Cinéma. Patria, excellente série espagnole sur la lutte armée de l’ETA et ses conséquences

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Parmi les excellentes séries sorties en 2020, on retrouve Patria, série du réalisateur Aitor Gabilondo (production HBO Europe) qui a adapté le roman à succès de Fernando Aramburu et qui est actuellement disponible sur Canal +.

On y suit, sur 8 épisodes d’égale intensité, le parcours de deux familles plongées au coeur de la lutte armée menée par l’ETA contre l’Espagne et ses soutiens (ou supposés tels).

2011. L’Eta, l’organisation indépendantiste basque annonce qu’elle range les armes. Une femme, dont le mari avait été assassiné par l’organisation 20 ans plus tôt, rentre dans le village où s’était déroulé le drame. Mais les plaies ne sont pas refermées. Sa meilleure amie la regarde toujours de travers, le village la rejette, les souvenirs remontent à la surface, les plaies s’ouvrent de nouveau autour de ces deux familles, jadis unies, aujourd’hui déchirée par une guerre civile racontée intimement, sans manichéisme par le réalisateur.

La série se déroule donc à la fois en 2011, mais aussi dans les années 90. On y voit d’un côté un Pays Basque actuel qui veut refermer les pages de la guerre civile, du terrorisme, et de l’autre, dans les années 90, une jeunesse basque qui se rêve libérée de l’Espagne, quit à prendre les armes, à se battre, à assassiner pour y parvenir.

Patria, ce n’est pas une série qui va à 100 à l’heure. Le réalisateur prend son temps, pour plonger dans l’intimité des principaux personnages, pour nous faire découvrir leurs psychologies, leurs rêves, leurs doutes et leurs peines. On est dans un drame social et politique qui aurait même parfois des accents de Ken Loach. Une série qu’il faut bien évidemment voir en version originale sous titrée, car en langue française, elle perdrait de toute sa crédibilité.

La série se dévore comme un bon thriller historique. Il n y a pas les gentils et les méchants. Il y a des hommes et des femmes qui ont fait des choix, condamnables ou pas selon le point de vue des personnages. Des choix destructeurs, lourds de conséquences, pour toute une communauté, en proie à la crainte, à la délation, aux menaces, à l’ostracisme aussi selon les choix économiques ou politiques qui étaient fait à l’époque. Les acteurs,  Susana Abaitua, Iñigo Arambarri, Ane Gabarain, excellent d’ailleurs eux aussi dans leurs rôles respectifs.

On y découvre enfin, par séquences la beauté d’un Pays Basque que le réalisateur nous invite manifestement à découvrir (la série a été tournée notamment à Arinhoa, Sare et à Saint-Jean de Luz, du côté Français d’Euskal Herria donc).

Pour conclure, si vous aimez les séries historiques et politiques, et les bons thrillers, alors jetez vous sur Patria, à la découverte d’un morceau de l’histoire sanglante d’un petit bout d’Europe partagé aujourd’hui entre France et Espagne.

Et pour compléter la série, vous lirez le livre ETA, une histoire, livre qui retrace l »histoire du nationalisme basque, éclaire les circonstances de la création de l’ETA en 1959, en pleine répression franquiste, et explore les stratégies successives qui mènent au terrorisme sanglant des années 1980-2000. Un livre qui raconte aussi une épopée clandestine face aux polices espagnoles et françaises. Luttes idéologiques, scissions, conflits de personnalités, nouvelles techniques de combat : autant d’éléments qui font de l’ETA un mouvement imprévisible et insaisissable. Ecrit par plusieurs historiens et journalistes espagnols, cet ouvrage unique en son genre explore les nombreuses facettes d’une histoire complexe et secrète.

Crédit photo : DR
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