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13/05/2014 – 12H00 Bretagne (Breizh-info.com) – Alors que la bataille de la mémoire fait rage en France entre les partisans de la culpabilisation et de la repentance de tous les Français vis à vis de l’esclavage et de la traîte négrière et ceux qui pensent qu’il faut arrêter de stigmatiser et de culpabiliser les européens de souche, il nous semblait intéressant de donner le point de vue d’un Breton, René Le Honzec, dessinateur notamment d’une « Histoire de la Bretagne » qui avait fait date.
Billet d’humeur extrait du site Contrepoints.
Cette journée de la commémoration de la traite de l’esclavage ne tourne-t-elle pas en l’une des nombreuses manipulations de la mémoire française, qui ne vise pas à rappeler une réalité historique, l’esclavage, tel qu’il fut pratiqué par certains de nos ancêtres, mais un mythe fondateur de la repentance nationale érigée en monument expiatoire culpabilisateur ?
Autant notre Histoire est un bloc, comme le jugeait Clémenceau à propos de la Révolution et de ses dérapages monstrueux, des Gaulois à nos jours, au travers des différents systèmes étatiques, dans ses forces et ses faiblesses, dans l’Horreur comme dans l’Honneur, un bloc auquel on adhère ou pas, certains ayant tendance à considérer qu’il n’y a pas de France avant 1789 ; mais c’est donc un ensemble, dans lequel la traite des esclaves dite « Atlantique » n’est pas une des plus belles pages. Il faut s’en souvenir.
Mais je refuse, moi, descendant de paysans bretons « laboureurs » pauvres, qui n’ont jamais eu aucun rapport avec ce trafic, qui n’en ont jamais « profité », qui ne l’ont jamais décidé, d’endosser la culpabilité de quelques marchands et trafiquants transformée en culpabilité nationale, tandis que Mme Taubira déclarait qu’il ne fallait pas trop évoquer la traite arabo-musulmane « pour que les jeunes Arabes ne portent pas le poids des méfaits du passé ». Et en tant que citoyen du Monde, je refuse la loi Taubira qui n’a volontairement voulu ne retenir que la traite « Atlantique » et celle de l’Océan Indien, ne concernant que les Occidentaux. Faire l’impasse sur les autres traites est une manipulation des esprits.
En 2004, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste de l’histoire de l’esclavage, publia uneHistoire des traites négrières dans laquelle il considérait que la traite occidentale n’était pas un génocide. Il fut l’objet d’une campagne violente qui se fracassa sur la défense de nombreux historiens prenant partie en faveur de l’auteur, et, par là, pour la liberté des historiens menacée par les lois « mémorielles ». Ce spécialiste donnait les chiffres suivants : 11 millions d’Africains victimes du trafic occidental, 14 millions pour la traite inter-africaine, 17 millions pour la traite orientale.
Pour finir, j’adhère à l’adoption par l’ONU en 1949 de la Convention pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui.
Photo : René Le Honzec
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