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Impossible (ou presque) de se passer de la voiture pour rejoindre son lieu de travail depuis son domicile en Bretagne et plus généralement dans le Nord-ouest de la France. L’automobile demeure en effet un moyen de transport incontournable pour de très nombreux actifs dans notre région.
« Mobilité(s) », un terme de novlangue au sens trompeur…
La novlangue qui sévit en France depuis de nombreuses années a fait passer le terme dans le langage courant : il est désormais de rigueur dans les études d’opinion de parler de « mobilité » pour désigner ce que le bon sens appelait encore il y a peu de temps les moyens de transport. À ce sujet, Michel Geoffroy, pour le compte de la Fondation Polemia, décrivait habilement ce terme en 2019 : « Mobilité(s) : expression trompeuse puisque le but de ces prétendues « mobilités » consiste en réalité à restreindre la liberté de choisir ses modes de déplacement et en particulier l’autonomie justement apportée par l’automobile. »
Parenthèse fermée, c’est donc à cette « mobilité » justement qu’une étude de l’IFOP (Institut français d’opinion publique) pour le compte de la société alphabet France (filiale du groupe BMW) s’est intéressée. L’occasion de faire le point sur la situation des actifs français quant à leur recours aux moyens de transport pour se rendre à leur travail. Et plus particulièrement dans le quart Nord-Ouest de l’Hexagone, à savoir dans les régions administratives que sont la Haute-Normandie, la Basse-Normandie, la Bretagne, les Pays de la Loire, le Poitou–Charentes et le Centre.
Plus de huit actifs sur dix ont recours à la voiture pour aller travailler
Premier enseignement, nonobstant une pression de plus en plus forte vis-à-vis des automobilistes, notamment via l’évolution contraignante de la réglementation et de la fiscalité, l’automobile demeure dans les régions précitées un moyen de transport incontournable. Ainsi, l’étude indique que 81 % des actifs du Nord-Ouest utilisent une voiture dans le cadre de leurs trajets
professionnels ou domicile-travail. Comme en 2019, après avoir connu un pic à 86 % en 2020. C’est plus que la moyenne nationale (76 %), et beaucoup plus que la région parisienne, qui enregistre seulement 49 % d’actifs utilisant une voiture pour ce type de trajets.
Par ailleurs, les actifs bretons et des régions alentour sont moins nombreux (8 %) à utiliser un véhicule professionnel mis à leur disposition par leur entreprise que la moyenne nationale qui s’élève à 12 %. 6 % utilisent un véhicule de fonction ou de service (moyenne nationale : 9 %) et 2 % y accèdent de façon ponctuelle, en autopartage (moyenne nationale : 3 %).
Autre spécificité de nos contrées, elles comptent la plus faible part d’utilisateurs de deux et trois-roues motorisés, à savoir 4 % quand la moyenne nationale est de 7 %. Idem pour les vélos : 9 % dans le Nord-ouest pour une moyenne nationale de 12 %.
Les transports en commun moins plébiscités qu’ailleurs
La part d’utilisateurs de transports « doux » classiques (25 %) et d’usagers des transports en commun (9 %) est moins importante que dans le reste de la France (moyenne nationale : respectivement 33 % et 20 %). Des choix de mode de déplacement qui parfois, n’en sont pas vraiment puisque plusieurs sondés du Nord-ouest précisent qu’ils n’ont pas la possibilité d’avoir recours à des moyens de transport plus appropriés.
Ainsi, 53 % des utilisateurs de voitures thermiques disent ne pas avoir d’autre alternative (moyenne nationale : 45 %). Tout comme 45 % des utilisateurs de voitures électriques ou hybrides (moyenne nationale : 29 %) et 11 % des utilisateurs de transports en commun (moyenne nationale : 21 %).
Bien-être au travail : de l’importance du trajet depuis le domicile
Dans le Nord-ouest, le temps de trajet domicile-travail est en moyenne de 22 minutes, pour une moyenne de 24 minutes au plan national. Ce temps est inférieur ou égal à 10 minutes pour 31 % des actifs interrogés en Bretagne et dans les régions voisines.
De plus, le trajet entre le domicile et le travail revêt une importance particulière puisque l’étude rapporte que ses déplacements impactent négativement la qualité de vie au travail de 23 % des actifs dans le nord-ouest de l’Hexagone. À titre de comparaison, la moyenne nationale est de 24 % et atteint même les 34 % en Île-de-France, une région où la question des transports demeure problématique pour beaucoup de salariés.
Parmi les désagréments mentionnés par les actifs du Nord-ouest, 75 % d’entre eux citent la perte de temps (66 % en 2020, 65 % de moyenne nationale), 42 % le stress lié à la fréquentation accrue (52 % en 2020, 50 % de moyenne nationale) et 28 % le manque de ponctualité (37 % en 2020, 37 % de moyenne nationale).
2021, un tournant en matière de déplacements ?
Dans la continuité de 2020, l’année 2021 a été encore marquée par la crise sanitaire qui a poussé certains actifs du Nord-ouest à modifier leurs habitudes de travail, et dans une moindre mesure leur façon de se déplacer.
30 % des actifs de la région ont ainsi changé leurs habitudes de travail depuis la crise sanitaire (moyenne nationale : 32 %). 19 % (moyenne nationale : 20 %) pratiquent désormais ou davantage le télétravail. En revanche, seuls 6 % des sondés du Nord-ouest ont modifié leur manière de se déplacer pour leurs trajets domicile-travail et leurs déplacements professionnels (moyenne nationale : 10 %). Parmi les changements mentionnés :
- 29% utilisent désormais une voiture personnelle ou de fonction (moyenne nationale : 26%)
- 6% utilisent désormais un deux ou trois-roues motorisé (moyenne nationale : 13%)
- 12% utilisent désormais les transports en commun (moyenne nationale : 15%)
- 41% utilisent désormais un mode de « transport doux » classique (moyenne nationale : 52%), dont :
- 21% la marche à pied (moyenne nationale : 34%)
- 20% un vélo (moyenne nationale : 26%)
- 18% utilisent désormais un mode de « transport doux » électrique (moyenne nationale : 14%), dont :
- 12% un vélo à assistance électrique (moyenne nationale : 7%)
- 6% une trottinette à assistance électrique (moyenne nationale : 7%)
59 % de ceux qui ont modifié leurs habitudes de déplacement professionnel à l’initiative de leur employeur précisent avoir été accompagnés par ce dernier dans l’adoption de nouveaux modes de déplacement (moyenne nationale : 69%).
Quel futur pour les trajets domicile-travail en France ?
Enfin, quant à savoir à quoi ressembleront les trajets entre leur domicile et leur lieu de travail à l’avenir, à l’échelle nationale, 8 % des personnes interrogées pensent qu’en 2030, la majorité des collaborateurs n’effectueront plus de trajets domicile-travail ni de déplacements professionnels et privilégieront le télétravail. Ce chiffre est de 7 % dans le Nord-Ouest (il atteint 14 % en région parisienne).
20 % des sondés de la région pensent qu’en 2030, les véhicules les plus utilisés pour effectuer les trajets domicile-travail et les déplacements professionnels seront en majorité des véhicules électriques (moyenne nationale : 25 %) et 25 % que ce seront des véhicules hybrides (22 % rechargeables, 4 % non-rechargeables).
En ce qui concerne l’utilisation de voitures thermiques, 36 % des actifs de Bretagne et alentour considèrent qu’elle devrait subsister en 2030, une proportion qui n’est que de 30 % à l’échelle hexagonale.
La publication souligne aussi un optimisme moindre chez les actifs questionnés dans le quart Nord-ouest quant à leur vision des trajets en 2030 par rapport au reste de la France. Ils sont ainsi 49 % à penser que ces trajets seront plus écologiques (moyenne nationale : 55%), 35 % qu’ils seront plus économiques (moyenne nationale : 40%), 38 % plus confortables (moyenne nationale : 38%), 28 % qu’ils seront plus fiables (moyenne nationale : 31%). Ou encore 21% pensent que ces déplacements seront plus rapides (moyenne nationale : 26%), 19 % plus linéaires (moyenne nationale : 23%) et 42 % plus connectés, contre 48 % à l’échelle nationale.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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