Les Celtes du bout de la terre enfin reconnus

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Les Corniques sont un groupe ethnique originaire des Cornouailles, en Angleterre (à ne pas confondre avec les Cornouaillais qui sont les habitants de la Cornouaille – sans « s » -, région de Bretagne). C’est un peuple celtique qui parlait la langue cornique jusqu’au XVIIIème siècle et qui s’est mis à la cultiver de nouveau depuis le XXème siècle, bien que de manière minoritaire. Selon une enquête de 2004, 35 % des habitants des Cornouailles se considèrent corniques (environ 181 000 personnes).

L’ethnicité cornique est reconnue dans les recensements canadiens et, en 2006, 1550 canadiens ont déclaré que leur origine ethnique était cornique. Pour identifier un ethnique cornique, il existe une phrase en anglais : « By Tre, Pol and Pen, you shall know the Cornishmen » (« Par Tre, Pol et Pen, vous saurez les hommes corniques »). Les trois mots dans la phrase réfèrent aux préfixes corniques dans les noms qui signifient « village, étang et tête ». Les exemples de pareils noms dont Trevithick, Tremayne, Polkinghorne, Pentreath et Penrose.

Un indiscutable particularisme.

La Grande-Bretagne vient de reconnaître une nouvelle minorité nationale. Comme vient de l’annoncer le secrétaire d’Etat aux finances Danny Alexander (un Libéral-Démocrate), les habitants du Comté des Cornouailles, dans la pointe sud-occidentale de l’Angleterre, bénéficieront désormais des mêmes droits et de la même protection que les Ecossais, les Gallois et les Irlandais. Cela signifie surtout que le gouvernement et les corps officiels de l’Etat britannique doivent tenir désormais compte des intérêts spécifiques de la région quand ils prennent une décision. On ne voit pas encore très bien quels avantages concrets cette reconnaissance apportera au demi-million d’habitants des Cornouailles. Le gouvernement de Londres a pris l’initiative de reconnaître la spécificité cornique suite aux accords-cadres de l’UE pour la protection des minorités.

Cornwall_Map

Depuis des années, les Corniques, ressortissants d’un peuple celtique, avaient lutté pour obtenir la reconnaissance de leur statut de minorité nationale. Joie et fierté sont à l’ordre du jour. Lee Trewhela, journaliste cornique, déclare: « C’est une grande fierté nationale qu’il faut ressentir aujourd’hui et se rappeler que l’histoire des Cornouailles est différente de celle du reste de l’Angleterre». Il rappelle également que les Corniques « ont leur propre langue». Celle-ci, que l’on estimait éteinte mais que l’UNESCO avait placé sur la liste des «langues en situation critique», n’est plus parlée couramment que par environ 300 personnes d’après les données fournies par les autorités locales. De mille à deux mille personnes ont «quelques connaissances» de cette langue qui ressemble évidemment plus au Gallois ou au Breton qu’à l’Anglais !

Après le Pays de Galles et l’Ecosse (les Ecossais sont depuis toujours très fiers de leur identité!), les Cornouailles, à leur tour, se remémorent leurs racines et leurs traditions celtiques. Trewhela évoque une «renaissance cornique» qui, espère-t-il, «apportera des avantages sociaux, culturels et économiques».

Le nom Cornwall vient du peuple celte des Cornovii qui habitait la région avant sa conquête au VIIème siècle par les Angles et les Saxons. La population parlait alors une langue brittonique devenue plus tard le cornique. Le breton y est étroitement apparenté. De nombreux noms de lieux présentent d’ailleurs des analogies avec ceux que l’on trouve dans la partie bretonnante de la Bretagne continentale ; de nombreux saints médiévaux sont communs aux deux régions…. Permettant de garder les anciens dieux en les camouflant aux yeux des prêtres.

Selon la légende rapportée par Geoffroy de Monmouth dans son Historia regum Britanniae, la Cornouailles tirerait son nom de Corineus, guerrier troyen de l’armée de Brutus de Bretagne, ce qui est évidemment invraisemblable….. jusqu’à preuve du contraire.

Jean Bonnevey

Source : Metamag

Crédit photos : DR

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Une réponse à “Les Celtes du bout de la terre enfin reconnus”

  1. YBHoal dit :

    « Cette langue qui ressemble évidemment plus au Gallois ou au Breton qu’à l’Anglais ! » : en fait, elle ressemble même beaucoup plus au breton qu’au gallois, à telle enseigne que d’aucuns la considèrent comme un dialecte de notre langue nationale de Bretagne. Mais c’est exagéré : disons que le cornique est du breton avec des archaïsmes et une phonologie qui la rapproche du gallois.

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