Pologne : le déclin démographique s’accélère, avec 168 000 décès de plus que de naissances en 2025

Le recul démographique de la Pologne s’est accentué en 2025. Selon les données provisoires publiées par Statistics Poland (GUS), le pays a enregistré environ 168 000 décès de plus que de naissances, confirmant une tendance lourde observée depuis plus d’une décennie.

La population polonaise a diminué de 157 000 habitants sur l’année, pour s’établir à 37,33 millions fin 2025. Cela représente une baisse annuelle de 0,42 %, supérieure à celle enregistrée en 2024 (0,39 %). Il s’agit de la treizième année consécutive où le nombre de décès dépasse celui des naissances.

Dans le détail, 238 000 enfants sont nés en 2025, soit 14 000 de moins que l’année précédente, tandis que 406 000 décès ont été recensés, un chiffre légèrement inférieur à celui de 2024 mais toujours très élevé. L’écart entre naissances et décès atteint ainsi son niveau le plus important depuis 2021, année marquée par la surmortalité liée à la pandémie.

Une tendance installée depuis plus de dix ans

Hormis une légère hausse en 2017 (moins de 1 000 habitants), la population polonaise recule presque chaque année depuis 2012, date à laquelle elle s’élevait encore à 38,53 millions. Depuis 2013, le solde naturel est systématiquement négatif, les décès excédant chaque année les naissances.

Dans son commentaire accompagnant la publication des chiffres, GUS dresse un constat pessimiste et n’anticipe pas d’inversion rapide de la tendance. L’institut souligne la persistance d’un taux de fécondité très bas, parmi les plus faibles au monde, combinée à une émigration durable des jeunes adultes, qui réduit mécaniquement le nombre de femmes en âge de procréer.

Vieillissement accéléré de la population

Au-delà de la baisse globale des effectifs, c’est la structure même de la population qui se transforme. En 2025, 24,2 % des habitants ont dépassé l’âge de la retraite (fixé à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes), contre 22,2 % en 2020 et seulement 12,8 % en 1990.

La part des personnes en âge de travailler recule également : 58,1 % de la population en 2025, contre 64,4 % en 2010. Quant aux moins de 18 ans, ils ne représentent plus que 17,7 % des habitants, contre 29 % au début des années 1990.

Ces évolutions se traduisent par un ratio de dépendance de 72 personnes non actives pour 100 personnes en âge de travailler. Si ce niveau est comparable à celui de 1990, sa composition a profondément changé : aujourd’hui, ce sont majoritairement les retraités, et non les enfants, qui pèsent sur la population active.

Pression sur le système social, malgré un marché du travail résilient

Cette mutation démographique accroît la pression sur les retraites, le système de santé et le marché du travail. Fait notable toutefois, GUS indique que le nombre total de personnes en emploi a atteint un niveau record. Cette évolution s’explique par le maintien en activité de certains seniors au-delà de l’âge légal et par l’entrée sur le marché du travail de personnes auparavant inactives, notamment des femmes.

Selon des projections expérimentales publiées par GUS en novembre dernier, intégrant des hypothèses de natalité plus basses, la population polonaise pourrait tomber à 29,4 millions d’habitants d’ici 2060, soit 1,5 million de moins que dans les prévisions officielles diffusées en 2023.

Malgré plusieurs mesures mises en place ces dernières années — aides financières aux familles, revalorisation des allocations, soutien public à la fécondation in vitro — les gouvernements successifs n’ont pas réussi à enrayer le déclin. Les analystes citent notamment l’insécurité économique, l’accès limité au logement et la législation restrictive sur l’avortement parmi les facteurs expliquant la baisse durable de la natalité.

L’immigration a partiellement compensé la diminution de la population, la Pologne figurant parmi les pays de l’Union européenne enregistrant les plus forts flux entrants. Toutefois, l’institution de sécurité sociale ZUS estime qu’il serait irréaliste de compter sur la migration pour inverser, à elle seule, la trajectoire démographique du pays.

Illustration : DR
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4 réponses à “Pologne : le déclin démographique s’accélère, avec 168 000 décès de plus que de naissances en 2025”

  1. RoseMarine dit :

    Sauf erreur de ma part, la contraception , en Pologne:
    Une législation qui demeure extrêmement restrictive dans ce pays marqué par la religion catholique, pratiquée par près de 94 % de la population. En Pologne, l’avortement n’est autorisé qu’en de cas de viol ou de danger pour la vie de la mère depuis janvier 2021.
    https://www.touteleurope.eu
    Le droit à l’avortement dans l’Union européenne – Touteleurope.eu

    Donc pour les petits malins qui prétendent contrôler le corps des autres- mais evidemment, ne surtout pas se servir d’un préservatif 😂! – voilà -t-y pas là preuve que l’IVG n’a rien à voir avec la fécondité?

  2. François Arondel dit :

    La baisse du taux de natalité est le signe de l’effondrement de la religion, ce qui se vérifie une fois de plus. Le christianisme s’effondre en Pologne comme en Irlande. En fait toute l’humanité est touchée, y compris les pays musulmans, l’Iran et le Maghreb notamment. L’être humain n’est pas un être religieux selon l’anthropologue Pascal Boyer qui est un spécialiste de l’anthropologie religieuse et l’auteur de « Et l’homme créa les dieux ». Il est titulaire de la prestigieuse chaire d’anthropologie Henry Luce de l’Université Georges Washington de Saint-Louis (Missouri). Le christianisme s’effondre, tout comme l’idéologie libérale , selon Philip Pilkington auteur de  »The collapse of the global liberalism ». Sale temps pour les libéraux-conservateurs, les nostalgiques d’un monde qui disparaît.

  3. Rozven dit :

    En réponse à François Arondel : je vous cite « La baisse du taux de natalité est le signe de l’effondrement de la religion »… Euh non, cela est bien réducteur. La baisse de la natalité est aussi signe de l’émancipation de la femme, qui n’est désormais plus obligée par la pression sociale d’avoir un premier enfant à 20 ans et de se transformer en poule pondeuse ensuite… C’est bien un commentaire de mec, ça. Et en même temps, un enfant déclenche un tel bilan carbone que ça fait réfléchir…ça va peut-être rééquilibrer certaines choses. Ps : j’adore mes enfants.

  4. jean Pierre Mouchet dit :

    L’Europe et tous ses pays, donc la Pologne avec l’OTAN, s’évertuent à vouloir faire la guerre contre la Russie sur décision des USA, dépensant 600 milliards, qui considèrent que la dite Russie ne joue pas le jeux du dollars monnaie de singe. Alors toute l’Europe des peuples qui ne sont pas des naïfs mais plutôt intelligents voient ce gaspillage de milliards. Face à leurs gouvernants, ils ne veulent plus faire d’enfants avec le risque de chair à canon et surtout par révolte contre leurs dirigeants qui se permettent tous les abus, des dépenses, de faux vaccins, des dettes colossales, l’inflation, les violences, le devenir incertain, soumission et dictature puis la guerre. Le peuple européen dit « non » nous ne participons pas à cette débâcle. « Nous voulons autre chose dans nos sociétés, la plénitude l’intelligence et la réalité de la vie. Sinon nous ne ferons plus d’enfants en prenant la responsabilité du risque de l’effondrement en tout, faisant des enfants malheureux, sans épine dorsale et éducation bafouée par le système ».
    Toute l’Europe a une dénatalité depuis 4 ans, moins 21% en moyenne générale. Et ce ne sont pas les immigrés avec la mentalité raréfiée de l’évolution, qui vont se marier avec des européens, qui vont nous faire des enfants, très très loin de là. La réalité c’est un refus global de tous les peuples européens.

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