Covid oblige, l’emballage de l’Arc-de-Triomphe par Christo remis à plus tard

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Les Parisiens échappent de peu – mais temporairement ? – à un second massacre. Il y avait eu, en 1985, l’emballage du Pont-Neuf par Christo. Il devait y avoir cette année, en septembre, l’emballage de l’Arc-de-Triomphe par le même. En accord avec le Centre des Monuments Nationaux et le Centre Pompidou, son exposition-inauguration vient d’être remise pour cause de Covid, un virus qui, au moins, aura servi à cela. Il est certes question de reporter le cirque d’une année calendaire, soit en septembre 2021, mais sous la réserve que la santé de « l’artiste » (81 ans) tienne le délai.

London Mastaba by Christo… Photo ClemRutter/Wikimedia (cc)

A Londres, les promeneurs de Hyde Park, quant à eux, s’impatientent. Le London Mastaba, structure de 20 m de haut sur 40 de large, paquet mal ordonné de 7 500 barils de pétrole vides, peints en rouge, bleu, blanc ou mauve, encombre le Serpentine Lake depuis l’automne 2018. Il devait être démonté de longue date mais, là encore, pour cause de difficultés financières de « l’artiste », puis de coronavirus, etc. Il faudra, au mieux, attendre le mois de septembre pour récupérer le paysage d’origine. Christo a promis de tout nettoyer, même l’eau du lac.

Deux ans plus tôt, il avait envahi le lac Iseo, en Italie du Nord. Une bâche de 100 000 m² avait couvert un assemblage de 200 000 blocs de polystyrène flottant. Les planches, à Deauville, sont benoîtement calées sur la plage. Chez Christo, les Floating Piers (« Jetées flottantes ») sont sur l’eau. Des dizaines de maîtres-nageurs ont dû surveiller la structure en permanence : il n’était évidemment pas question d’installer des barrières latérales qui auraient rompu l’harmonie du coup d’œil, et la chose fut fermée et cadenassée de nuit. Le projet initial prévoyait une installation sur le Rio del Plata, entre Argentine et Uruguay. Évidemment refusé, le schéma fut rhabillé pour la baie de Tokyo, sans plus de succès. Les administrations italiennes furent plus clémentes avec « l’artiste ». Tout comme celles de Hyde Park qui, deux ans plus tard, acceptèrent ce que plusieurs émirats avaient refusé : un tas de bidons pour figurer un mastaba, c’est-à-dire la tombe d’un roi égyptien des premières dynasties.

Floating piers, by Christo. Photo : Marcio De Assis/Wikimedia (cc)

Pièges à gogos et à bobos

Ainsi, au nom d’une soi-disant liberté de l’artiste, les administrations européennes sont les seules à tomber dans – et à encourager – les pièges à gogos et à bobos dont le bricoleur bulgare a le secret, déjà utilisé contre le Reichtag de Berlin ou le Pont-Neuf de Paris. Les Français, pour l’heure, échappent à ceci :

A l’évidence, si Christo survit et que le projet aboutit, la Marseillaise de Rude emmaillotée et l’Arc emballé seront moins chargés en replis et en drapés que le Reichtag ou le Pont-Neuf. Il est aussi possible que des Gilets Jaunes contestent ce nouvel habillement, qui passerait alors par une période très chaude. Les bâches devront, impérativement, être ignifugées. Et la tombe du poilu de 1914 protégée, pour lui éviter de devenir celle de « l’artiste inconnu ».

Phyneas Taylor Barnum (1810-1891) avait, lui aussi, réussi un brillante carrière publique. Débutée dans des foires où, entre un nain et un orang-outan, il montrait une esclave noire aveugle de 161 ans (sic), acheté 1000 dollars au marché et réputée première nourrice de George Washington, il avait fini à la tête du plus grand cirque de la planète à son époque. Une différence de taille avec Christo, autre maître de l’illusion : personne n’imagina jamais déclarer Barnum « artiste », ni faire entrer ses « œuvres » dans un musée, ou lui-même à l’Académie des Beaux-Arts. Signe de sa sagesse, il assurait : A sucker born every minute, « Chaque minute naît un naïf », ou « un crétin ». Prophétie imparable. Les emballages de Christo, plus d’un siècle plus tard, ont les mêmes admirateurs que les trucages de Barnum.

J.F. Gautier

Crédit photo : DR
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