A la découverte des Saints Bretons. Le 19 janvier c’est la Saint Brevalaer

Nous vous proposons dans cette rubrique de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 19 janvier c’est la Saint Brevalaer

Evêque dont on sait peu de choses si ce n’est qu’il a été souvent confondu avec saint Brendan. Il a donné son nom à Loc-Brévalaire, dans le Finistère, et à Saint Broladre, en Ille-et-Vilaine.

Ce nom, écrit Brangualadre dans le Missel de Saint-Vougay (fin du XIe siècle), se décompose en bran, « corbeau », et gualabr-, « prince ».

Selon la tradition, il aurait été un compagnon de Seni et un évêque possible de Dol-de-Bretagne (35). On a supposé que sous ce nom breton se cachait Brendan.

Il est représenté dans l’église paroissiale de Kerlouan (29) avec mitre et crosse. À Loc-Brévalaire (29), il est statufié en évêque mitré et crossé avec, à ses pieds, une bête féroce qu’il a domptée et un chien. Certains calendriers le fêtent le 19 janvier, date de la translations de ses reliques en l’an 935, à la demande du roi saxon Athelstan, dans l’abbaye de Milton, qu’il venait de fonder dans le Dorset, en Angleterre.

Crédit photo : DR

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