A la découverte des Saints Bretons. Le 18 Novembre, c’est la Saint Maudez

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

 Le 18 Novembre, c’est la Saint Maudez

Saint-Maudez est le dixième fils du roi d’Irlande Erélus (ou Erélée ou Ardée) et de Gentuse ou Gétive, son épouse. Saint-Maudez débarque en Bretagne, vers 528, non loin de Dol, avec sa soeur sainte Juvette et deux disciples, saint Botmel et saint Tudy.

Saint-Maudez est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Corseul. Saint-Maudez apparaît pour la première fois dans les textes en 1187 en tant que chapelle de Corseul.

Son prieuré, fondé vers les années 500, et sa chapelle Saint-Jouan ou Saint-Jean, sont sous la tutelle des bénédictins de Saint-Malo-de-Dinan. Ils font partie des biens de l’abbaye de Marmoutier. La tradition prétend que ce prieuré aurait appartenu primitivement aux Templiers. Certains lieux-dits tels que Templiers, Saint-Jouan semblent révéler la présence jadis des Templiers.

Il existe dès 1208 une abbaye (ou prieuré) de chanoines réguliers « abbatia Sancti Maudeti » (Anc. év. VI, 149, 150, 165). Ce prieuré est cédé ensuite, contre une redevance annuelle, à l’abbaye de Beaulieu (en Mégrit). Saint-Maudez (Saint-Maudet) est une paroisse du diocèse de Saint-Malo et un prieuré-cure de l’abbaye de Beaulieu sous l’Ancien Régime. Supprimée à la Révolution, la paroisse de Saint-Maudez est rattachée pour moitié à celles de Plélan et de Vildé-Guingalan. Rétablie en 1804, elle est unie à celle de Saint-Michel-de-Plélan. Supprimée à nouveau en 1805, elle est rattachée à celle de La Landec, avant d’être rétablie en 1820 (ordonnance du 16 mars 1820).

  • Deux communes des Côtes-d’Armor font référence à Maudez: Lanmodez et Saint-Maudez.
  • L’île Maudez fait partie de l’archipel de Bréhat et dépend de la commune de Lanmodez (une construction circulaire dont des restes sont identifiables située sur l’île serait un reste de la cellule monastique construite par saint Modez) et une Croix de Modez se trouve dans l’île de Bréhat (une légende raconte que saint Modez serait venu évangéliser Bréhat. Les habitants auraient appelé le diable pour le chasser et le saint serait parti dans une auge de pierre, prouvant ainsi la puissance de son Dieu. Après avoir été frappés de tous les maux, les Bréhatins auraient demandé au saint homme de revenir et lui auraient construit une croix).
  • Maudez ou Le Vieux Maudez, quartier de la commune de Plouaret.
  • Saint-Maudez, lieu-dit en la commune d’Edern, dans le Finistère.

Edifices religieux

  • Les églises paroissiales de Landebaëron, de Coatascorn, de Duault et de Hengoat sont placées sous le patronage du saint. Un os du bras en est conservé comme relique à Landebaëron tandis que l’église de Plouézec en possède le chef dans un reliquaire provenant de l’abbaye de Beauport. L’église Saint-Maudez de Hengoat possède un bras-reliquaire de son saint patron.
  • Les deux églises de Henvic sont consacrées à saint Maudez et sainte Juvelte.
  • Plus de soixante chapelles sont dédiées au saint, notamment à Guiscriff, Lanvellec, Plouyé, Lennon (sous le nom de chapelle Saint-Maudet) , Bohars, Mahalon, Guerlesquin, Plouaret, etc.

Fontaines & statues

  • Des fontaines sont dédiées à saint Maudez existent à Saint-Jean-Trolimon, à Lennon, à Plonéour-Lanvern (Languivoa), à Saint-Pabu, etc.
  • La chapelle de Saint-Guénolé à Ergué-Gabéric, celle de Langivoa à Plonéour-Lanvern, celle de Notre-Dame de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon, celle de Saint-Sébastien à Saint-Ségal, etc. ainsi que les églises paroissiales de Pencran, Plonéis, Plogonnec, Saint-Jean-du-Doigt, etc. et enfin le Musée de Dinan possèdent des statues du saint.

Crédit photo : Grand Terrier

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