Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, des parachutistes français du 4ème bataillon SAS (Special Air Service), parfaitement entraînés, sont largués en Bretagne pour y opérer des actions de sabotage. L’objectif est de retarder la progression des renforts allemands vers la Normandie.

Les uns sont parachutés près de Plumelec (Morbihan) à 15 km de Saint Marcel, les autres dans la forêt de Duault (Côtes-d’Armor). Ils sont les premiers à prendre part aux opérations du Débarquement. Leur chef est le Commandant Bourgoin, appelé « Le Manchot », suite à la perte d’un bras lors d’une opération commando en Algérie.

A Plumelec, le parachutage est repéré par un poste d’observation allemand situé dans un moulin. L’alerte est donnée. Des soldats ukrainiens et géorgiens, alliés aux allemands, se dirigent vers Plumelec. Le premier combat s’engage. Le caporal breton Émile Bouétard, blessé puis achevé, devient le premier soldat allié mort lors des opérations de débarquement.

Les parachutistes prennent contact avec la résistance locale. La veille, le colonel Morice (Paul Chenailler), chef départemental F.F.I., avait donné l’ordre à tous les résistants du Morbihan de se rassembler à La Nouette, une ferme près de Saint-Marcel.

Mais le 18 juin, la Wehrmacht passe à l’assaut. Malgré un soutien aérien américain, résistants et parachutistes doivent se replier. Au fil des semaines, les parachutistes vont poursuivre leurs missions de sabotage, tout en étant pourchassés par les soldats allemands…

commandos sas planche

La bande dessinée “Commando SAS : Qui ose gagne”, éditée par les Editions du Triomphe, décrit fidèlement les opérations de sabotage menées par les parachutistes et la résistance bretonne. Le scénariste normand Philippe Zytka montre bien les actions de sabotage en tous genres : coupures des lignes télégraphiques, destructions de voies ferrées… Celles-ci aboutiront à bloquer en Bretagne huit divisions allemandes. Philippe Zytka présente les deux camps avec un souci d’objectivité.

En Bretagne, du juin à août 1944, sur 450 soldats parachutés, 77 furent tués et 195 blessés, soit plus de la moitié de l’effectif du 4e bataillon SAS Français. Ces opérations s’achèvent lorsque l’avance alliée permet de libérer la majeure partie de la Bretagne, à l’exception des ports de Brest, Lorient et Saint-Nazaire.

La devise de ces parachutistes, « qui ose gagne », est aujourd’hui encore portée par les commandos du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine.

Le dessin soigné de Ludovic Gobbo destine cette bande dessinée, comme toujours aux Editions du Triomphe, à toute la famille. On regrette que ses planches, contenant de nombreuses cases, ne soient pas davantage aérées. Mais Ludovic Gobbo insiste bien sur l’expression des personnages.

Commandos SAS, qui ose gagne, 14,70 euros, Editions du Triomphe (collection « le vent de l’histoire »).

Crédit photo : Breizh info
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1 COMMENTAIRE

  1. Je suis heureux qu’une nouvelle BD relate avec un souci d’exactitude, notamment dans le détail et la matérialité des actions, cette page glorieuse de la 2°GM.

    Mais alors pourquoi, dans un souci d’objectivité, continuer à affirmer que Bouétard est le « premier mort allié du débarquement »?
    Il a été tué vers 01H30, alors que le Lance-Corporal Fred Greenhalgh a été noyé, parachuté dans un étang avant minuit, et que le Lieutenant Herbert Denham Brotheridge a été tué prés du Café Gondrée vers 0H15.

    Bouétard est assurément le premier mort français du débarquement.
    Sans rien retirer à son courage et son mérite, n’est il pas temps, a minima de mentionner les autres alliés qui méritent au moins autant que lui, le titre de premier mort?

    Cela paraît juste honnête, respectueux des faits. Il est, me semble t’il, plus que temps d’admettre la part de nos alliés.

    Cordialement.

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