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par Ludovic Malot
Depuis plus de deux siècles, la neutralité suisse n’a jamais été une simple posture diplomatique, encore moins un repli frileux. Elle a constitué le bouclier impénétrable de notre souveraineté, le garant de notre concorde intérieure et la condition absolue de notre crédibilité internationale. C’est elle qui a permis à la Suisse de parler à tous, d’abriter la paix et d’offrir ses « bons offices » là où le reste du monde ne savait plus dialoguer.
Pourtant, un venin linguistique ronge aujourd’hui cet édifice séculaire : la prétendue « neutralité active » ou « engagée ».
Derrière ce terme d’apparence vertueuse se dissimule une opération de falsification lexicale. Comme le rappelait George Orwell dans sa critique magistrale du double langage politique :
« Le langage politique est conçu pour rendre les mensonges véridiques et le meurtre respectable, et pour donner à ce qui n’est que du vent une apparence de consistance. »
C’est exactement le mécanisme à l’œuvre ici. En matière d’intégrité diplomatique et juridique, on tente de faire coexister deux réalités contradictoires pour mieux tromper l’opinion publique :
« La “neutralité active” n’est pas une modernisation de notre tradition diplomatique, mais sa liquidation méthodique. On ne peut pas être “activement neutre” de la même manière qu’on ne peut pas être “activement abstinent” : dès que l’on prend parti sur les armes, les flux financiers ou les sanctions, on devient belligérant. L’usage de cet oxymore relève d’une escroquerie lexicale destinée à contourner l’attachement populaire à notre souveraineté, en faisant porter le masque de la neutralité à une politique de soumission et d’alignement étranger. »
Pourquoi conserver le mot « neutralité » si l’on en détruit la substance ?
La manœuvre relève d’une technique d’ingénierie sociale théorisée par le philosophe et linguiste Noam Chomsky :
« Pour maintenir une population dans la passivité, il faut limiter strictement le champ des opinions admises, mais permettre un débat très vif à l’intérieur de ce champ. »
Sachant le peuple suisse viscéralement attaché à son indépendance et à sa Constitution, l’establishment politique et diplomatique évite prudemment l’affrontement démocratique direct. Il n’ose pas proposer l’abandon franc et officiel de la neutralité.
À la place, il rétrécit le débat au seul cadre moralement acceptable de l’« engagement solidaire » : par ce glissement insidieux, la prudence juridique est transformée en lâcheté morale, et l’alignement aveugle sur des blocs supranationaux est vendu comme un impératif moderne.
Le coût : la perte de notre statut d’arbitre impartial
Ce tour de passe-passe a un coût irréversible : l’effondrement de notre statut d’arbitre impartial et la vassalisation de nos décisions à Bruxelles ou Washington.
Un État qui délègue son discernement géopolitique sous couvert de bons sentiments cesse d’être un arbitre respecté ; il devient un simple exécutant satellite.
Réaffirmer l’indépendance de la Suisse
La neutralité helvétique n’a jamais été un pacifisme béat, mais un réalisme armé, sobre et intransigeant.
Le 27 septembre prochain, le peuple a l’occasion historique de déchirer ce voile sémantique : voter OUI à l’initiative sur la neutralité, c’est graver dans le marbre de la Constitution l’interdiction des sanctions unilatérales et le refus de tout alignement militaire, pour arracher notre destin aux pressions étrangères.
Rejetons l’oxymore destructeur de la « neutralité active » et réaffirmons sans compromis l’indépendance de la Suisse
Ludovic Malot
Président Association Souveraineté Suisse
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “🇨🇭Le piège de la « neutralité active » : autopsie d’un renoncement souverain”
Si les Suisses votent non, ce sera intéressant aussi ; il n’y aura plus de langue de bois ni d’oxymores, le gouvernement se sentira libre de ne plus être neutre, et d’intégrer ce dont il rêve, l’otan et l’ue.