Individuation : l’évolution permanente, par Alain Prochiantz

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A travers  les concepts  d’évolution et d’individuation, Alain Prochiantz revient sur l’instabilité de toute structure vivante, compensée par un renouvellement infini de formes, fondement d’une individuation qui fait de chacun d’entre nous un être unique, en évolution permanente. Même si cette instabilité engage tous les niveaux du génome à l’organisme, cette conférence se concentre sur le cerveau et, plus précisément, sur le cortex cérébral. Le conférencier aborde quelques expériences récentes, sur la possibilité de jouer sur la plasticité cérébrale adulte et de modifier la physiologie corticale par la manipulation simple de facteurs de transcription.

Alain Prochiantz, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Processus morphogénétique, membre de l’Académie des sciences, et nommé administrateur du Collège de France depuis 2016. Ancien élève de l’École normale supérieure (ENS) et a préparé son doctorat d’État à l’université Denis-Diderot à Paris. Il a dirigé l’unité CNRS « développement et évolution du système nerveux » ainsi que le département de biologie de l’ENS. Après avoir soutenu une thèse sur la structure des ARN messagers des picornavirus végétaux, Alain Prochiantz s’est consacré à l’étude de la morphogenèse cérébrale. Ses contributions scientifiques majeures sont la découverte de l’hétérogénéité topologique des astrocytes cérébraux et celle d’un nouveau mode de signalisation par transfert intercellulaire de facteurs de transcription de la classe des homéoprotéines.

Son équipe s’intéresse au rôle de cette voie de signalisation au cours du développement cérébral, mais aussi chez l’adulte, ainsi qu’aux pathologies associées à ses altérations. Un résultat particulièrement frappant est la possibilité de rouvrir des périodes de plasticité du cortex cérébral en bloquant transitoirement l’internalisation de l’homéoprotéine Otx2 par des interneurones de la couche IV du cortex cérébral. Cette réouverture a permis de rétablir la vision binoculaire chez des souris porteuses d’une amblyopie expérimentale. À partir de l’analyse des mécanismes de sécrétion et d’internalisation de ces protéines, son équipe a découvert les premiers peptides capables de traverser les membranes cellulaires et de servir de vecteurs pour l’adressage intracellulaire de substances pharmacologiques. Dans cette veine, elle étudie la possibilité d’utiliser certaines homéoprotéines comme protéines thérapeutiques dans plusieurs pathologies, dont la maladie de Parkinson.

En parallèle de ses travaux de recherche, Alain Prochiantz est l’auteur de plusieurs ouvrages destinés à un public plus large. Avec le dramaturge Jean-François Peyret, il a participé à la construction de pièces pour le théâtre qui peuvent être vues comme autant de tentatives de manipulation poétique de la science. Il a créé et dirige, au Collège de France, le Centre interdisciplinaire de recherche en biologie, riche de 18 équipes accueillies travaillant dans différents domaines des sciences du vivant.

Crédit photo : DR
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