A la découverte des Saints Bretons. Le 23 Novembre, c’est la Saint Bieuzy

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 23 Novembre, c’est la Saint Bieuzy

Saint Bieuzy est un compagnon de saint Gildas, qui a donné son nom notamment à la paroisse, puis commune, de Bieuzy. Saint Bieuzy, dit aussi saint Bilce ( le nom vient probablement du vieux breton biu, bihui, « vivant »).

Dans la seconde moitié du ve siècle, Bieuzy remonte la vallée du Blavet en compagnie de Gildas (lequel avait auparavant fondé le monastère de Saint-Gildas de Rhuys] : ils s’installent dans un ermitage constitué d’une grotte naturelle, creusée dans un amas de rochers de plis de 50 mètres de hauteur, sur la rive droite du Blavet, au pied de la colline de Castennec. Les deux ermites convertissent l’endroit en oratoire.

Quelques années plus tard, Gildas regagne Rhuys, mais Bieuzy reste, installant à proximité une école, autour de laquelle s’installent quelques habitants, à un endroit devenu depuis Bieuzy. Les établissements créés par Gildas et Bieuzy furent détruits lors des invasions normandes au ixe siècle ou au xe siècle.

Cet ermitage, implanté pour christianiser le peuple breton, est devenu au xve siècle la chapelle Saint-Gildas. Saint Bieuzy se charge plus particulièrement de l’instruction des habitants du pays, devint réputé comme saint guérisseur de la rage appelée « mal de saint Bieuzy » et donna naissance à un centre paroissial qui prit le nom de son saint fondateur, Bieuzy.

Selon l’hagiographe Guy Autret de Missirien, saint Bieuzy est l’auteur d’un curieux miracle. Vers 570, un valet lui demande d’interrompre sa messe pour aller guérir la meute des chiens de son seigneur atteinte de rage mais Bieuzy refuse. Le seigneur breton furieux vient lui fendre le crâne avec un glaive (une hache, couteau ou coutelas selon les versions de la légende), le coup étant si violent que l’outil y reste planté. Bieuzy aurait trouvé la force de parcourir à pied 80 kilomètres, pour se rendre à l’abbaye de Rhuys où il meurt sous la bénédiction de son maître saint Gildas. Au cours de son trajet jusqu’à l’abbaye, Bieuzy aurait passé une nuit à Bieuzy-Lanvaux (ancienne trève de Pluvigner) avec la hache toujours enfoncée dans le crâne. La fontaine de Bieuzy-Lanvaux est depuis cet événement sous la protection du saint guérisseur de la rage et des migraines. La légende raconte aussi que le seigneur de retour chez lui trouve tous ses animaux (chevaux, animaux de ferme) enragés et que les chiens mordent à mort le tyran et ses serviteurs

Crédit photo : DR

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