Paris. L’église Sainte Rita reprise par ses fidèles

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13/10/2015 – 11H00 Paris (Breizh-info.com) – Ils l’ont fait. Non seulement ils ont fait reculer l’entreprise de démolition, qui n’a pu installer ses palissades et s’est fait retirer son autorisation d’occuper la voirie, mais en plus ils ont rétabli le culte. Les fidèles de Sainte-Rita ont rouvert dimanche l’église, occupée depuis lundi dernier par un collectif de citoyens opposés à la démolition du lieu de culte.

Dimanche, l’église était comble lors de la messe – traditionnelle et en latin, selon le rite extraordinaire romain, célébrée par l’évêque gallican Samuel Pouhé. Paroissiens historiques et touristes, riverains et banlieusards, altermondialistes et bonapartistes ou royalistes assumés, Anonymous et clergé, tous unis sous les voûtes séculaires (et amiantées) de Sainte-Rita. Il y avait même des chiens, l’église étant connue pour ses bénédictions d’animaux.

 Un peu moins de sept mois  après la dernière messe, Sainte Rita n’est plus SDF et revient dans ses murs, forte du soutien populaire. L’église apparaît en bon état, même si les citoyens qui l’occupent ont du faire un grand ménage : « c’était tout plein de gravats, surtout dans le presbytère, et de poussière ». Les démolisseurs ont fait des sondages à plusieurs endroits fin mai pour connaître la composition des murs. L’église était aussi quasiment vide – à l’exception des fonts baptismaux, de l’autel, des stalles, d’un harmonium sur la tribune, des socles des statues et de plusieurs plaques de remerciement déposées par des paroissiens pour les grâces rendues par sainte-Rita à leurs proches ou leurs animaux de compagnie. Diverses bonnes volontés ont donné des objets du culte pour que l’église ne soit pas toute nue. Et la messe reprendra à Sainte Rita tous les dimanches désormais : « ce n’est pas tout d’avoir repris l’église, il faut la faire vivre maintenant ! », explique un fidèle.

sainte-rita-messe

Après l’Ite Missa Est, l’évêque Pouhé se lance dans le rappel des événements de la semaine, et notamment du mardi matin, lorsque le maire de l’arrondissement Philippe Goujon et des riverains sont arrivés après que l’entreprise de démolition ait posé sa palissade à 6 heures du matin. Le maire s’était fait agresser pendant le face à face tendu et la police de l’arrondissement a obligé par la suite l’entreprise à démonter sa clôture. Il rend hommage aux « soldats de Dieu qui ont surgi pour libérer cette église de l’enfer ». Maintenant, Sainte-Rita se place sous la protection de Jeanne d’Arc – dont pas moins de deux statues sont dans les murs – et « nous chasserons les marchands du temple ». L’évêque annonce la volonté de négocier un bail avec le propriétaire – et de le payer. Sous Mgr Philippe, le responsable paroissial précédent, les loyers n’étaient plus payés depuis la fin des années 1990.

A la suite, Nicolas Stocquer, le vice-président de l’association les Arches de Sainte-Rita qui a su lancer cette mobilisation populaire, prend la parole. Et pas seulement pour rendre hommage aux médias présents, et notamment au Figaro, dont une journaliste, Delphine de Mallevoüe, soutient et couvre la cause de Sainte Rita depuis des années, et était encore présente  ce dimanche. Mais aussi pour enjoindre à l’assistance de ne plus cacher sa foi : « N’ayez pas honte, n’ayez plus honte de témoigner votre Foi, car au jour du Jugement, si vous avez glorifié votre Seigneur, il vous glorifiera ! ».

Aujourd’hui, une quinzaine de citoyens dorment sur place, essentiellement dans l’ancien presbytère qui jouxte l’église du côté de l’Unesco. « On est bien, il y a l’eau courante, un chauffage autonome, l’électricité, une cuisine, plusieurs WC, ce n’est pas insalubre du tout », explique l’un d’eux. Si les deux pièces du haut auraient besoin d’un petit rafraîchissement, l’ensemble – l’église, la sacristie et les annexes sur le côté nord et le presbytère au flanc sud – est effectivement en très bonne santé. Même la cave, encombrée de cantines, de caisses et d’objets divers – dont un cercueil heureusement vide – est en bon état.

Ces personnes entendent s’opposer à « la démolition illégale du patrimoine. Le permis est largement périmé », ce qui est vrai puisqu’il a été délivré en mars 2012, il y a plus de trois ans, et jamais prorogé, « et la représentativité citoyenne comme souvent dévoyée, puisque ni les riverains ni le maire du quartier ne sont d’accords, et ce sont les bétonneurs qui se sont arrangés avec la mairie centrale, ignorant délibérément la volonté citoyenne ».

anonymus sainte rita

Sur le plan légal, la bataille judiciaire continue. « Nous attendons les résultats pour notre référé heure à heure pour enjoindre la mairie de Paris et la Préfecture de police à répondre à notre courrier où nous dénonçons la présence d’amiante sur les voûtes et la péremption du permis de démolir. La préfecture de police l’a fait en quelque sorte en retirant les autorisations d’occupation de voirie à l’entreprise de démolition, mais la mairie reste silencieuse ». Cette dernière a même publié un communiqué  pour se laver les mains du dossier.  « Comme Ponce Pilate », dénonce Nicolas Stoquer. Et ce bien que les enjeux – légalité de la démolition, risque de pollution à l’amiante, défense du patrimoine – soient tout à fait d’ordre public.

La bataille pour faire définitivement annuler le permis de démolition continue aussi, forte cette fois du soutien politique du maire d’arrondissement UMP/LR Philippe Goujon et de l’ancien ministre de Sarkozy Frédéric Lefebvre. « C’est devenu un enjeu des régionales, et la mairie de Paris est prise au piège », explique Nicolas Stoquer. Tant pour la défense du patrimoine que la démocratie locale, Hidalgo prête effectivement largement le flanc à la critique. Une démolition en pleine campagne – alors que l’Ile de France peut  de basculer à droite – paraîtrait désastreuse pour la gauche. Que les électeurs pourraient réduire en poussière et gravats dans les urnes. l’Ile de France passer à droite ? Il y a peu encore c’était une cause désespérée. « Mais Sainte-Rita veille sur la campagne et son église », nous déclare un fidèle. Il n’y a que la foi qui sauve…

Crédit photos  :  Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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3 réponses à “Paris. L’église Sainte Rita reprise par ses fidèles”

  1. LES ARCHES DE SAINTE RITA dit :

    Soutenez la cause des églises, nous avons besoin de vous ! Cette église ne sera pas détruite ! Aidez-nous !

    https://www.leetchi.com/c/sauvons-l-eglise-ste-rita

    http://www.lesarchesdesainterita.fr

  2. Uberkramineks dit :

    Une église d’hérétiques gallicans. On n’aurait pas pleuré si elle avait été rasée.

    • jaouen dit :

      Un pays où on rase les églises, même celles des hérétiques, est mal barré. Surtout si on les rase avec un permis illégal et en marchant sur la législation amiante. Les églises doivent rester affectées aux cultes, et c’est marre.

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