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Rayon hygiène des supermarchés, les flacons colorés promettent une haleine fraîche et des dents saines. Des millions de Français se rincent la bouche chaque matin avec ces solutions antiseptiques sans se douter que leur usage quotidien fait débat chez une partie des praticiens et des chercheurs.
Un déséquilibre du microbiote buccal
Comme l’intestin, la bouche abrite un écosystème de bactéries dont beaucoup sont utiles, voire indispensables : elles participent à la défense contre les infections et à plusieurs fonctions physiologiques. Or les antiseptiques contenus dans les bains de bouche classiques ne font pas le tri. En éliminant indistinctement bonnes et mauvaises bactéries, un usage régulier peut installer un déséquilibre durable de cette flore, que les spécialistes nomment dysbiose. Des travaux scientifiques associent ces déséquilibres du microbiote buccal à divers troubles, notamment inflammatoires et métaboliques.
Un effet mesuré sur la tension artérielle
C’est le point le plus surprenant du dossier. Certaines bactéries situées sur la langue jouent un rôle clé dans la transformation des nitrates alimentaires en oxyde nitrique, une molécule qui contribue à la dilatation des vaisseaux sanguins et donc à la régulation de la pression artérielle.
En détruisant ces bactéries, les antiseptiques buccaux perturbent ce mécanisme. Une étude publiée en 2019 dans la revue Frontiers in Cellular and Infection Microbiology a observé une hausse significative de la tension systolique après seulement 1 semaine d’utilisation biquotidienne de chlorhexidine, un antiseptique courant dans ces produits — hausse réversible à l’arrêt. Des travaux parus dans l’American Journal of Hypertension aboutissent à des conclusions similaires chez des patients hypertendus traités, leurs auteurs s’inquiétant de l’usage massif de ces produits dans la population générale.
Alcool, sécheresse buccale et plombages fragilisés
Autre problème : de nombreuses formules contiennent de l’alcool, qui assèche la bouche. Or la salive n’est pas un simple lubrifiant. Riche en calcium et en phosphate, elle reminéralise l’émail et freine les caries, tout en limitant la prolifération des germes. Une bouche sèche devient paradoxalement plus vulnérable aux infections, aux mycoses… et à la mauvaise haleine que le produit prétendait combattre.
L’alcool et certains composants agressifs accélèrent par ailleurs la dégradation des matériaux de restauration dentaire, comme les composites de la couleur des dents, selon des travaux publiés dans le Journal of Clinical and Experimental Dentistry. La chlorhexidine peut en outre tacher les dents porteuses de plombages, raison pour laquelle les chirurgiens-dentistes qui la prescrivent après une intervention en limitent strictement la durée d’utilisation.
Quelles alternatives ?
Des solutions simples existent pour qui veut se passer des formules industrielles : le rinçage à l’eau salée — déjà décrit dans des textes chinois de l’Antiquité —, l’eau oxygénée diluée, ou le bicarbonate de soude, abrasif doux aux propriétés blanchissantes. Certaines huiles essentielles (menthe poivrée, arbre à thé, girofle, thym) ont démontré des propriétés antimicrobiennes, à manier toutefois avec la même prudence que les antiseptiques de synthèse : naturel ne signifie pas anodin.
Plus original, un essai clinique randomisé publié en 2013 dans le Journal of Medical Microbiology a montré qu’une souche probiotique, Streptococcus salivarius M18, améliorait la santé dentaire et réduisait les caries en recolonisant la bouche avec des bactéries bénéfiques.
En attendant, les praticiens critiques de ces produits recommandent de réserver le bain de bouche antiseptique aux situations ponctuelles — une prescription post-opératoire, un rendez-vous important — plutôt que d’en faire un rituel quotidien.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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