27/01/2015 – 08H00 Doha (Breizh-info.com) – Depuis le 15 janvier et jusqu’au 1er février se déroule au Qatar le championnat du monde de Handball. Ce pays – qui est fortement soupçonné d’avoir acheté la possibilité d’organiser ce championnat du monde, tout comme la Coupe du Monde de football 2022 – est en passe de devenir le symbole même des dérives du sport international.
Habituellement, les nations hôtes d’un évènement sportif mondial étaient en effet choisies afin de récompenser ou d’honorer une certaine compétence dans un sport en particulier. Avec le Qatar – dont le palmarès est vierge au niveau du handball mondial et même asiatique – il n’en est rien.

Tout semble être une question de prix et d’influence avec ce pays qui tente de racheter la planète entière – tout en égrainant son influence via des investissements à perte dans des chaines sportives, par exemple ; un pays avec qui la France entretient des relations plus qu’étranges.

Qui pourrait en effet dire que le Qatar est une nation désormais privilégiée dans le sport mondial grâce à ses talents sportifs ? Certainement pas les mercenaires en provenance de France, du Monténégro, d’Egypte, de Cuba ou de Tunisie qui composent le 7 majeur de l’équipe Qatari, et 9 joueurs sur les 16 sélectionnés pour ce Mondial. Certainement pas non plus ces supporteurs espagnols, importés par les émirs aux mains chargés de billets pour donner l’impression qu’il y a des supporteurs du Qatar dans les enceintes construites à la hâte par des travailleurs esclaves.

Mais de cela, pas un mot – ou si peu – dans les médias français. Pas un mot non plus sur la chaîne Beinsports, qui bénéficie de l’exclusivité des retransmissions en France, en tant qu’agent d’influence Qatari en France. Pas le moindre étonnement quant à la qualification très facile – douteuse même – de ce pays pour les 1/4 de finale d’un championnat du monde de haut niveau. « Le Qatar écrit son histoire » titre ainsi un grand site d’actualité sportive, comme si de rien n’était. Comme si il était désormais normal que du football au handball, en passant par le tennis ou le cyclisme, et même par le football gaélique (sic), un pays peuplé d’ environ 2,1 millions d’habitants – dont 80 % d’étrangers –  et aux talents sportifs jusqu’à présent proche du zéro, bouscule, influence, transforme le monde du sport.

Le Qatar bénéficie il est vrai de dirigeants milliardaires – aux poches pleines de pétrodollars et à la générosité aveugle, y compris vis à vis du terrorisme islamiste – devant lesquels les chefs d’Etat du monde entier viennent désormais se prosterner.

Aujourd’hui l’argent achète tout, y compris et surtout le sport, énorme vecteur d’influence sur le plan international. Et tant pis pour les valeurs de courage, d’effort, d’engagement, d’abnégation, de persévérance, communes jusqu’ici à toutes les disciplines.

Alors à quand les Jeux olympiques et une statue de Coubertin à Doha, histoire de lever définitivement le masque de l’hypocrisie mondiale émanant d’un monde sportif désormais aux ordres des puissances financières ?

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