A la découverte des Saints Bretons. Le 29 juillet, c’est la St Gwilherm (Guillaume)

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 29 juillet, c’est la St Gwilherm (Guillaume)

Guillaume Pinchon est ordonné prêtre à Saint-Brieuc et devient chanoine de Saint-Gatien de Tours. Élevé en 1220 sur le siège épiscopal de Saint-Brieuc. Il vend ses biens en 1225 pendant une famine, défend au péril de sa vie la cause de l’Église contre les prétentions de Pierre Mauclerc qu’il excommunie en 1226 car celui-ci voulait déposséder le clergé.

Pour se soustraire à la persécution, Guillaume Pinchon cherche asile à Poitiers. Il y remplit les fonctions de coadjuteur de l’évêque diocésain, qui était infirme. Revenu dans son diocèse en 1230, il s’y applique à la restauration de la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc et au soulagement des misères de son peuple chrétien.

Il meurt en odeur de sainteté le , suivant le P. du Paz, la Chronique bretonne, le propre de Saint-Brieuc, les Annales briochines, Pierre Le Baud, dom Lobineau, dom Morice et Butler, dont l’opinion doit prévaloir à cet égard sur celle d’Albert Le Grand, de Bertrand d’Argentré et des Bollandistes, qui fixent sa mort en 1237.

Il est le premier saint breton à être canonisé, dès 1247. Le second sera saint Yves, le patron de la Bretagne, canonisé en 1347.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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