20/11/2013 – 13H30 Quimper (Breizh-info.com) – Il fallait y penser. Alors que le mouvement breton contre l’écotaxe prenait pour symbole le célèbre bonnet rouge qui s’était illustré au XVIIème Siècle lors de la Révolte du papier timbré, un certain Réseau identités déposait le 29 octobre la marque « bonnets rouges » à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Devançant de 2 jours Jean-Guy Le Floch, le patron d’Armor-lux. Une nouvelle qui fait du reuz dans la mouvance des Bonnets rouges.
Alors que son entreprise avait fourni des bonnets rouges aux manifestants qui se sont attaqués le 26 octobre au portique écotaxe situé à Pont-de-Buis (Finistère), avec le succès médiatique que l’on sait, le dynamique patron d’Armor-Lux a dû se dire qu’il serait dommage de ne pas profiter de l’occasion pour déposer la marque du célèbre couvre-chef. Aussitôt dit, aussitôt fait. La société Armor développement dépose le 31 octobre à l’INPI la marque « les bonnets rouges », dans la case « tous vêtements, incluant la bonneterie ».

C’est là qu’il apprend que la marque « bonnets rouges » a déjà été déposée, le mardi 29 octobre, par une association dénommée Réseau identités, dans la rubrique « diffusion d’imprimés, publicité en ligne sur les réseaux informatiques, émissions radiophoniques et télévisées, organisation de conférences et d’expositions à buts culturels ou éducatifs ». Qui est donc ce mystérieux Réseau identités ?
Créé en 2012, présent dans une dizaine de régions, ce parti politique n’est pas très facile à classifier car il fonctionne de manière très déconcentrée voire contradictoire. Affirmant défendre « les identités de toujours (locale, régionale, nationale et de civilisation européenne) », il participe aussi, via sa section NCI (Nationalité, Citoyenneté, Identité), au courant de la « Manif pour tous » et du Printemps Français. On le trouve également associé à diverses manifestations pour la liberté d’expression.

Réseau identités, qui  ne cache pas son opposition « au Grand Remplacement de la population, à l’islamisation, à la destruction de l’école et des valeurs historiques. » est présidé par Richard Roudier, un cadre syndicaliste agricole, très actif également dans les manifestations d’artisans et de petites entreprises. Auteur d’un livre intitulé Le glaive et la charrue, on a pu le voir récemment avec son bonnet rouge aux côtés de la CAPEB à Millau ou des agriculteurs à Nice. Organisation contestataire, activiste, sa filiale languedocienne, la Ligue du Midi, n’est pas sans avoir quelque ressemblance avec les Bonnets rouges bretons. Ce qui expliquerait le fameux dépôt…
Comme il fallait s’y attendre, la nouvelle n’a pas manqué de faire réagir Christian Troadec. Ne faisant pas vraiment dans la nuance, comme à son habitude, le maire de Carhaix proclame haut et fort : « Nous avons rédigé une charte vantant l’humanisme et le partage. Bonnet rouge, ce n’est pas un marqueur fasciste. Que Réseau identités dépose une marque est scandaleux ! Je soutiens Jean-Guy Le Floc’h. La marque appartient à l’Histoire. » (Ouest-France, 20/11/2013). Fermez le ban.

Manifestement l’animateur du collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne » a l’impression – justifiée – de s’être fait doubler par plus malin que lui. Comme le fait remarquer ironiquement un bon connaisseur du sujet, « Richard Roudier, Christian Troadec et Thierry Merret ont des personnalités assez voisines. Peut-être est ce pour cela qu’ils portent le même bonnet ? »

Photo : Breizh-info.com
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