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Le secteur du livre est la première industrie culturelle en France. Selon les derniers chiffres (2017/2018) il pèserait environ 4,5 milliards d’euros. En comparaison, la musique pèse moins d’un milliard d’euros en France, le cinéma (dans sa globalité) 2 milliards. Au sein du secteur du livre, le marché d’occasion est un de ceux qui traverse le mieux les différentes crises, comme nous allons le voir ci-dessous.
Le marché du livre d’occasion : 850 millions d’euros
Le marché du livre d’occasion pèse 850 millions d’euros environ en France. Un marché qui, malgré le recul net de la lecture notamment chez les plus jeunes, est en plein boom. Ainsi, les sites, tels que momox-shop, spécialiste de la vente d’articles culturels d’occasion en ligne, se sont multipliés.
De nouvelles start-ups, comme La Bourse aux livres visant surtout un public étudiant, voient elles aussi le jour pour proposer des solutions en ligne pour les bibliophiles.
Des plateformes comme la start-up RecycLivre fondée en 2008, mettent également en place des nouvelles façons de vendre les livres d’occasion en les reprenant notamment aux collectivités et aux associations afin d’éviter que ceux ci ne soient jetés. Après recensement, une partie des revenus générés par les ventes sont reversés à des programmes, par exemple de lutte contre l’illettrisme ou l’accès à la culture.
Dans toute la France, des initiatives locales se créent également afin de permettre une seconde vie à des livres qui, trop souvent, sont oubliés dans les bibliothèques, des bibliothèques dans lesquelles les Français boudent très (trop) souvent la lecture. Dans les régions, comme en Bretagne, ce marché s’organise également et des réseaux se créent pour permettre aux libraires de vendre y compris sur Internet.
Le marché du livre neuf en recul
Si le secteur du livre d’occasion connait une croissance continue ces derniers années, celui du neuf a subi un léger recul en 2017 par rapport à l’année précédente, passant d’environ 2,8 à 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec une diminution du nombre d’exemplaires vendus, soit 430 millions, selon le SNE, le Syndicat national de l’édition. Le secteur du livre numérique continue, quant à lui, sa progression en générant un chiffre d’affaires de 201,7 millions d’euros en 2017, soit une évolution de 9,8 % par rapport à 2016. Il représente ainsi 7,60 % du chiffre d’affaires des ventes d’ouvrages des éditeurs.
« Le secteur de la production et de la diffusion du livre représente, au sens large (édition, diffusion, distribution, commerce de détail et bibliothèques), plus de 80 000 emplois, dont environ 13 000 dans la branche de l’édition et 10 000 dans celle de la vente de livres au détail, auxquels il convient d’ajouter les 101 600 auteurs de livres qui sont à l’origine de cette filière » peut on lire sur le site dédié aux Gens de lettre qui s’intéresse également aux comportements des Français dans ce domaine :
« En 2018, 51 % des Français de 15 ans et plus ont acheté au moins un livre imprimé au cours de l’année (-1 % par rapport à 2017). Les acheteurs occasionnels (1 à 4 livres par an) représentent 23 % (-1 %) des acheteurs de livres, les acheteurs moyens (5 à 11 livres par an) 15 % (-1 %), et les gros acheteurs (12 livres et plus par an) 12 %. Cette dernière catégorie, qui était en recul depuis plusieurs années, a gagné 1 % en 2018. Plus d’un acheteur de livres sur 10 (12 %) a acquis au moins un livre d’occasion en 2018 (+0,5 % par rapport à 2017).
Selon une étude publiée en 2019, 91 % des Français de 15 ans et plus ont lu au moins un livre au cours de l’année. Au cours de cette même année, 26 % d’entre eux ont lu de 1 à 4 livres, 40 % de 5 à 19 livres et 25 % ont lu plus de 20 livres. Le nombre de livres prêtés en bibliothèques municipales était de 279,5 millions en 2016 et de 846 000 en bibliothèques universitaires en 2017. Les achats de livres par les bibliothèques municipales représentent chaque année environ 8,4 millions de volumes, et 846 millions en bibliothèques universitaires »
A côté des 70 % d’acheteurs de livres qui n’achètent que des livres neufs, un peu plus de 25 % d’entre eux combinent les différentes pratiques d’achat de livres : – 21 % achètent des livres neufs et des livres d’occasion (mais pas de livres numériques), – 4 % des livres neufs et des livres numériques (mais pas de livres d’occasion), – et 2 % achètent à la fois neuf, occasion et numérique .
Bécherel, l’Eldorado du livre d’occasion en Bretagne
Pour ceux qui sont allergiques à Internet notamment pour la lecture (et au numérique), il y a une ville qui leur est dédiée, depuis 30 ans, en Bretagne, et qui est un passage incontournable pour tout bibliophile qui se respecte. Bécherel, la cité du livre. Une cité qui abrite aujourd’hui douze librairies et une dizaine d’ateliers d’artisans d’art et artistes.
Des librairies dans lesquelles, en fonction de la saison, en fonction du moment, vous pourrez découvrir des perles rares (notamment pour ceux qui s’intéressent à la géographie, à l’histoire de la Bretagne, mais pas que, loin de là). Aller à Bécherel et s’y offrir une journée, c’est se régaler visuellement en parcourant les vieux livres (et les moins vieux) proposés par des libraires qui maintiennent cet espace hors du temps, dans la convivialité. Des livres qui sont aussi référencés sur les principales plateformes Internet (il faut bien que les libraires vivent), mais rien ne vaut de les voir en direct, et d’en discuter le cas échéant avec les amoureux de ces derniers qui sillonnent la cité médiévale.
Aller à Bécherel, c’est aussi, prendre des risques vis à vis de sa carte bleue, mais ça, c’est une toute autre histoire…
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