Six Nations 2026 : Malgré une courte défaite en Irlande, l’Italie confirme sa métamorphose, l’Écosse se rebiffe, l’Europe du rugby bouge

Il y a encore quelques années, une défaite 20-13 de l’Italie à Dublin aurait été classée dans la rubrique des formalités. Un score honorable, peut-être, mais sans conséquence réelle. En 2026, ce scénario ne tient plus. Et tout ce qu’on (nous compris) a dit de méchant sur cette équipe il y a quelques années, allant même jusqu’à interroger sa légitimité dans le tournoi des 6 nations, ne tient plus. Ce que l’on a vu à l’Aviva Stadium n’est pas la confirmation d’un écart structurel. C’est au contraire la preuve que l’Italie n’est plus un figurant du Tournoi.

Battus 20-13 par l’Irlande, les Azzurri ont mené à la mi-temps (10-5), ont dominé la mêlée par séquences, ont imposé leur défi physique et ont longtemps laissé planer le doute sur l’issue du match. Ce n’est pas anecdotique. C’est symptomatique d’un basculement profond.

Une Italie qui n’a plus peur

Il fut un temps où l’Italie entrait à Dublin pour limiter les dégâts. Cette époque semble révolue. Les hommes de Gonzalo Quesada ont abordé la rencontre sans complexe, portés par la conviction que l’exploit était possible.

Giacomo Nicotera a inscrit un essai mérité après une période de pression intense. Paolo Garbisi a alterné occupation et discipline. La mêlée italienne a posé des problèmes concrets à son homologue irlandaise. Surtout, l’Italie a refusé de céder lorsque l’Irlande est revenue dans le match.

Même après l’essai décisif de Rob Baloucoune, même lorsque Jack Crowley a donné dix points d’avance aux Verts, les Azzurri sont revenus, ont remis la pression, ont joué pour gagner et non pour limiter l’écart.

Le bonus défensif arraché n’est pas un lot de consolation. Il est la traduction d’un changement d’état d’esprit.

La progression n’est plus un discours, c’est une réalité

Depuis 2021, plus de la moitié des victoires italiennes dans le Tournoi ont été obtenues. Le pic atteint au classement mondial en 2024 (8e place) n’était pas un accident statistique.

Sous Kieran Crowley, l’Italie avait appris à attaquer. Sous Quesada, elle a appris à défendre et à tenir les matchs. La discipline s’est renforcée. Le nombre de plaquages réussis, les turnovers au sol et la constance dans l’intensité ont transformé cette équipe.

À Dublin, l’Italie a encaissé 20 points. Il n’y a pas si longtemps, elle en prenait 40 ou 50 sur ce type de déplacement. La différence est fondamentale.

Certes, l’essai refusé à Louis Lynagh pour une passe en avant laisse un goût d’inachevé. Certes, le réalisme irlandais a fini par faire la différence. Mais la dynamique générale est claire : l’Italie appartient désormais pleinement au premier cercle européen.

L’Irlande gagne, mais ne domine plus sans trembler

Ce match a aussi révélé une Irlande en reconstruction après la lourde défaite contre la France. La victoire était impérative. Elle fut laborieuse.

Les débats autour du poste d’ouvreur, les difficultés en mêlée, la fébrilité dans certains secteurs témoignent d’une équipe encore en quête d’équilibre. L’entrée de Crowley a changé le rythme, Baloucoune a fait basculer le match, mais l’impression laissée est celle d’une équipe sous pression.

Si l’Italie a perdu, elle a bousculé un géant. Cela aurait été impensable avec une telle constance il y a dix ans.

Le réveil écossais à Murrayfield

Dans le même temps, à Édimbourg, l’Écosse a rappelé qu’elle restait un acteur majeur du Tournoi. Après une défaite frustrante face à l’Italie une semaine plus tôt, les hommes de Gregor Townsend ont balayé l’Angleterre dans un Calcutta Cup électrique.

Score net, efficacité clinique, Finn Russell inspiré, Huw Jones tranchant : les Écossais ont transformé leurs rares incursions en points. Quatre visites dans les 22 mètres anglais en première période, 24 points inscrits.

L’Angleterre, elle, s’est sabordée. Indiscipline, cartons jaunes, erreurs individuelles : Henry Arundell a passé trente minutes au total sur le banc après deux avertissements. George Ford a vu son drop contré au moment charnière. Les failles défensives ont été exploitées sans pitié.

L’Écosse a retrouvé son allant, sa précision et sa confiance. Après avoir été dominée par l’Italie, elle a su se réajuster immédiatement. C’est aussi cela, la maturité.

Un Tournoi en recomposition

Ce Six Nations 2026 confirme une évolution plus large : la hiérarchie n’est plus figée.

La France reste l’étalon qui devrait pulvériser les gallois aujourd’hui. L’Irlande demeure redoutable mais vulnérable. L’Écosse alterne entre éclairs et constance. L’Angleterre cherche encore sa pleine maîtrise. Et l’Italie, désormais, n’est plus le maillon faible.

Ce changement s’explique en partie par le travail de fond mené dans les franchises italiennes. Benetton Trévise s’est installé dans le paysage compétitif de l’URC. Zebre progresse. Les joueurs arrivent en sélection avec une expérience du très haut niveau régulière.

La génération actuelle – Capuozzo, Garbisi, Lamaro, Negri – ne se contente plus d’apprendre. Elle revendique.

L’Italie vers un cap historique ?

La question n’est plus de savoir si l’Italie mérite sa place dans le Tournoi. Elle est de savoir jusqu’où elle peut aller. Le podium du Six Nations n’est plus une chimère. Une qualification plus solide pour les quarts de finale de la prochaine Coupe du monde devient un objectif crédible.

La marge de progression existe encore : efficacité en zone de marque, gestion des temps faibles, précision au pied. Mais la base est là : défense solide, densité physique, mental libéré.

À Dublin, l’Italie n’a pas écrit l’histoire. Mais elle a montré qu’elle était prête à le faire.

Une Europe du rugby plus dense

Le contraste entre l’Italie combative à Dublin et l’Écosse dominante à Murrayfield illustre un Tournoi plus ouvert que jamais. Les matchs se jouent sur des détails. Les écarts se réduisent. Le temps où deux ou trois nations écrasaient le reste semble révolu. Le Six Nations 2026 ressemble à une compétition où chaque déplacement est un piège. L’Italie a perdu. Mais elle n’a pas reculé. L’Écosse a trébuché, puis s’est relevée avec éclat. L’Irlande a gagné, mais sans marge. L’Angleterre doute.

Le rugby européen entre dans une phase de densité stratégique rare. Et l’Italie, longtemps moquée, en est désormais un acteur central.

Illustration : Pixabay (cc)
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