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31/07/2015 – 08h00 Bretagne (Breizh-info.com) – Les sept plus grands calvaires bretons sont illuminés tour à tour cet été, pour la plus grande joie des touristes, certes, mais aussi des Bretons eux-mêmes. Après Plougonven, Guimiliau et Saint-Thégonnec en juillet, c’est Plougastel Daoulas qui inaugure les illuminations du mois d’août. Du 31 juillet au 2 août, chaque jour à 15h a lieu une visite guidée présentant l’historique du monument. Les illuminations polychromes commencent à 22h30. Des milliers de visiteurs sont attendus. Il y en a eu au total quelque 30 000 l’an passé, attirés par l’énorme travail entrepris dès 2001 par l’association » Les 7 Calvaires « .
Les sept grands calvaires bretons datent des XVI° et XVII° siècles. A cette époque, le commerce maritime avait enrichi le Finistère et le traitement du lin fournissait du travail à la région. Les marges nées de ces activités furent réinvesties dans ces leçons de catéchisme monumental que furent les calvaires. Chacun raconte plusieurs histoires. Elles s’adressaient à une population dans laquelle les lettrés étaient rares. Toute proportion gardée – mais l’esprit est le même – ils sont pour les paroisses bretonnes qui les hébergent l’équivalent de la grande frise de Phidias qui ornait le Parthénon sur l’acropole d’Athènes. Avec le même objectif : dresser un livre de pierre avec des histoires qui assoient la dignité et l’excellence de la paroisse et de ses habitants.
A Plougastel Daoulas, ce qui a été sauvé du bâtiment puis restauré après les énormes dégâts causés par les bombardements anglo-américains de 1944, mesure une dizaine de mètres de haut. L’ensemble raconte le mariage de Marie et Joseph. Figurent saint Roch et saint Sébastien qui étaient invoqués contre la peste. Elle avait sévi à la fin du XVI° siècle. Il montre aussi sainte Véronique et le linge au visage imprimé du Christ. Cette partie fut citée par Malraux dans son Musée imaginaire de la sculpture mondiale. Il rassemble ainsi quelque 180 personnages différents, sculptés en pierre de Kersanton. Ce sont des personnages bibliques pour la plupart. Il y a aussi des figures finistériennes légendaires comme celle de la Katell Kollet, une jeune femme dont une très vielle ballade (gwerz) raconte la vie.
Le calvaire de Pleyben sera quant à lui honoré du 7 au 10 août, avec les mêmes horaires de visite et d’illumination qu’à Plougastel. Il est disposé en arc de triomphe octogonal portant une frise et vingt-huit groupes sculptés, costumés à la mode du XVI° siècle. Comme son équivalent de Plougastel, il doit être visité en sens antihoraire pour suivre la chronologie des histoires contées. Les illuminations nocturnes restituent, ici comme sur les autres calvaires, des personnages présentés en couleur puisque tous ces calvaires, à l’origine, étaient peints.
Celui de Saint-Jean-Trolimon sera visité et illuminé la semaine suivante, du 14 au 16 août, avec les mêmes horaires. Il date de la fin du XV° siècle. Comme à Plougastel, il présente une sainte Véronique remarquable, ainsi qu’une Pietà et un Joseph endormi qui sont de toute beauté.
Le calvaire de Guehenno, l’unique monument de ce type dans le Morbihan, sera quant à lui visité et illuminé du 21 au 23 août. Il fut dévasté en 1794 par les troupes de la République française en lutte contre la Bretagne libre. Restauré à partir de 1853 par le nouveau recteur de la paroisse, l’abbé Jacquot y passa dix années de labeur acharné. Ici aussi, une sainte Véronique attire l’attention, ainsi qu’une belle mise au tombeau.
Il est à noter que chacune des périodes de trois soirées d’illumination des grands calvaires est accompagnée de concerts de musique bretonne et de fest noz. Le programme détaillé est disponible ici. Quant aux techniques de colorisation par la lumière, elles sont dues à l’entreprise Spectaculaires, basée à Saint-Thurial (35), elle-même financée pour les calvaires par la région Bretagne et par les départements. Présentation en images ici.
Jean-François Gautier
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Bretagne. Les sept plus grands calvaires illuminés cet été”
@ArGedour Extra ! En 2012, déjà, c’était un beau moment d’été, de culture vivante https://t.co/XKAvn0Xvjg
Et pourquoi pas les mosquées ?