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Des échantillons de sang prélevés en moyenne 12 ans avant le diagnostic portaient déjà la trace d’un futur cancer du foie. C’est le principal enseignement d’une étude menée notamment par des chercheurs de l’université Yale et de Harvard, publiée en mai 2024 dans le Journal of the National Cancer Institute. Ses auteurs y ont identifié 4 protéines sanguines associées à un risque accru de carcinome hépatocellulaire, la forme la plus fréquente de cancer du foie.
Un cancer souvent découvert trop tard
Le cancer du foie fait partie des cancers au plus mauvais pronostic. En France, il touche plus de 11 000 nouvelles personnes chaque année, très majoritairement des hommes, et cause environ 8 000 à 9 000 décès par an. Le nombre de cas progresse, sous l’effet du vieillissement de la population et des facteurs de risque comme la cirrhose ou les maladies du foie liées à l’alcool et au surpoids.
Aux premiers stades, la maladie est souvent silencieuse. Elle est donc fréquemment diagnostiquée tard, quand les traitements deviennent limités. Les données américaines citées dans l’étude illustrent l’enjeu : le taux de survie relative à 5 ans atteint environ 37 % quand le cancer est détecté à un stade localisé, mais tombe à 4 % lorsqu’il a déjà essaimé dans d’autres organes. Un diagnostic précoce permet d’envisager une chirurgie ou une greffe du foie avant l’apparition de métastases.
1 305 protéines analysées
Pour mener leur étude, les chercheurs ont mesuré 1 305 protéines dans le sang de 54 personnes en bonne santé au moment du prélèvement, qui ont ensuite développé un cancer du foie. Ils les ont comparées à 54 personnes au profil similaire restées indemnes. Les échantillons provenaient de 2 grandes cohortes américaines de professionnels de santé, et les résultats ont ensuite été vérifiés sur les données de la UK Biobank britannique.
Les chercheurs ont repéré 56 protéines présentes en plus forte concentration chez les futurs malades. Ils en ont retenu 4, les plus fortement associées au cancer : la protéine CHI3L1, le facteur de croissance GDF-15, l’antagoniste du récepteur de l’interleukine 1 (IL-1RA) et la E-sélectine.
Un pouvoir prédictif nettement amélioré
L’ajout de ces 4 protéines aux facteurs de risque habituels améliore sensiblement la capacité à prédire qui développera la maladie : l’indicateur statistique de performance du modèle passe de 0,67 à 0,87, sur une échelle où 1 correspond à une prédiction parfaite.
Les auteurs restent prudents. Leur étude repose sur un petit nombre de patients, et ces marqueurs doivent encore être testés sur des populations plus larges et plus diversifiées, notamment chez les personnes les plus exposées au risque. Aucun test de dépistage fondé sur ces protéines n’existe à ce jour.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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