05/12/2013 – 08H00 Brest (Breizh-info.com) – C’était bien la peine que Nantes accomplisse un geste de repentance en aménageant un Mémorial de l’abolition de l’esclavage : le Baromètre contre le racisme publié par République et Diversité et le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) ne la classe qu’au 14e rang des villes de France, à quelques pas de Rennes, 19e. Cependant, les deux cités de Haute-Bretagne viennent très loin devant Brest, 44e avec une note de 17/100 seulement.

« Quelles sont en France les villes les plus impliquées dans la lutte contre le racisme ? » demande le CRAN, « Ma ville est-elle dans ce domaine à la pointe du progrès ou au contraire lanterne rouge ? Mérite-t-elle un triple A ou plutôt un bonnet d’âne ? ». À la lanterne d’âne, les villes bretonnes préfèrent peut-être le bonnet rouge…

Le Baromètre, qui prétend noter les cinquante premières villes françaises, a été établi d’après les réponses de celles-ci à un questionnaire, des enquêtes de militants sur le terrain et l’avis final d’un jury. Il veille à ne pas trop stigmatiser les villes gérées par une municipalité de droite : on ne sait jamais ce que l’avenir réserve. Rama Yade, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, faisait d’ailleurs partie du jury.

tinLe CRAN, groupe de pression noir, et le think tank République & Diversité sont dirigés par le même homme, Louis-Georges Tin, normalien originaire de la Martinique, un personnage doué pour la communication mais férocement contesté chez ses propres amis. Au début de cette année, il avait saisi le Tribunal de grande instance de Paris pour faire interdire à Madeira Diallo de se présenter comme président du CRAN. Peu après, Patrick Lozès, ancien président du CRAN, avait à son tour porté plainte contre lui pour dénonciation calomnieuse.

Le moment choisi pour la publication du Baromètre n’est bien sûr pas un hasard. Ses auteurs insistent lourdement sur l’approche des élections municipales. Les deux associations vivent de subventions publiques. Du moins pour le moment, car le CRAN nourrit de grandes ambitions financières. Son objet social était initialement orienté vers des préoccupations d’ordre moral : « contribuer à l’épanouissement économique, social et culturel des populations noires de France ; promouvoir la solidarité au sein des populations noires de France ; promouvoir l’image des populations noires », etc. Il a été récemment modifié : désormais l’association entend aussi « défendre la mémoire des populations issues de l’esclavage et de la traite négrière, ainsi que les intérêts matériels et moraux de leurs descendants ». Au chapitre des intérêts matériels, dans une démarche très « droit du sang », le CRAN réclame des indemnisations sonnantes et trébuchantes ; récemment, il a même traîné en justice la Caisse des dépôts et consignation (CDC), accusée d’avoir profité financièrement de l’esclavage.

Brest sait ce qui lui reste à faire si elle veut gagner des places dans le Baromètre.

Crédit photo : Extrait du Baromètre contre le racisme ; portrait de LG Tin, [cc] Niko.111 at en.wikipedia
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