A la découverte des Saints Bretons. Le 27 Novembre c’est la Saint Goustan

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 27 Novembre c’est la Saint Goustan

Saint Goustan est un saint chrétien converti par Félix de Rhuys. Il repose en Bretagne, comme son maître, dans l’église abbatiale de Saint-Gildas-de-Rhuys. Une plaque au-dessus de son sarcophage mentionne « Sti Gulstani sepulchrum ».

La conversion aurait eu lieu à Ouessant lorsque Félix s’y était retiré. Capturé par des pirates en Bretagne insulaire, Goustan leur avait servi de mousse. Abandonné blessé sur l’île, il fut peut-être libéré sur demande de Félix. Il aurait rejoint celui-ci, en tant que frère convers, en 1008 lorsqu’il vint restaurer l’abbaye de Rhuys, puis il fut fait moine. La communauté de Rhuys ayant établi un monastère à Beauvoir dans le Poitou, Goustan y aurait séjourné. Au cours de son voyage par mer, il aurait fait halte sur la côte du Croisic, peut-être à cause d’une tempête. Une légende raconte que, pour son confort, le rocher sur lequel il voulut se reposer se ramollit. La chapelle Saint-Goustan y rappelle son passage, bâtie dit-on sur ce rocher.

Il aurait, selon les versions, effectué un voyage en Palestine, accompagnant Rioc de Rhuys. Il aurait aussi séjourné un temps à l’île de Hoëdic, autorisé par Félix, avec un certain Budic comme compagnon. Il y fonde un ermitage. C’est en 1040 qu’il serait mort au prieuré de Beauvoir-sur-Mer, un .

Souvent représenté tenant un poisson à la main, saint Goustan est le patron des marins et des pêcheurs, comme le témoigne cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents ».

Crédit photo : DR

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