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Malgré les pluies des derniers jours, la situation hydrologique demeure particulièrement préoccupante en Ille-et-Vilaine. La préfecture a confirmé, lundi 19 octobre, le maintien de l’ensemble du département au niveau « crise » sécheresse, le plus élevé. Les réserves continuent de s’épuiser et les autorités appellent les habitants à réduire leur consommation pour préserver l’approvisionnement en eau potable des prochains mois.
En vigueur depuis le 15 août, les restrictions n’ont pas permis de faire suffisamment diminuer la consommation des particuliers. Selon la préfecture, ces derniers représentent à eux seuls 70 % des volumes d’eau potable consommés dans le département, tandis que les besoins industriels ont globalement reculé par rapport aux années précédentes.
Des réserves historiquement basses
Les précipitations récentes ont apporté une amélioration temporaire dans le nord du département, sans inverser la tendance générale. Dans le pays de Saint-Malo, la situation demeure particulièrement critique. Les réserves des barrages de la Chèze et de l’amont de la Vilaine continuent également de diminuer rapidement.
Selon les observations de l’Office français de la biodiversité, les écoulements des petits cours d’eau ont connu en septembre leur situation la plus dégradée pour ce mois depuis le début des relevés en 2012. Les nappes souterraines affichent quant à elles leur niveau le plus faible depuis 2007.
La reconstitution des réserves durant l’hiver sera déterminante pour sécuriser l’alimentation en eau potable dès le début de l’année 2027.
Des restrictions maintenues, jusque dans les cimetières
Face à cette situation, les autorités demandent aux habitants de limiter leurs usages : raccourcir les douches, éviter les bains, faire fonctionner les appareils électroménagers à pleine charge et réparer les fuites. Les restrictions concernent également les collectivités, les agriculteurs et les entreprises. Des contrôles sont maintenus et les contrevenants s’exposent à des amendes.
À l’approche de la Toussaint, plusieurs communes, dont Rennes, rappellent également l’interdiction de nettoyer les tombes avec l’eau du réseau. Selon Actu.fr, le recours à de l’eau de pluie récupérée reste possible. Une restriction d’autant plus regrettable dans une Bretagne de tradition catholique, où l’entretien des sépultures avant la Toussaint demeure un geste de respect envers les défunts et une coutume familiale.
Au-delà de ces contraintes immédiates, la crise interroge la capacité du département à sécuriser durablement son approvisionnement en eau potable. Le nouveau schéma d’aménagement et de gestion des eaux de la Vilaine, adopté le 16 octobre, prévoit notamment de renforcer la protection des captages et des zones humides. Mais, à court terme, les économies réalisées par les usagers et les précipitations hivernales resteront déterminantes pour reconstituer les réserves.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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