28/11/2013 – 08H00 Vitré (Breizh-info.com) – Pierre Méhaignerie, à presque 75 ans, sera une fois de plus candidat aux élections municipales de 2014. « On ne change pas une équipe qui stagne », ironise un Vitréen. Il y a longtemps que Pierre Méhaignerie incarne la stabilité molle : il a été élu maire de Vitré en mars 1977.

Il représente d’ailleurs bien davantage : fils de député MRP, c’est l’un des derniers héritiers de ces centristes chrétiens qui ont dominé massivement la politique bretonne pendant des décennies jusque dans les années 1980. Il est comme le dernier chêne de la grande forêt primaire qui couvrit jadis la Bretagne. Il a appartenu à cinq partis différents au cours de sa carrière (CDS, Force démocrate, UDF, UMP et UDI). Mais ce sont eux qui ont changé, pas lui. Début novembre encore, Pierre Méhaignerie participait à la réconciliation centriste de François Bayrou et Jean-Louis Borloo.

Une arme contre l’UMP ? On ne doit jamais oublier les conditions de son entrée en politique, en 1968. Alors que son étiquette centriste et son statut de « fils de » auraient dû lui assurer un succès facile, il avait été battu par le parti gaulliste. Son père avait perdu son propre mandat. Il ne s’est jamais tout à fait remis de cette blessure originelle.

Car le modeste Pierre Méhaignerie est sûr de son importance. « Lors d’un passage aux Galeries Lafayette […], j’ai été interpellé par deux vendeurs, originaire d’Afrique et du Maghreb, qui non seulement exprimaient leur soutien mais me demandaient l’adresse de l’UMP pour y adhérer ! » écrivait-il le mois dernier sur son blog, évoquant un souvenir de 2007. Douze ans après son dernier poste ministériel, des immigrés de fraîche date incapables de trouver eux-mêmes l’adresse de l’UMP reconnaissaient Pierre Méhaignerie dans la foule : c’est dire à quel point l’homme a marqué les esprits…

Pierre Méhaignerie vieillissant a cependant choisi de privilégier le local. Il a abandonné son siège de député l’an dernier. Et à l’heure des comptes, c’est probablement son rôle municipal qui figurera du côté positif de la balance. Vitré se porte plutôt pas mal. Le taux de chômage ne dépasse pas 6 %. « La communauté de communes présidée par Pierre Méhaignerie ne compte que trois vice-présidents (670 euros d’indemnité mensuelle) alors qu’elle peut prétendre à vingt », s’émerveillait récemment Le Figaro. Frugalité remarquable en effet quand la plupart des intercommunalités bretonnes ressemblent à des armées mexicaines. Et Pierre Méhaignerie sait mettre en valeur ses succès, comme l’inauguration la semaine dernière des nouveaux locaux de Panalog. « On ne change pas une équipe qui stagne », reprend notre interlocuteur Vitréen. « Mais stagner quand tout le reste fout le camp, ce n’est déjà pas si mal. »

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