La bataille de Simancas : la Reconquista en bande dessinée.

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La bataille de Simancas marqua la fin de l’hégémonie musulmane sur la péninsule ibérique. Une bande dessinée révèle comment les royaumes chrétiens remportèrent cette précieuse victoire.

En 939, la péninsule ibérique est presque entièrement dominée par les musulmans. A Cordoue, capitale du califat Omeyyade, un émissaire vient du nord informer le calife Abd al-Rahman III que les troupes chrétiennes ont repris Saragosse. Le calife appelle alors au jihad pour éradiquer cette armée chrétienne de la Reconquista. A la tête d’une armée de plus de cent mille hommes, c’est sous les murailles de la cité de Simancas, proche de Valladolid, qu’il va affronter les troupes chrétiennes, bien inférieures en nombre, des rois coalisées Ramire II de León et García II de Pampelune. Les chrétiens espèrent remporter la victoire en se retranchant derrière les hautes murailles de Simancas.

Mais le 19 juillet, le ciel s’obscurcit sur la frontière séparant le califat de Cordoue du royaume de León. Il s’agit d’une éclipse complète solaire qui, semant d’abord l’effroi chez les sarrasins, est rapidement récupérée par les autorités religieuses musulmanes qui y voient un signe divin annonçant une grande victoire.

Au cœur de la bataille, les chrétiens perdent leur première ligne et n’espèrent plus qu’un miracle. Certains voient, venant du Ciel, San Millan leur faire un signe en brandissant une épée. L’issue de cette bataille, le 5 août 939, est favorable aux armées chrétiennes.

Le scénariste espagnol Rafael Jiménez, parce que maladroit au dessin, demande dans sa jeunesse à ses camarades de classe de dessiner ses récits dans les magazines et journaux de sa ville. Puis, après des études en psychologie, il travaille à la bibliothèque de Carmona, son village natal, comme animateur de lecture où il crée un festival de bande dessinée. Il admire alors les scénaristes Alan Moore (Watchmen, V pour Vendetta…) et Frank Miller (300, Sin City…). On est donc pas surpris d’apprendre qu’il raconte la guerre d’Espagne du point de vue d’êtres aux super-pouvoirs dans 1936 : La Batalia de Madrid (Éditions Almuzara, 2014).

Dans cette nouvelle bande dessinée, Rafael Jimenez décrit La bataille de Simancas. Il faut savoir qu’en 939, le roi Ramiro II de León marcha sur Saragosse. Le gouverneur sarrasin de Saragosse se soumit alors au roi catholique et plaça toutes ses terres sous sa souveraineté. Pour anéantir définitivement le royaume de León, le calife omeyyade Abd al-Rahman III rassembla une immense armée, galvanisée par l’appel au djihad. Après avoir pillé les villes rencontrées en chemin, les contingents du califat livrèrent la bataille au nord-est de Simancas pendant plusieurs jours. Selon les chroniques arabes et chrétiennes, une éclipse solaire eut lieu quelques jours avant la bataille. Les chroniques chrétiennes ajoutent que saint Jacques apparut sur un cheval blanc, tout comme saint Millán. Les chrétiens mirent en déroute les troupes musulmanes. L’importance de cette première grande victoire réside moins dans les gains territoriaux des royaumes chrétiens que dans sa valeur symbolique.

Rafael Jimenez prend délibérément parti pour le camp des chrétiens. Il construit un récit historique en montrant l’enjeu stratégique. Il révèle que les chefs des deux camps cherchent à transformer ce combat en un choc des civilisations et, à cette fin, demandent aux meilleurs scribes de faire l’éloge de leur victoire.

Le dessinateur Raúlo Cáceres, né à Cordoue en 1976, a étudié les Beaux-Arts à Séville et à Grenade. Son goût du morbide et des légendes ésotériques apparaît dans la série de vampires Elizabeth Bathory, librement inspirée de la célèbre comtesse Erzsébet Báthory. Toutes ces séries ont fait l’objet de plusieurs rééditions, tant en Espagne qu’à l’étranger. Il exprime son autre goût, pour l’érotisme, chez Tabou : Justine et Juliette (adaptation des romans du Marquis de Sade), Légendes Perverses, Les Saintes Eaux. Il illustre également des jeux de rôle ou de société.

Dans La bataille de Simancas, on admire le dynamisme et la force de son dessin en noir et blanc. On ne peut que penser au célèbre Roncevaux de Palacios, un autre dessinateur espagnol. Le trait gras et très expressif de Rafael Jimenez donne du souffle au récit. On notera que seuls les visages des sarrasins sont fourbes et cruels. Parfois morbide, il affectionne dessiner, sur le champ de bataille, l’atroce sauvagerie des combats et les corps dévastés. La mise en page est audacieuse, avec des cadrages originaux, des planches chargées et des enluminures sur les bords évoquant les illustrations médiévales.

En fin d’album, un dossier historique de plusieurs pages, avec des cartes, permet au lecteur de comprendre l’importance de cette bataille dans La Reconquista.

La bataille de Simancas, 64 pages, 19 euros. Editions Graph Zeppelin.

Kristol Séhec.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article relu et corrigé par ChatGPT. Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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4 réponses à “La bataille de Simancas : la Reconquista en bande dessinée.”

  1. Yvette Mme Prétet dit :

    Les Berbères chrétiens se trouvaient en Afrique du Nord avant la  »colonisation arabe », au septième siècle: c’est dommage que ces Berbères chrétiens n’aient pas réussi à RENVOYER les Arabes musulmans dans  »leur » pays…comme l’ont fait les Espagnols avec la Reconquista!…Il faudrait, actuellement, en France, faire aussi une Reconquista!…

  2. Roger dit :

    Oui, c’est vraiment dommage que les Berbères et les Ibères n’aient pas vu ces « Arabes » arriver. Il leur a fallu deux siècles pour qu’un enseignant égyptien obscur et mythoman les informe qu’ils avaient été conquis par une armée superbe sortie d’un désert totalement inconnu.
    Tout ce que raconte l’histoire officielle est du roman.
    L’islam était une forme de christianisme unitaire très populaire au VIIIe siècle. Le terme de « pseudo-reconquista » est très récent. Il ne s’agit que de guerres civiles. Une guerre entre Espagnols.

  3. Roger dit :

    Juste pour information, durant l’Antiquité et le Moyen Âge, les termes « Arabes » et « Sarrasins » ne désignaient pas un peuple oriental. Ils étaient utilisés pour insulter diverses communautés. La loi des Goths du Ve siècle punissait d’une flagellation toute personne accusant une autre d’être sarrasin (canaille) sans pouvoir le prouver.

    Toute votre histoire est du roman.

  4. Roger dit :

    Lire que Cervantès a été détenu pendant des années à Alger, le plus grand marché d’esclaves chrétiens, rappelle que les Européens n’ont pas le monopole de l’esclavage.
    ____
    Comme vous avez fermé les commentaires dans votre présentation du livre « Héros d’Europe », que cette histoire est aussi malhonnête que celle qui présente l’islam comme une religion originaire du désert sans population, je me permets d’apporter mon grain de sel ici en vous demandant si vous pouvez me dire de quelle partie du monde sont originaires les Albanais, les Bosniaques, les Sardes, les Turcs de Constantinople, les Hollandais, etc. Ce sont ces racailles qui formaient l’association de criminels appelée « ottomane ».

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