A la découverte des Saints Bretons. Le 7 décembre c’est la Sainte Azenor

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 7 décembre c’est la Sainte Azenor

Fille du roi de Brest au VIe siècle, épouse de Judael, accusée par la femme de son père d’adultère, Azenor, enceinte fut jetée à la mer dans un tonneau.

Un ange aurait veillé sur elle pendant cinq mois et, après l’accouchement, le tonneau s’échoua sur la côte. Judael apprit la nouvelle, se repentit et rouvrit les portes de sa demeure à sa femme et son fils Budog.

De « Enor » qui signifie honneur en breton.

Fille du roi de Brest, c’est-à-dire prince de Léon, elle épouse Joël, le roi du Goëlo. Accusée d’inconduite par une belle-mère jalouse de sa beauté, elle est condamnée au bûcher. Conduite à Brest, elle est enfermée dans la grosse tour du château, la « tour Azénor ». Enceinte, elle échappe au bûcher, mais elle est mise dans un tonneau et poussée au large. L’enfant naît avant que l’esquif improvisé ne touche terre à Aberfraw en Irlande. C’est ainsi qu’est né le futur saint Budoc. Une belle légende en vérité.

L’église de Plourin-Ploudalmézeau, qui a pour patron saint Budoc, conserve, insérés dans la chaire à prêcher, quatre panneaux en bas-relief racontant les malheurs de la belle Azénor. Et l’église de Lesneven garde encore une statue de sainte Azénor.

Crédit photo : Wikipédia (cc)

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Une réponse

  1. « ne touche terre à Aberfraw en Irlande »
    Il semblerait que ce village de 610 âmes actuellement se trouve sur l’île d’Anglesey au Pays de Galles, je n’en ai pas trouvé trace en Irlande.
    Merci pour toute cette série passionnante.

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