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La mer Méditerranée est devenue un vaste cimetière maritime. L’énième naufrage de clandestins – naufrage qui n’arriverait pas si associations, politiques et passeurs ne s’alliaient pas même indirectement pour inciter ces gens à venir en Europe – a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, au large des côtes calabraises, près de Crotone.
L’embarcation, une goélette en bois d’une vingtaine de mètres, était partie il y a quatre jours d’Izmir en Turquie et transportait des Afghans, des Syriens et des Iraniens. Dans des conditions météo extrêmes – mer force 7 – elle se serait brisée sur les rochers à quelques mètres du littoral. Leur nombre à bord est encore difficile à évaluer, les témoignages des survivants variant entre 120, 180, 200, 250… À l’heure où nous écrivons, 81 rescapés ont pu être sauvés par les garde-côtes italiens ou ont rejoint la rive à la nage et le nombre de corps récupérés en mer ou sur les plages environnantes est passé à 59, dont 12 enfants et 22 femmes. Un bilan provisoire, voué à grossir d’heure en heure.
Si cette route, de par sa longueur, est une des plus périlleuses au monde, les départs n’ont cessé d’augmenter : 43.000 en 2022 contre 20.000 l’année précédente.
Un homme de nationalité turque a été arrêté, il est suspecté d’être un passeur.
Cet évènement tragique intervient alors que la question migratoire est présente localement comme nationalement, comme continentalement en Europe, et que les autorités de l’Union Européenne, malgré les demandes répétées de leurs peuples pour mettre fin à l’immigration, persistent à ne pas tenir compte de la volonté populaire. Le Président de la République italienne Sergio Mattarella et Giorgia Meloni, la chef du gouvernement demandent d’une même voix un engagement concret de l’Union Européenne pour bloquer les départs à partir des pays d’origine, sécuriser les frontières, et réitèrent la nécessité d’une coordination commune pour la gestion des flux migratoires.
Audrey D’Aguanno
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