Une vingtaine de membres présumés de la mafia géorgienne interpellés en Bretagne

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 11/12/2013 – 14H00 Saint-Brieuc (Breizh-info.com) – Mardi matin, 19 membres présumés de la mafia géorgienne  ont été interpellés à Saint-Brieuc, Vannes, Rennes et dans le sud de la France. Ils sont soupçonnés d’avoir commis ou organisé plusieurs centaines de cambriolages et de vols à l’étalage en Bretagne et dans les départements limitrophes.
C’est au terme d’une longue enquête, menée depuis 2011 par une douzaine de policiers sous l’autorité de la JIR (Juridiction interrégionale spécialisée) de Rennes, qu’une centaine de gendarmes est intervenue hier matin dans les villes précitées pour interpeller ces hommes et  ces femmes, tous originaires  de Géorgie. Poursuivis pour vols en bande organisée, association de malfaiteurs, blanchiment et recel, ils ont été placés en garde à vue.
Fin 2012, une enquête de la gendarmerie des Côtes-d’Armor avait déjà permis d’interpeller onze membres présumés de cette mafia géorgienne et de récupérer plusieurs centaines de  bijoux, de montres de luxe et de pierres précieuses. Plusieurs de ces personnes  se seraient à nouveau retrouvées prises dans le coup de filet opéré hier.
Inconnus en Bretagne jusqu’à ces dernières années, les « Voleurs dans la loi » (Vory v zakone) géorgiens constituent, selon Le Monde  « une organisation criminelle, ancienne et parfaitement hiérarchisée, même si leur spécialité, le petit cambriolage, est plus discrète. Elle n’en est pas moins lucrative, car son rythme est industriel. » L’arrivée des Vory en France s’est faite progressivement à partir dans les années 2000.
« L’organisation est immuable : les parrains, les vor, des responsables pour chaque pays, puis les contremaîtres, les receleurs – souvent arméniens – et, enfin, l’échelon de base, les voleurs, souvent des hommes, entre 25 et 40 ans. Ces derniers ont un mode de vie spartiate qui leur permet de se fondre parmi les demandeurs d’asile. Ils ont d’ailleurs porté leur choix, en France, sur les villes moyennes, bien dotées en structures d’accueil », précise Laurent Borredon. Ce qui expliquerait le choix de villes comme Rennes, Vannes ou Saint-Brieuc.
Pourquoi se sont-ils installés en France ? Interrogé par 20minutes  François-Xavier Masson, commissaire divisionnaire à la direction centrale de la police judiciaire et patron du Service d’information, de renseignements et d’analyse statistique sur la criminalité organisée (Sirasco) répond que c’est « parce que c’était un terrain un peu vierge. Et qu’il y a moins de choses à voler en Géorgie qu’en France, très clairement. Ils se signalent surtout sur notre territoire par des implications essentiellement de délinquance d’appropriation, cambriolages, vols à la tire, le trafic de cigarettes… L’Europe de l’Ouest toute entière est concernée. »
A la question de savoir pourquoi les «voleurs dans la loi» sont-ils partis de Géorgie, le policier répond que « depuis une loi de 2005, la Russie et la Géorgie ont adopté des législations assez coercitives. Le simple fait de participer à une organisation criminelle répertoriée comme telle est désormais une infraction. La répression s’est accrue. Du coup, beaucoup d’entre eux se sont exportés vers des terrains où la concurrence était moins forte, d’où leur présence visible dans nos campagnes. »
Autrement dit la réponse pénale étant ce qu’elle est en France, c’est à dire faible  – et le projet de loi de Madame Taubira n’améliorera pas les choses – les mafias de l’Est, comme les autres, y trouvent un terrain d’action propice à leurs activités. L’ « ouverture au monde » sans limites, alliée à une politique pénale peu répressive, n’est décidément pas sans conséquences.

Photo : Bourrichon – fr:Bourrichon/Wikimedia (cc)
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