A la découverte des Saints Bretons. Le 19 juin, c’est la Sainte Riwanon

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 19 juin, c’est la Sainte Riwanon

Sainte Rivanon, Rivanan, Riwanon ou Rivanone (hagionyme qui procède du breton « ri », reine, et de « gwan », doux. Riwanon se traduit par « reine douce, affectueuse ») est la mère de Saint Hervé. Son hagiographie semble calquée sur celle de Rebecca. Elle naquit vers la fin du ve siècle au manoir de Lanrioall, en Plouzévédé. Le barde Ar-Vian venu se fixer dans le pays, rêva pendant deux nuits consécutives qu’il avait épousé une jeune vierge du pays. D’après le conseil d’un ange qui lui parut la nuit suivante, il alla le lendemain à la recherche de Rivanon, qu’il trouva puisant de l’eau à une fontaine, et sous l’impression d’un songe semblable au sien. C’est de leur mariage que naquit Saint Hervé. Elle mourut le 3 au manoir de Lannuzan en Tréflaouénan et fut inhumée en l’église de Lanhouarneau. Les hagiographes disent qu’elle était poète, ainsi que son mari.

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Née vers 500, en Basse-Bretagne, elle était douée d’une grande beauté et des meilleures qualités de l’esprit et du cœur. Une éducation religieuse et soignée développa ses heureuses dispositions. Toute jeune encore, elle eut à pleurer la perte des auteurs de ses jours ; ses deux frères S. Rivoaré et saint Urfol furent ses guides et ses appuis. La vertueuse orpheline demeurait avec le premier, au manoir de Lanrioull, en Plouzévédé. Elle sanctifiait son temps par un enchaînement de bonnes œuvres et par les soins du ménage, charmant ses travaux par la méditation et la culture de la poésie. On se rappelle encore les chants qui déterminèrent le barde saint Hoarneau ou Harvian, à la demander pour épouse.

II. Ce poëte chrétien, revenant de la cour de France, passait par l’Armorique, afin de renter dans la Grande-Bretagne, sa patrie. Sur un avis du ciel, il alla demander la vertueuse sœur d’Urfol, se faisant présenter par le prince saint Judual. Ils la trouvèrent près d’une fontaine, charmant les échos de ses doux acents. Bientôt, de l’aveu de sa famille, elle devint la digne compagne de l’édifiant étranger. Les nouveaux époux restèrent à Lanrioull.

III. Un an après, Rivanone était mère de Hervé. Cinq ans plus tard, elle reçut le dernier soupir de son mari, qui mourut en saint, comme il avait vécu. Sa veuve lui donna des regrets qu’on a essayé d’exhaler dans de touchantes élégies. Tendre tutrice du jeune Hervé, né aveugle, la sainte l’éleva fort soigneusement au manoir de Lannuzan, territoire de Keran, partie de la commune de Tréflaouénan. Dès sa septième année, il avait reçu de cette femme, aussi éclairée que pieuse, une instruction étonnante et un goût insatiable de connaissances. Elle le mit à l’école du savant religieux saint Marcian. Alors, parfaitement libre, elle renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, elle alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine. Elle s’y forma un ermitage avec des rameaux d’arbres, et y persévéra dans l’abstinence et l’oraison.

IV. Cependant son fils surpassait ses condisciples en lumières et en sagesse. Quand il eut atteint l’adolescence et fini ses études, il revint vers son oncle saint Urfol et demanda à voir son excellente mère. Le saint, qui connaissait la retraite de la servante de Dieu, y mena son neveu. L’entrevue fut attendrissante. Rivanone, enchantée de revoir un fils qui répondait si constamment à ses vœux, s’entretint avec lui sur une foule de choses qui les intéressaient ; et, comme elle était atteinte d’une grave maladie, elle ne lui cacha point que le Seigneur lui avait révélé qu’il allait l’appeler à lui. Elle le pria de l’assister à ses derniers moments avec saint Urfol, auquel elle recommanda le jeune aveugle qui allait bientôt être orphelin. Les deux élus lui donnèrent les soins les plus charitables. Le bon fils lui fit administrer les secours de la religion. Elle mourut saintement le 19 Juin, vers 535. Hervé l’inhuma avec piété et respect dans l’oratoire, où elle avait passé tant d’heures dans la prière. C’est maintenant l’église paroissiale de Landhouarneau. Des miracles si nombreux illustrèrent son sépulcre, que les bollandsites s’étonnèrent qu’Albert Le Grand ne l’ait pas citée parmi les saintes. Artur du Moustier la présente à nos hommages dans son Gynécée.

Photo : DR

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