La_mosquée_Assalam_fête

10/03/2014 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com) – Combien de mosquées dans la cité des ducs ? Six, neuf, dix ? De nombreux chiffres contradictoires circulent sur la toile, alimentant nombre de rumeurs. Dernière en date, celle qui laisse entendre que les Nantais auraient laissé s’ouvrir la plus grande mosquée de l’ouest alors qu’en même temps ils manifestaient contre l’aéroport. Faux, bien sûr. La plus grande mosquée de l’ouest a ouvert ses portes voici un an. Tour d’horizon des mosquées et salles de prières nantaises. Pour y voir plus clair.

Nantes compte cinq mosquées. Trois d’entre elles sont très récentes et remplacent des salles de prière ou des mosquées précédentes trop exigües ou vétustes. A côté, Saint-Herblain a une mosquée al Houda, dont le ressort recouvre aussi le secteur ouest de la capitale bretonne ; elle se trouve 5, impasse Marie Noël dans le quartier de Preux ; les Marocains possèdent leur mosquée Mevlana, une salle de prière en fait aménagée dans une maison du quartier de la Croix Bonneau, 29 rue Jamet à Nantes. Enfin, il y a une mosquée à Rezé, la mosquée Ni’ma  , 49 rue Alsace Lorraine (quartier de Pont Rousseau). Un projet de « grande mosquée » pour le sud de Nantes peine à avancer depuis des années.

Malakoff : une nouvelle mosquée en remplace une autre

La dernière en date, et la plus grande – 1200 places assises, un minaret de 17 mètres, une coupole de 12 m de diamètre, un coût de 5 millions d’euros et un centre culturel accolé – se trouve boulevard de Seattle, entre le quartier chaud de Malakoff et la prairie de Mauves. C’est, selon ses concepteurs, l’Association Islamique de l’Ouest de la France, qui dépend de l’UOIF, la plus grande mosquée de l’ouest de la France et une des plus grandes en France. Implantée sur un terrain de 3100 m² vendu à des conditions assez avantageuses par la municipalité nantaise, la mosquée n’a pu voir son financement bouclé que par un don  de près de 2 millions d’euros, la moitié de la facture, d’un ressortissant du Qatar. L’AIOF est totalement propriétaire de la mosquée et du centre culturel. La ville avait apporté 200.000 euros de subventions  pour le seul centre culturel*.  A noter qu’à l’est se trouve la mosquée Al Mohsinine qui est une salle de prière, située 2 rue du Pré Hervé à la Bottière. Elle dépend elle aussi de l’AIOF qui a fait construire la mosquée de Malakoff.

L’ouverture de la mosquée Assalam permet la fermeture de la mosquée El-Forquan, situé dans le vieux Malakoff face au stade Marcel Saupin ; c’est à l’origine la chapelle Saint-Christophe, construite après la guerre puis désaffectée, et donnée par l’évêché en 1980 au culte musulman. Vétuste et trop petite, elle doit être abattue pour laisser place à une nouvelle voirie.

Au nord : une nouvelle mosquée choyée par la municipalité

Plutôt que de construire une grande mosquée qui pourrait attirer sur elle les foudres de la population tout en obligeant les fidèles à de longs trajets, la municipalité Ayrault a préféré, d’après nos confrères de Salam News, site d’information indépendant de la muslimosphère française,  miser sur des mosquées à taille humaine, réparties dans la ville… quitte à aider un peu le processus et à tourner la loi de 1905. Ce qui suscite les foudres de la Libre Pensée locale, qui s’appuie sur une lecture au pied de la lettre de la loi pour refuser ce clientélisme cultuel.

Au nord, une autre mosquée a été récemment construite face à la prison, par l’association culturelle musulmane de Nantes Nord. La mosquée Arrahma (« miséricorde », en arabe), dont la construction a commencé il y a deux ans, a été construite au 3, bd René Cassin. « 600 m² d’emprise au sol, 12 m de hauteur à la coupole, deux minarets, un budget global de 1,2 million d’eurospar la mairie ». Elle remplace aussi une salle de prière située au n°65, rue Stendhal, plus bas sur la ligne de tramway. Par le passé, l’association musulmane de Nantes-Nord s’est fait garantir un emprunt de 347.000 euros et elle a reçu encore en 2013 39.000 euros de subventions municipales, en plus des locaux gratuits dont elle bénéficie à la maison de quartier la Mano. Par ailleurs le terrain de la mosquée lui a été mis à disposition par bail emphytéotique (CM d 9/12/2005 ) : « situé 3, bd René Cassin, cadastré OY n°292p, 294p et 295p, dont 794 m² pourraient être mis à disposition de l’association Mosquée Arrahma (…) Cette mise à disposition prendra la forme d’un bail emphytéotique administratif d’une durée de 99 ans, moyennant le paiement d’une redevance annuelle de 3300 euros ». Ce qui ne fait pas cher.

Subventions aussi à l’ouest pour la mosquée turque

A l’ouest enfin, au 21 boulevard du bâtonnier Cholet, dans la zone industrialo-portuaire de Cheviré, a ouvert en 2010 la mosquée turque de l’Association Culturelle Turque de Nantes (ACTN), flanquée là encore d’un centre culturel. Outre la mosquée, il y a un café (turc), une épicerie et une bibliothèque, le tout surmonté d’un minaret de 18 mètres, qui se détache très nettement sur le soleil couchant. On trouve sur place le siège de l’association des étudiants franco-turcs Etutek dont l’objet est de « renforcer l’amitié franco-turque via des activités éducatives, artistiques et sportives. » Il peut donc être subventionné par la Ville, étant censé poursuivre un intérêt général.

Cette mosquée remplace une salle de prière devenue trop exigüe et située dans Nantes. Par ailleurs, le descriptif du projet (1756 m², 3 millions d’€ HT) indique aussi que « la partie culturelle du projet est subventionnée par la Ville de Nantes ». Un bail emphytéotique a été envisagé, mais l’association a finalement acheté un terrain à… la mairie de Nantes qui lui a aussi généreusement garanti un emprunt de 346 800 euros. La mosquée a été entièrement construite sur les moyens des fidèles  qui peuvent bénéficier du dévouement à la communauté de nombreux artisans d’origine turque.

Et ailleurs en Loire-Atlantique ?

Il existe à Ancenis une salle de prière boulevard Pasteur. A Châteaubriant, ville dont la communauté turcophone représente 5% de la population depuis les années 1970 – suite aux embauches massives de la fonderie il y a deux lieux de culte musulmans. La mosquée Mohammed Akhif – une salle de prière en fait – se trouve 5 rue Gutenberg. Une vraie mosquée se trouve 18, rue César Franck. Saint-Nazaire compte enfin deux endroits dédiés : une salle de prière 7 passage Paul Perrin et une mosquée au n° 259, boulevard de la Côte d’Amour.

8oo lieux de culte catholiques en Loire-Atlantique

Pour finir, il n’est pas inutile de rappeler que le département compte près de 800 lieux de culte catholiques (églises, chapelles et couvents confondus) pour 221 communes et que la seule ville de Nantes a 25 couvents, et près de 100 lieux de culte catholiques. Le diocèse de Nantes est aussi l’un des rares en France à avoir construit des églises neuves – ou les avoir reconstruit – ces dernières années. A l’image de l’église Saint-Bernard (rue Abel Gance au nord-est de Nantes) ou de la future église  Saint-Vincent de Paul de Ragon (Rezé-sud), la Foi est vivace en pays nantais. Et ce serait injuste d’oublier le développement de la Fraternité Saint-Pie X  (traditionnalistes catholiques) autour de Château-Thébaud et à Nantes. Selon une enquête IFOP réalisée en 2010 et portant sur la période 2005-2009, de 14 à 17% des habitants de Loire-Atlantique seraient catholiques pratiquants et 60 à 64% se déclareraient catholiques.

* Addendum : cette information, donnée à l’origine par Presse-Océan (11 mai 2009) est formellement démentie par l’AIOF qui précise qu’ « aucune institution municipale, régionale ou d’Etat n’a versé la moindre subvention avant, pendant ou après la réalisation de notre mosquée Assalam et du centre culturel attenant. »

Crédit photo : Breizh-info.com
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4 Commentaires

  1. bonjour, je tombe par hasard sur votre site. Je vous félicite et vous remercie de votre neutralité. article clair et sans parti pris. Merci aux Bretons.

  2. Article intéressant et documenté.
    La plupart de nos concitoyens ne voient pas d’inconvénients à l’existence des mosquées.
    Encore faudrait-il qu’elles ne coutent rien à la collectivité, pas un euro, ce qui n’est pas le cas. Et ensuite qui peut certifier qu’il ne s’agit pas de lieux de sédition ou la haine de l’occident, prêchée si largement dans ce pays ne s’épanouit davantage. Ou l’on ne trouvera jamais d’armes ou de drogue.
    Qui peut l’affirmer?

  3. Le grand ecrivain russe Dostoyevski disait qu’on ne pouvait pas penser le russe sans son identite’ chretienne orthodoxe. J’ose dire aussi la meme pour le francais: sans son identite’ chretienne et catholique j’ai du mal a’ l’immaginer(meme s’il se declarait laique ou athe’). L’islam n’ait pas fait pour la France. Qu’on construise des mosque’es en Algerie ecc. La France on la connait et aime pour ses cathedrales, pour son vin, ses fromages, son jambon, sa gastronomie parfaite, « le vrai halal » du Dieu en terre, ses grand ecrivains et scientifiques ses philosophes pour ou contre l’eglise, cela a peut d’importance, mais jamais pour ou contre la mosque’e qui est et sera’ etrange dans ce beni habitat de l’Europe, qui est la Fille Aine’e de L’Eglise.

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