Les socialistes préfèrent Marseille à la Bretagne

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12/11/2013 – 07H00 Rennes (Breizh-info.com) – Alors que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, était à Rennes le 8 novembre pour tenter de calmer la situation en Bretagne, Jean-Marc Ayrault s’est rendu le même jour à Marseille pour préciser son « plan d’action pour Marseille ». Chacun avec dans sa poche des promesses d’aides et de subventions : 1 milliard d’euros au total pour la région administrative Bretagne (3 295 000 habitants) et 3 milliards pour l’agglomération marseillaise (1 700 000 habitants).
Cette évidente différence de traitement entre deux régions où le PS est bien implanté  – au 2ème tour de l’élection présidentielle de 2012 les Bretons ont voté Hollande à 56,35%,  les Marseillais à 50,87% et l’électorat musulman à 86% – trouverait-t-elle sa source dans la réorientation du PS prônée par le think tank Terra Nova, caractérisée par le recentrage de sa stratégie électorale vers les « jeunes », les femmes et les populations immigrées plutôt que vers la classe ouvrière traditionnelle ? Même si les problèmes qui se posent à ces deux régions diffèrent notablement, la question mérite d’être posée.
Si l’on rapporte les sommes promises au chiffre des populations concernées, les habitants de la cité phocéenne s’en sortent en effet plutôt pas mal. Ils devraient en effet recevoir près de six fois plus d’argent que les Bretons. La rançon à payer, à en croire Jean-Marc Ayrault, pour un très hypothétique «retour de la République » dans une ville peuplée aujourd’hui d’une juxtaposition de communautés « issues de la diversité », où  clientélisme et corruption font bon ménage avec une délinquance omniprésente.
« J’ai pris un engagement : celui d’assurer le retour de la République, a déclaré le Premier ministre à Marseille. La République, c’est d’abord l’ordre public, la sécurité des citoyens, la présence des services publics dans tous les quartiers, l’égalité entre les habitants et entre les territoires ». Ces fortes paroles une fois dites, J.M. Ayrault a tenu quand même à préciser  que la sécurité n’est plus la priorité à Marseille, estimant que l’action de l’Etat dans ce domaine « a commencé à donner des résultats » (sic).
L’essentiel de l’effort des contribuables portera donc, une fois de plus, sur la rénovation des quartiers « sensibles » et sur l’amélioration du système de transports publics de la future métropole Aix-Marseille, qui touchera à ce titre 60 millions d’euros. 2,5 milliards d’euros seront consacrés à la construction d’une gare souterraine sur le site de Marseille Saint-Charles – plus de 4 fois et demie le coût de l’aéroport de Notre dame-des-Landes. Enfin 370 millions d’euros seront également investis par l’Etat dans les 7 ans à venir pour prolonger la ligne de métro vers le nord et l’est de la ville, pour doubler la ligne de TER entre Aix et Marseille, ou encore pour construire une voie ferrée automatique pour relier le centre à l’aéroport de Marignane.
Histoire de faire plaisir à la sénatrice Samia Ghali, candidate malheureuse de la primaire socialiste et porte-parole autoproclamée des quartiers Nord de Marseille, le plan d’action du gouvernement va bien sûr s’occuper activement des quartiers « sensibles » de la ville : 5 millions d’euros seront ainsi attribués annuellement pour « améliorer le cadre de vie » et les équipements publics, la CAF subventionnera 1 500 familles supplémentaires pour le soutien scolaire, 1000 nouvelles places de crèche seront créées et le ministère de la Culture donnera 655 000 euros pour financer des actions culturelles et sportives dans les « quartiers ». A l’approche des municipales –  et alors que sa cote est au plus bas dans les sondages et que les caisses sont vides – cette superbe opération clientéliste s’imposait au gouvernement.
Et pendant que Jean-Marc Ayrault arrosait la clientèle du PS « issue de la diversité », Stéphane Le Foll était lui dans la capitale bretonne, non pour tenter « d’assurer le retour de la République » – le communautarisme lié à la présence massive de populations d’origine extra européennes ne se pose pas, pour l’instant, avec autant d’acuité en Bretagne – ni pour accorder des crédits aux petites villes « insensibles » du Centre-Bretagne qui se meurent, mais pour essayer de calmer le vent de révolte qui souffle sur le pays depuis quelques semaines.
Très sûr de lui, le ministre de l’Agriculture a tenu à affirmer d’emblée que le rebond, pour la Bretagne, « c’est tout de suite » (sic). Pour permettre ce « rebond », a-t-il  d’abord précisé, l’enveloppe du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) consacrée à la Bretagne sera multipliée par deux dans la future politique agricole commune (2014-2020), passant ainsi, dans les sept prochaines années, de 175 à 368 millions d’euros.
En outre, pour aider l’économie bretonne en général, plus d’un milliard d’euros devraient être débloqués : 555 millions de crédits par l’Etat et 450 millions par la Banque publique d’investissement (bpifrance). Avec un sérieux bémol  tout de même : Nicolas Dufourcq, directeur général de cet établissement, rappelait le 6 novembre que si bpifrance investissait « énormément » dans l’agroalimentaire (?)  et qu’il avait pour objectif d’accompagner les éventuels repreneurs d’entreprises en difficulté, comme Tilly-Sabco ou Doux, il excluait formellement toute reprise en direct car, disait-il,  « on n’a pas le droit de le faire ».
Les annonces de Stéphane Le Foll n’ont visiblement pas convaincu ces mauvaises têtes de Bretons. Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et membre du collectif des Bonnets rouges, a en effet déclaré que « devant l’absence de réponses du gouvernement aux problèmes des Bretonnes et des Bretons, le collectif pour l’emploi ‘Vivre, décider et travailler en Bretagne’ a acté le principe d’un nouveau grand rassemblement, grave et pacifique ». Le lieu de cette nouvelle manifestation devrait être précisé dans les prochains jours. Une seule certitude, les hiérarques socialistes bretons seront inscrits aux abonnés absents.

Crédit photo : Parti socialiste/Flickr (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2013, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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