Le low-cost, talon d’Achille de Notre-Dame-des-Landes

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24/10/2013 – 16h00 – Notre Dame des Landes (Breizh-info.com) – La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a publié lundi dernier son Bulletin statistique 2012 du trafic aérien commercial (oui, les statisticiens publics ne sont pas toujours rapides). Il confirme la progression du trafic de l’aéroport de Nantes Atlantique l’an dernier. Mais il révèle aussi qu’il faut relativiser les raisonnements des partisans du projet de Notre-Dame-des-Landes sur une possible « saturation » de l’aéroport actuel.

Bordeaux-Mérignac devance Nantes-Atlantique de 23 % en nombre de passagers (ce qui correspond à peu près à la différence de taille des agglomérations) mais de 3 % seulement en nombre de mouvements d’appareils. Si les avions qui décollent de Nantes-Atlantique étaient aussi remplis que ceux qui décollent de Bordeaux-Mérignac, on aurait compté 7.830 mouvements en moins. (Au passage, cela relativise aussi les raisonnements sur l’exposition au bruit.) Inversement l’aéroport actuel pourrait accueillir 20 % de passagers en plus sans voir un seul appareil supplémentaire !

Ce manque d’efficience de Nantes Atlantique est dû à la multiplication récente des vols low-cost sur l’aéroport breton. Volotea, par exemple, a ouvert onze destinations d’un seul coup en juin 2012. Le nombre de passagers en low-cost a ainsi bondi de 55,2% en 2012 ! Sans ce coup d’accélérateur des compagnies low-cost, le nombre de passagers à Nantes Atlantique aurait en réalité diminué légèrement en 2012.

Les compagnies low-cost ont ainsi permis à Nantes Atlantique d’afficher des chiffres gonflés en 2012, à la grande satisfaction des partisans du projet de Notre-Dame-des-Landes, qui y voient une « justification » de leurs prévisions de croissance du trafic. Mais les low-cost cherchent sans cesse à rationaliser leur exploitation, notamment en abandonnant les lignes non rentables.

La progression de Nantes Atlantique en nombre de passagers, affichée à 12,3 % en 2012 (1), est ainsi revenue à 10,25 % au premier semestre 2013 par rapport au premier semestre 2012 (malgré l’ouverture de la base Volotea en juin 2012) et à 5 % seulement en juillet dernier, révèle le dernier Observatoire de l’aviation civile. (Bien que le chiffre de juillet soit connu depuis six semaines, le site web de Vinci consacré à NDDL affiche toujours le chiffre plus flatteur du premier semestre ! ) Et comme le nombre moyen de passagers par avion croît, le nombre de mouvements d’aéronefs, en réalité, recule, ainsi qu’on l’a déjà signalé ici (2).

Dans un premier temps, l’afflux des compagnies low-cost a apporté un argument aux tenants du projet de Notre-Dame-des-Landes : le trafic augmentait. Mais l’optimisation de leur gestion risque d’avoir l’effet inverse. Déjà, la courbe du nombre de décollages pointe vers le bas. Demain, celle du nombre de passagers risque d’en faire autant. En prolongeant les courbes comme les partisans du projet ont toujours prétendu le faire, une conclusion s’imposerait alors : à ce rythme-là, dans dix ans, l’aéroport existant sera surdimensionné !

________________________________________________

 (1) Ce pourcentage affiché partout n’est cependant pas tout à fait exact. Il ne concerne que le nombre de passagers locaux. Comme le nombre de passagers en transit a légèrement baissé en 2012, la progression réelle de Nantes Atlantique en 2012 n’est que de 11,9 %.

(2) Selon l’Observatoire de l’aviation civile publié par la DGAC, en nombre de mouvements d’aéronefs, le trafic de Nantes Atlantique n’a augmenté que de 4,4 % en 2012 et a reculé de 3,8 % au premier trimestre 2013 par rapport au premier trimestre 2012.

Crédit photo : GuillaumeG, licence cc via Wikimedia
[cc] Breizh-info.com, 2013, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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  1. […] ne dépend pas seulement du nombre de passagers mais aussi du nombre de mouvements d’aéronefs, qui en réalité recule. Quatre, la progression du nombre de passagers à Nantes concerne uniquement le trafic low-cost, […]

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