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La France est le seul pays de l’UE avec le Portugal, pour l’instant, à s’être porté volontaire pour accueillir des migrants bloqués à bord de deux bateaux au large de Malte.

160 migrants dont personne ne semble vouloir…

Depuis plus de deux semaines, ce sont quelques 162 migrants qui se trouvent retenus sur deux navires au large des côtes maltaises. Mais, suite à la période de quarantaine à laquelle ils devaient s’astreindre, les autorités locales ont refusé leur débarquement sur l’île.

De leur côté, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont publié une déclaration commune le 21 mai, appelant Malte et les autres États de l’UE à trouver « un moyen de mettre en sécurité » les clandestins en question. Si 21 personnes avaient déjà fait l’objet d’une évacuation antérieure, Malte a cette fois adressé une fin de non recevoir à la requête dans un contexte de confinement lié au Covid-19, les frontières de l’île étant officiellement fermées.

Les deux bateaux à bord desquels se trouvent les migrants sont des navires de tourismes privés battant pavillon maltais et propriétés du croisiériste Captain Morgan.

Pour l’heure, les injonctions de l’ONU et des ONG pro-migrants envers les pays européens afin qu’ils se répartissent la centaine d’extra-européens repêchés en Méditerranée n’ont trouvé aucun échos…

Sauf la France

En effet, aucun accord de répartition de ces migrants n’a été conclu entre les pays de l’UE. Mais, et c’est peut-être ce que certains nomment « l’exception française », la France a tenu à se démarquer pour se porter candidate à l’accueil de 30 de ces individus ayant pris la mer depuis les côtes libyennes. Le Portugal s’est quant à lui engagé à en accepter six sur son sol…

Les agences onusiennes soulignent pour leur part qu’un système de relocalisation négocié et accepté par ces pays est « nécessaire d’urgence pour enfin sortir d’un cycle perpétuel de négociations et d’arrangements ad hoc qui met en danger les vies et la santé des personnes ».

Dans une période trouble où une profonde crise économique vient s’ajouter à la crise sanitaire dans de très nombreux États européens, l’accueil de migrants n’est visiblement plus une priorité pour beaucoup. De même, l’opération navale et aérienne européenne Irini [NDLR : le mot grec pour « paix »] visant à faire respecter l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies à la Libye pourrait voir la fin de la participation financière de Malte à l’initiative.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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