquête a tout de même été ouverte et deux des prévenus placés en garde à vue ce 13 février. Le procès aura déjà coûté assez cher au contribuable, puisque la salle a du être aménagée pour 9000 € et est louée 5000 € à la ville.
De juin 2014 à décembre 2017, les prévenus, de nationalité roumaine mais domiciliés en Loire-Atlantique, ont subtilisé des cartes bleues sur les marchés et les foires en Bretagne – mais aussi au festival interceltique de Lorient, les Vieilles Charrues et la braderie de Lille. Près de 271 victimes ont été recensées. Toujours, les auteurs des vols s’embusquaient près d’un distributeur, attendaient que la victime fasse un retrait, profitaient de la foule pour voler la carte et faisaient ensuite des retraits frauduleux.
A Rennes, les 13 et 14 février dernier, cinq albanais comparaissaient devant la juridiction interrégionale spécialisée (JIrS) de Rennes pour une série de cambriolages et de tentatives. Appelé « gang des hachettes » , le groupe opérait de nuit, coupant les toits, sectionnant fils électriques et murs à l’aide de hachettes et de pieds de biche.
Spécialisé dans le vol de coffres-forts d’entreprises et supermarché, le groupe a sévi à Meslay du Maine (Mayenne, Super U), Savenay (Loire-Atlantique, CIC en février 2018) et Quimperlé (29, tentative de cambriolage au siège du groupe Bigard, en juin 2018) avant d’être interpellés le 18 juin 2018, après le vol tôt le matin de 30.500€ en liquide et d’appareils électroniques dans le Tarn-et-Garonne.
L’enquête n’a pas permis cependant de remonter la filière jusqu’à un commanditaire ou un chef criminel – il est possible que des ramifications soient en Albanie, hors de l’espace juridique européen. Tout comme elle s’est heurtée au refus total des prévenus – basés en région parisienne mais très mobiles – de reconnaître les faits et d’éclairer les enquêteurs sur leurs receleurs. L’un d’eux usait en outre d’une fausse identité grecque. D’autres avaient des métiers légaux, dont le réceptionniste d’un petit hôtel, impliqué dans le plus de faits.
Déjà très défavorablement connus, Adrjan Carciu et Emmanuel Budini ont écopé de cinq et quatre ans ferme respectivement. Altin Tola, en fuite, a pris 30 mois ferme avec mandat d’arrêt. Les trois derniers ont été condamnés à trois ans de prison ferme.
Louis Moulin
Illustration : DR
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