Drogues. Etat des lieux en Bretagne et en France

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23/02/2015 – 07H00 Rennes (Breizh-info.com) ‑Peu de gens s’en doutent, mais parmi la nuée d’organismes publics et parapublics français censés être à l’écoute du moindre problème réel ou imaginaire de la société, certains apportent des données intéressantes. Ainsi du GIP nommé Observatoire français des Drogues et Toxicomanies qui publie en ce début d’année les données 2013-2014 du dispositif TREND (Tendances Récentes et nouvelles drogues) collectées à Paris et dans plusieurs villes de province (Bordeaux, Marseille, Lille, Metz, Rennes, Toulouse). Il ressort de cette publication que les consommations et les drogues disponibles changent, et s’adaptent tant à la précarisation des consommateurs qu’à la démocratisation de la drogue.

Globalement, en 2013, deux tendances se faisaient jour : la présence de plus en plus visible de la MDMA (amphétamines) et l’augmentation de la pureté de plusieurs drogues, notamment l’héroïne brune, l’héroïne blanche ou encore les drogues issues du cannabis (résine, ou shit, et herbe).

Toujours plus d’amphét et d’ecstasy

L’ecstasy fait son retour en 2013. Après des années de désaffection et de pénurie qui avaient vu les usagers festifs (en boîte de nuit ou en teuf) se reporter notamment sur les amphét et leurs formes en cristaux (crystal ou ice) il est revenu à partir de 2011. Selon les données du dispositif TREND ce retour se caractérise par « des dosages particulièrement élevés et une présentation destinée à attirer les jeunes usagers : pelliculage, couleurs vives et parfois formes (3D, diamant, fantôme) ». Les doses moyennes par comprimé sont passées de 50 à 60 mg de MDMA dans les années 2000 à plus de 90 mg depuis 2012, alors que la masse totale des comprimés avoisine les 300 mg.

Voici quelques exemples de comprimés et leurs compositions. Ceux-ci ont déjà semé la mort en Bretagne : en août 2013 un fêtard est mort lors du festival Couvre Feu à Saint-Nazaire après l’ingestion d’un comprimé et demi d’ectasy de forme triangulaire, de couleur bleue et ornés d’un S comme le logo de Superman.  Ces comprimés semblables à ceux-ci contiennent en fait de la PMA, une phényléthylamine aux propriétés hallucinogènes, très dangereuse lorsque les doses dépassent 50 mg.

Par ailleurs la consommation de MDMA sous forme de poudre ou de cristaux augmente tant dans le milieu festif alternatif (les teufs) que commercial (soirées, boîtes de nuits, festivals…). Les modes de consommation sont multiples : en parachute (cristaux enroulés dans une feuille de papier, puis gobés), drogue sniffée, inhalation des vapeurs chauffées (chasse au dragon), association avec l’alcool ou d’autres drogues, le tout dans une totale inconscience. Selon les données du réseau TREND « la MDMA n’a pratiquement pas l’image d’une drogue dans les milieux où elle circule ». Par ailleurs la drogue dépasse la sphère électro-festive, et le nombre de bad trips (intoxication aigüe due à la prise de la drogue ou à un mauvais dosage) se multiplie et se rallonge. Toujours selon les données du réseau TREND, 4 décès survenus durant l’été 2014 seraient imputables à la consommation de MDMA.

Les saisies policières restent nettement en retrait par rapport au cannabis, à la coke et à l’héro, mais l’activité des services permet de constater une sérieuse activité des dealers dans des centres urbains secondaires, à l’image de cette saisie  dans la banlieue d’Amiens au printemps 2014. Deux laboratoires ont aussi été démantelés dans le Grand Toulouse et d’autres productions locales existent près de Bordeaux et de Marseille où un comprimés contenant près de 98% de MDMA (!) a été produit localement.

Hors du secteur festif, les amphét se retrouvent dans plusieurs révolutions hors de nos frontières (notamment en Egypte et en Ukraine, dans ce dernier pays les drogues étaient mélangées au thé chaud servi gratuitement aux manifestants du Maïdan en hiver 2014 à Kiev) et gagnent certains métiers aux horaires difficiles où il faut toujours rester éveillé, comme les chauffeurs routiers. Ceux-ci sont aussi concernés par une consommation croissante de cocaïne ce qui n’est pas sans alerter les pouvoirs publics.

Des drogues disponibles en quantités toujours plus petites

La consommation des drogues est aussi un bon indicateur de la santé de la société, et notamment de sa précarisation croissante. Si en Grèce il existe la sisa, une méthamphétamine du pauvre dont le shoot coûte 1 à 2 euros, en France les dealers s’adaptent aussi et il y a une forte tendance à l’auto-production.

Ainsi, selon les données du réseau TREND, « le fractionnement [des doses] s’effectue selon le poids (1/10e, 1/5, 1/2 gramme), en particulier pour la cocaïne, ou selon la somme disponible (10 ou 20 euros), ou à la trace, ou au rail », sans oublier « la pratique de l’achat en groupe d’un simple gramme, notamment chez les plus précaires de l’espace festif ».

Les reventes ou détournements de médicaments pouvant servir à se droguer augmentent (notamment en Provence, mais aussi dans le sud-ouest et le centre pour la seule kétamine), ainsi que la délinquance servant à payer les doses de drogues (à Rennes ou à Metz). La consommation du speed, une amphétamine fabriquée de façon artisanale, de qualité et de coût moindres (13 à 14€ /gramme) se généralise, notamment hors des milieux festifs.

Idem pour le crack dont les secteurs de prédilection sont, outre les DOM-TOM le nord-est parisien (Porte de la Chapelle, Stalindrad, 93, 94) et qui s’étend désormais au-delà des SDF et des personnes très pauvres d’origine afro-antillaise.

Héroïne et cannabis : la pureté moyenne augmente

Si la teneur en MDMA des comprimés d’ecstasy augmente, des dynamiques comparables concernent d’autres drogues. Ainsi, si entre 2010 et 2012 la teneur moyenne des doses d’héroïne brune avait baissé de 12 à 7%, les années 2013-2014 voient un retournement de tendance. Par ailleurs le nombre d’échantillons saisis par la police comportant plus de 30% d’héroïne double, passant de 4 à 8%. Cette tendance reste marquée sur les sites du réseau TREND situés les plus près du Benelux, tandis que les usagers de Rennes, Toulouse et Bordeaux ne connaissent pas une réelle augmentation de la teneur en héroïne.

Par ailleurs l’héroïne blanche, plus pure (27 à 29% de pureté) dépasse ses zones habituelles de l’ouest parisien et de l’agglomération marseillaise pour se répandre sur la côte méditerranéenne, en Nord-Picardie et en Midi-Pyrenées.

Côté cannabis, la pureté moyenne des échantillons d’herbe (beu) double en cinq ans pour s’établir à 12.6% tandis que celle de la résine (shit) double aussi… mais en deux ans pour atteindre 17.4% en 2013. Cette tendance est due à une compétition musclée entre les circuits de deal classiques et la montée en puissance d’auto-production voire du lancement par des particuliers de cultures commerciales à grande échelle.

L’une d’elle a été démantelée récemment en Bretagne fin janvier 2015, à Malville où 4500 pieds de marijuana ont été retrouvés. Dans le Nord et dans le Benelux, les saisies de petites cultures d’intérieur ou de plus grosses dans des friches industrielles se multiplient sans réussir à enrayer la tendance.

Celle-ci est due à deux facteurs principaux : la précarisation économique (lorsque cultiver chez soi est source d’économie) et la main-mise ou la constitution de groupes agro-mafieux fondés sur l’intégration verticale autour du cannabis, de sa culture à sa revente

Nouveaux produits de synthèse : 3 nouvelles substances identifiées chaque mois

En parallèle, le nombre de nouvelles drogues, dites nouveaux produits de synthèse (NPS) ne cesse d’augmenter. Depuis 2012 selon le réseau TREND « trois nouvelles substances sont identifiées chaque mois ».  Pour l’essentiel, il s’agit de cannabinoïdes (31 identifiées de 2008 à 2013 dont 13 en 2013), des phénéthylamines, c’est à dire des psychotropes proches des amphétamines (7 en 2013) et des cathinones (4 en 2013); ces dernières drogues, dont le principe actif se retrouve aussi dans le khat, sont aussi connues sous le nom de sels de bain (bath salts) sous couvert desquels elles ont été vendues plusieurs années dans les pays anglo-saxons.

Depuis 2000 en tout 157 substances ont été identifiées au moins une fois sur le territoire, dont 37 en 2013 et 34 en 2014. En UE, 24 NPS ont été identifiés en 2009, 41 en 2010, 49 en 2011, 73 en 2012 et 81 en 2013. Si la plupart des pays européens (dont la France) ont condamné les formes présentes et à venir de ces molécules, la Russie qui ne condamne que les drogues connues (pour ne pas gêner la recherche pharmaceutique) connaît elle aussi d’importants problèmes avec ces NPS localement nommés spices (спайсы) et dérivés principalement des cannabinoïdes. De nouvelles substances sont découvertes tous les mois et la loi n’arrive tout simplement pas à suivre. Ce sont alors des groupes de jeunes citoyens qui se sont organisés pour lutter de façon musclée et médiatisée avec ces revendeurs de drogues issus principalement du Caucase et de l’Asie centrale.

Le pic de vente de spices semble être passé en Russie, en revanche en Ukraine l’usage de drogues et notamment de NPS explose du fait notamment de la guerre civile latente et de l’effondrement de la présence de l’Etat dans le pays.

Les circuits de distribution de la drogue changent

Par ailleurs, le mode classique de distribution de la drogue via le deal se modifie. A Paris comme dans les grandes villes les services de police notent l’augmentation de la vente de drogue par livraison à domicile, comme les sushis, les burgers et les pizzas; l’usager appelle un numéro, commande de façon codée la quantité requise et un dealer vient la lui livrer en scooter ou à moto.

Les réseaux tendent aussi à se déconcentrer. L’interpellation, en avril 2013, d’un étudiant qui fabriquait des NPS à son domicile à Brest est très éclairante quant aux nouveaux modes de fonctionnement de ces réseaux.

L’étudiant, qui consommait du LSD, avait rencontré sur le web un autre usager hongrois, qui lui avait fourni des substances et des manuels pour fabriquer des NPS à partir de substances importées de Chine. Celui-ci s’est mis à son compte et, à partir de colis qu’il recevait régulièrement par poste aérienne, produisait des fioles de LSD (de 400 à 700 € les cent gouttes), des comprimés Lysergic Acid 2 (10€ l’unité) et des buvards LSD ou mêlant diverses substances, le tout pour un CA estimé à 40.000 euros. Ses clients se trouvaient en France, mais aussi en Angleterre, Pologne et Norvège.

Le nombre d’achats de NPS sur des sites du dark web et le poids moyen des saisies postales continue d’augmenter, ce qui traduit aussi des achets à des fins de trafics. En 2013, 59% des saisies de NPS concerne la méthylone (en déclin), la 3-MEC (ou la 4-MEC, qui est très proche) et la 4-FA. Par ailleurs certains NPS sont distribués en lieu et place de drogues (comme la MXE à la place de la kétamine ou les 2C-P et 25x-NBOMe pour le LSD).

Crédit photo : DR
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