Rennes : la manif de l’ultra-gauche pour Théo se mue en folle course dans le centre-ville

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10/02/2017 – 20h00 Rennes (Breizh-Info.com) – Ce jeudi soir à Rennes, une nouvelle manifestation pour Théo avait été prévue par l’extrême-gauche, avec un regroupement à 20 h place de la République. Dès 19h40, les principales entrées sud du centre-ville étaient déjà barrées par la police. Néanmoins l’ultra-gauche avait quand même prévu d’aller en ville, et éventuellement de se mesurer avec la police.

A 20h 15, il n’y avait guère qu’une centaine de manifestants rassemblés. La panne de SFR dans la ville semble avoir quelque peu perturbé leur communication, puisque l’appel n’a été que peu diffusé. Qu’importe : sur place, une émission de Radio Croco, la radio pirate de l’ultra-gauche rennaise, relaie le rassemblement et de nouvelles troupes arrivent. Les nouvelles circulent : arrestations à Nantes lors de la manifestation du 8, nouveaux rendez-vous, au centre, il y a une sono et les initiatives fusent.

Au sujet des arrestations à Nantes, une personne passe en comparution immédiate ce 10 février pour avoir craché et jeté une cannette de bière sur un policier, 6 personnes seront jugées le 19 septembre par le tribunal correctionnel, dont quatre pour avoir refusé de se soumettre aux prélèvements d’ADN et donné leur identité. Douze autres, qui ont refusé de donner leur identité même après 24 h de garde à vue, ont été relâchés le 9 février à la demande du parquet, selon nos informations ; les policiers n’ont pu les identifier.

A 20h30, alors que 200 personnes se sont rassemblées, décision est prise d’aller « faire une petite promenade » en ville. Les plus chauds sortent leurs foulards et s’équipent. La manifestation suit l’ancien cours canalisé de la Vilaine, jusqu’à trouver une faille. L’escalier au bout de la rue du Cartage n’est pas barré, l’avant de la manifestation s’engouffre. L’arrière hésite – et la police en profite pour couper l’accès. Maintenant, ce sont une centaine de personnes qui courent à travers le centre-ville. Rue Saint-Guillaume, Saint-Sauveur, la manifestation remonte à travers la ville en braillant « Police, violeurs, assassins », la sono plein volume diffusant du rap violemment anti-police.

A 20h50, elle est place Sainte-Anne, quatre minutes plus tard devant le commissariat de la rue de Penhoët. Son accès est protégé par des barrières que les manifestants essaient en vain de démonter. A 20h59, après avoir remonté jusqu’au début de la rue d’Antrain, les manifestants sont de retour place Sainte-Anne. L’autre moitié du cortège, bloquée par la police place de Bretagne, est en train de revenir place de la République. Décision est prise de s’y rejoindre.

L’avant-garde descend vers les Lices via la rue Saint-Louis et se retrouve dans une souricière, avec les CRS en bas et la BAC en haut. Une trentaine de manifestants s’engouffrent dans la cour de la maison des prêtres, passent les barbelés et la muraille derrière, dans l’espoir de rejoindre l’autre propriété religieuse plus au nord et de s’enfuir par l’autre rue puis retombent dans une copropriété qui n’a d’autre accès que par la rue Saint-Louis. Ils sont repérés par l’hélicoptère qui tourne au-dessus du secteur. La BAC finit par rentrer dans la cour et y contrôle l’identité d’une quinzaine de personnes, qui sont relâchées ensuite. La sono, abandonnée par le groupe, est saisie. La manifestation se disperse vers 21h20, sans casse ni heurts majeurs, à part quelques tags dans la rue Cathage et sur l’église Saint-Sauveur (secte, propagande).

Les commerçants de la « rue de la soif » : « nous en avons marre de la casse tous les soirs »

Cependant, quand bien même cette manifestation n’a pas donné lieu à de la casse, les commerçants de la Rue de la Soif (place Sainte Anne, rue et place Saint-Michel, rue de Penhoët) en ont plus qu’assez. « Ce n’est plus possible de travailler », fulmine le patron d’un restaurant. « Quand il y a une manif, les clients ne viennent pas dans le centre, et c’est tous les soirs comme ça. Vraiment tous les soirs ».

Le patron d’un bar, place Sainte-Anne, en a « ras-le-bol. Au printemps, ils nous défonçaient nos terrasses, nos bâches, raflaient les chaises pour s’en servir de projectiles, cassaient les vitrines. Avec d’autres patrons de bar, on a chopé le meneur, un étudiant en histoire de Rennes II. Il nous a promis qu’il n’y aura plus de casse sur les bars, le lendemain il y en avait de nouveau. On l’a rechopé, il nous a dit qu’il ne pouvait rien faire, personne ne contrôlait rien, ça lui était passé au-dessus. C’est l’anarchie quoi ».

Un autre patron de bar continue : « alors quand ils se sont pointés à nouveau, on est sortis de nouveau protéger notre bien, en faisant passer le message, le premier qui prend une chaise, on le défonce. On était dix, eux 50, ils se sont taillés. Mais le bordel tous les soirs, ça n’est plus possible pour le commerce ».

Un client entre dans la discussion : « j’ai un appart. tous près d’ici, la porte vitrée en bas a été cassée trois fois en un an. Mille euros à chaque fois pour la copropriété. La dernière fois avec un ami on avait vu des pierres posées en bas de l’immeuble, on les a données aux CRS en leur disant qu’on ne voulait pas cautionner la casse. Et quelques minutes après il y a un manifestant qui a pris une pierre et cassé notre porte. Elle venait d’être remplacée deux heures avant. Alors on a pris le casseur et on l’a défoncé. Depuis, elle n’a plus été cassée. Ils ne comprennent que le bâton, ces casseurs ! »

Nantes, Rennes : la casse partie pour durer

Cependant, la casse est bien partie pour continuer. Hier 9 février, il y a eu une émeute dans le quartier sensible du Pavé Neuf à Noisy le Grand, avec des tirs de mortier et des incendies volontaires. La police a ramené le calme à grand peine et interpellé neuf personnes.

Dans les jours qui viennent, de nombreux rassemblements « pour Théo » sont annoncées par l’extrême-gauche dans une dizaine de villes françaises, dont Lille, Grenoble ou encore Paris. Le prétexte pour descendre dans la rue et la tenir est tout trouvé. A Nantes, une manifestation est prévue samedi 11 à 16h30 devant la Préfecture. A Rennes, un rassemblement a lieu ce vendredi 10 février à 18 heures place de la République – dans le but de perturber un maximum la circulation à l’heure de pointes sur ce pôle des bus rennais, puis samedi 11 à 15 heures. Une AG à la fac de Rennes II à midi (ou 12h30, selon les sources), Hall B, décidera des suites du mouvement et sera probablement suivie d’une manifestation.

A Rennes toujours, l’ultra-gauche annonce samedi 11 à 15 heures place de la mairie une « manifestation pour le droit de manifester », contre les interdictions de manifester. En cas de forte présence policière, les manifestants annoncent dans un communiqué leur intention d’occuper les bâtiments municipaux dans le secteur. Selon nos informations, il pourrait s’agir de la salle de la Cité, occupée en mai dernier, laissée dans un état déplorable et toujours pas rouverte par la mairie de Rennes.

Le syndicat Sud-Solidaires, qui soutient l’extrême-gauche à Rennes et Nantes (Nantes révoltée), s’était d’ailleurs ému de la volonté de la mairie de ne pas rouvrir la salle, en l’accusant à l’automne dernier de vouloir la démolir. Cependant, la mairie, qui a présenté une facture de 46.345 € à Sud-Solidaires – qui avait signé avec la ville les conventions de « mise à disposition » de la salle pendant l’occupation par les squatteurs – pour les dégradations commises par les occupants, souhaite profiter des dégâts commis pour lancer des travaux de remise aux normes estimés à 1 million d’euros, et rouvrir la salle ensuite, probablement courant 2018 (au lieu de janvier 2017, comme il était prévu initialement).

Selon nos informations, la facture présentée par la mairie de Rennes est très inférieure au coût des dégradations réellement commises. Pour le syndicat, comme pour l’extrême-gauche, cette salle de théâtre, qu’ils appellent « Maison du Peuple », doit redevenir une Bourse du Travail et donc le QG de l’ultra-gauche dans le centre-ville rennais.

Louis Moulin

Crédit photos : Breizh-info.com
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  • pili

    Hier soir, place de la mairie…Ils chantaient « Le Pen PD de juif »….Vive l’extrême gauche homophobe et antisémite…et sa fantastique morale anti-raciste……musulmane!!!

  • Hilarion

    Mais aux frais de qui ces révolutionnaires de théâtre s’amusent-ils. Mais aux frais des contribuables bien sûr. Y a t-il encore un état en France ?