21/08/2015 – 07h00 Rennes (Breizh-info.com) – Le label rennais Mass Productions vient d’annoncer sur sa page Facebook annuler la programmation du groupe rock mythique « La Souris Déglinguée » , initialement prévue à jouer le 3 octobre prochain, à Rennes, à l’occasion du festival « Fiesta la Mass ».

Les raisons officielles de cette déprogrammation ? Le communiqué de LSD – paru début août – qui justifiait un concert que ces derniers ont donné, dans les arènes de Fréjus, fin juillet dernier avec en première partie le groupe de Rock Identitaire Français « In Memoriam » ;  un concert qui avait provoqué un matraquage médiatique et politique sans précédent visant La Souris Déglingué, médias et militants d’extrême gauche jugeant scandaleux qu’un groupe comme La Souris Déglinguée – qui a par ailleurs toujours dénoncé l’ensemble des totalitarismes du 20e siècle – puisse jouer dans une ville Front national, avec un groupe « Non conforme ». In Memoriam, un groupe aux paroles contestataires et anti-système – du punk-rock du 21e siècle en gros – qui devrait pourtant ravir les amateurs de musique libre, indépendante , rebelle …

Cette annulation – qui fait suite à des pressions et des menaces en règle de la part de la mouvance « antifa » rennaise qui a la main mise via un réseau particulièrement bien organisé, sur la musique alternative locale – n’est que dans la continuité des agissements d’une association de moins en moins punk et subversive et de plus en plus subventionnée , indirectement tout du moins.

En mai 2014, alors que les responsables de Mass Prod avaient accepté de donner à Breizh-info.com un interview, ces derniers, après publication, avaient exigé que nous retirions l’interview, cédant là encore aux pressions et aux menaces d’une extrême gauche reine des diffamations et équipée d’un logiciel politique et médiatique resté coincé au début du 20e siècle.

En réalité, l’annulation d’un groupe qui a encore joué devant une salle pleine de « copains »  le 9 mai 2015 à l’Olympia et dont les paroles n’ont jamais fait l’apologie d’idées politiques quelconque trouve une autre explication principale : la dépendance d’un label « punk alternatif » vis-à-vis d’une municipalité et de nombreuses collectivités estampillées PS (Parti socialiste) avec qui il s’est acoquiné depuis plusieurs années.

On est loin en effet avec Mass Production du label Punk-Rock anti système et DIY (Do It Yourself) comme ses animateurs aiment à se présenter. « Parce que nous aimons le punk rock, dire merde aux religions, aux racismes, aux sexistes, aux prétentieux et aux donneurs de leçons de tous poils…mais que nous aimons bien aussi l’argent » nous envoie par mail Régis, un rocker qui s’avoue « blasé » de voir ce label cédé aux sirènes du politiquement correct , déformant avec humour des propos que l’on retrouve sur la page d’accueil de Mass Productions.

Mass Prod, le Jardin Moderne, Labels à Rennes, du Punk-Rock estampillé subventions Parti socialiste

Le festival « Fiesta la Mass » par exemple, se déroulera en octobre prochain au Parc de la Prevalaye à Rennes, mis à disposition… par Rennes Métropole, qui sera d’ailleurs sponsor public unique de la soirée, parmi des organismes ou entreprises privées comme la très engagée brasserie Tri Martolod , la Coop Breizh , Brocéliande Sérigraphie …Rennes Métropole et la Ville de Rennes aiment et chouchoutent financièrement leurs associations, ce que nous avions déjà démontré par le passé.

Rappelons également que Mass Productions – qui dispose d’un salarié – a son siège au Jardin Moderne de Rennes – un lieu important des nuits rock and roll rennaises, où le label organise très fréquemment des concerts . Un lieu qui se définit comme « un espace d’aide à la création et la diffusion des musiques actuelles à destination des porteurs de projets et des pratiques amateurs. »

La directrice de Mass Productions, Béatrice Ternoveanu de la Dessa, fait d’ailleurs partie du conseil d’administration du Jardin Moderne tout comme Lionel Dijole, entre autres chanteur du groupe Death Or Glory ou anciennement Skuds and Panic People et militant « antifa » reconnu par toute l’extrême gauche radicale.
Ce Jardin Moderne a permis la naissance de « Labels à Rennes » une initiative qui permet à plusieurs associations musicales dont Mass Productions – de toucher de nombreuses subventions et de bénéficier d’aides et de publicité de la part des pouvoirs publics et des collectivités.
Dans son rapport d’activité 2014, disponible sur Internet, le Jardin Moderne rapporte ainsi avoir encaissé 205 000€ de la ville de Rennes, 65 000 € du conseil régional, 20 000 € du Conseil général,  12 000 € de la DRAC, 48 000 € en Contrat de territoire, 33 000 € en « subventions pour projet » , 21 889 € en aides sur salaire … Au total, alors que les seules recettes d’activités et de bar ont permis de faire rentrer 245 000 € , ce sont plus de 400 000 € de subventions qui sont venues garnir les caisses du Jardin Moderne en 2014, dont la masse salariale était de …. 403 000 €. Vive le bénévolat et la liberté musicale donc , d’autant que les rapports d’activité des années précédentes témoignent de la même affiliation financière de ces structures aux collectivités publiques, donc au contribuable ; des structures qui sont bien loin donc de l’image « indépendant et engagé » qu’elles entendent donner en public.
Les responsables de « Labels à Rennes » ne s’en cachent d’ailleurs pas à qui le leur demande, puisque sur le site du Jardin Moderne, une interview de son président, Benoît Careil, était explicite, en 2007 déjà :

Avez vous des attentes par rapport aux collectivités territoriales locales et à la Ville de Rennes ?

On négocie avec la Région la prise en compte de notre rôle d’accompagnateurs professionnels d’artistes (management, production phonographique, tournées) et d’un dispositif de soutien financier sous forme de conventions d’objectifs entre un artiste, un label, et la Région.

Pour la Ville, nous demandons une mise à disposition de locaux et des soutiens financiers occasionnels à des projets artistiques (albums, création de spectacle, tour support…). Et puis bien sûr, nous sommes maintenant reconnus pour représenter les producteurs phonographiques sur Rennes, et nous participons à toutes les réunions de concertations sur le secteur musiques actuelles.

Dès lors, on comprend qu’un groupe de rock comme LSD, qui s’est toujours revendiqué comme libre et indépendant, soit désormais persona non grata auprès d’un label qui est pieds et mains liés par le système économique et par des collectivités qui permettent à quelques uns de ses membres de vivre et à des associations d’exister.

On trouve également ici l’explication aux tarifs défiant toute concurrence proposés par ce label lors des concerts : 36 € pour deux journées de « Fiesta la Mass » accueillant pourtant 18 groupes dont un groupe américain (The Toasters), un groupe canadien (The Horny Bitches), sans compter les Hollandais, les Allemands ou encore les Ecossais d’Oi Polloi.

« Toute personne ayant organisé des concerts sait pertinemment  qu’il est impossible de proposer ce tarif avec une logistique énorme pour faire venir des groupes étrangers sans bénéficier de larges subventions » nous confie un organisateur de concert parisien.

Mass Productions, un label fondé par un ancien skinhead nationaliste qui promeut désormais des groupes « antifas »

Au sein de la « mouvance » punk rock, certains ne cachent pas également leur incompréhension face à cette annulation : « C’est un peu fort de café d’annuler La Souris Déglinguée par soucis de respectabilité et de cohérence politique, tout en faisant jouer des groupes militants d’extrême gauche » nous explique S, un « ancien » de la scène rock and roll.  « Je ne comprends pas comment Vincent (ndlr : Vincent B, un des principaux responsables, fondateur et salarié de MassProd depuis le début du label dans les années 90) a pu laissé faire ça, lui qui fût quand même membre du groupe Bleach Boys, qui faisait passer Jean-Marie Le Pen pour un gauchiste dans les années 80. »
Bleach Boys était en effet un groupe phare de la scène skinhead des années 80, avec des chansons explicites comme « Guerre Civile », « Troupes d’élites » ou encore « Hooligans ». Le magazine d’extrême gauche Reflexes évoquait même un rapprochement entre ce groupe et le PNFE ( Parti Nationaliste Français et Européen, interdit en 1990) quand d’autres acteurs de la scène de l’époque soulignent une proximité d’époque avec le label RAC (Rock Against Communism)  brestois « Rebelles Européens ».

Alors que le label Mass Productions n’avait pas ou peu, jusqu’ici , affiché de soutien ouvert à la scène musicale d’extrême gauche, les choses semblent s’accélérer néanmoins ces dernières années « signe d’un grand écart idéologique et d’une certains schizophrénie de son promoteur » continue S. :
Ainsi, Los Fastidios, groupe italien, qui était invité du dernier festival « vive le punk » organisé à Braspart en juillet 2015 et qui est un groupe moteur de la scène skinhead antifasciste radicale italienne. Les paroles des chansons, de « Nostra Internazionale » (« Questa è la nostra internazionale, contro il padrone ed il capitale forever unite, working class somos compañeros trabajadores, para millones de futuros mejores forever unite, working class! ») , « Partisans », « SHARP », ou encore « antifa hooligans » sont explicites.

Il en va de même pour les anarchos-punks écossais d’Oi Polloi, produits par Mass Prod, avec leur titre phrare « Bash the Fash » (lynche le fasciste ) et qui joueront bien – eux – en Octobre prochain – à Rennes , dans la « fiesta la mas » subventionnée par la municipalité rennaise. Même chose pour le groupe « Hors Contrôle » , groupe phare de la scène « antifa » française : « De bar en bar de ville en ville, de squats pleins en salles vides, On chante notre solidarité aux antifascistes affirmés » chantent-ils ou encore : « Contre le capital votons la grève générale, arrêtons d’engraisser tous ces patrons boursouflés , stop à l’exploitation, luttons pour nos conditions . Notre insoumission,il faut virer tous ces cons »

« A travers l’exemple de Mass Productions, c’est toute une partie de la scène musicale Punk-Rock qui pourrait être aujourd’hui montrée du doigt par ces pratiques bien éloignées de l’esprit des années 80» souligne S. « Le punk est mort depuis que la plupart des groupes qui le composaient se sont pliés au système et à son industrie. Force est de constater qu’aujourd’hui, la scène musicale « rebelle et contestataire » se retrouve en partie du côté de ceux qui subissent les foudres des ligues de vertus et que les labels punks « officiels  veulent censurer. ».

Pour les Bretons qui auraient voulu voir une nouvelle fois La Souris Déglinguée en Bretagne – loin de toutes polémiques politique – ils auront toutefois une possibilité de compenser cette annulation, puisque Tai-Luc et ses compères seront présents les 11 et 12 mars prochain (et peut-être même avant, dès fin 2015), à Saint-Brieuc, à l’occasion de la 2e Sailor Jerry Party organisée par Brittanny Events, organisateur de concerts rock and roll en Bretagne, « non subventionné et ouvert à tous » nous précise-t-on.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

3 Commentaires

  1. Excellent de lire autant de conneries sur un site d’information « libre ». In memoriam, punk rock contestataire et anti système? La belle blague. Merci pour la franche partie de rigolade avec cet article de merde. Enfin, pas de surprise, on sait d’où ça vient…

    • J’imagine que ça doit être dur à digérer, mais pourtant, effectivement, à l’heure actuelle, les groupes contestataires ne se situent plus (et depuis pas mal de temps) du côté des « antifas ».
      Dommage que tu n’aies pas poussé ton argumentaire un peu plus loin afin de savoir quel était selon toi le punk contestataire d’aujourd’hui… Prince Ringard (quoique d’après ce que j’ai pu comprendre, Mass Prod ne peuvent plus le blairer non plus)? Je sais pas moi, Tados? Les ramoneurs de menhirs?
      Tu y connais quoi à In Memoriam? Ce que « la horde » ou « reflexes » ont bien voulu t’en dire, c’est à dire limiter un groupe et son entière discographie à 2 morceaux (« la colonne » sur « persona non grata » et « quand j’entends le mot culture » sur « Paris-Belgrade »), mais quid des autres?
      Ce que la jeunesse d’aujourd’hui souhaite, ce dont elle rêve, tu crois encore que ça se trouve sur « viva bertaga » ou sur « pour un djihad de classes » sérieusement?
      En tout cas, ce qui est marrant à voir, c’est que vous êtes en train de vous rendre compte (un peu tard) que vous ne détenez pas le monopole de la culture populaire, et loin de là… Actifs uniquement sur le web, on a pu voir ce à quoi correspondait votre notion de liberté, avec les tentatives d’annulations de concerts qui vous déplaisaient, les campagnes de diffamation de certains groupes, le fichage (nom, prénom coordonnées) de personnes… C’est donc ça selon toi être contestataire et anti-système et défendre des valeurs?

      • Uniquement actif sur le web ? Qui cache ses lieux de concert ? Qui se cache dans la rue ou alors sans ses beaux insignes ? Certainement pas « nous » (oui je vais me mettre de leur coté hein!)

        Tous les groupes identitaires (tout comme adsav et compagnie) ne représentent… rien. Surement sont-ils les seuls à avoir ouvert les yeux sur ce si beau monde ? Ou pas… En tout cas, eux sont très actifs sur internet, on se demande pourquoi d’ailleurs.

        De toute façon, débat il n’y aura pas puisque nous resterons tous les deux sur nos positions, et tu le sais.

        Et pour revenir au sujet initial, au final, ça change quoi que lsd soit retiré de l’affiche? Pas grand chose, ça marche dans l’autre sens aussi, et ça me choque pas, d’un côté comme de l’autre. Chaque orga gère ses concerts comme elle le souhaite. Et ceux à qui ça plait pas… n’ont qu’à pas venir, ou faire comme mr bwt, organiser ses propres concerts.

        PS : Nihonjin, ton commentaire est aussi beau que ceux que tu laisses sur le web, très belle prose. Toi qui est fan de « rap », je te dédicace ce super morceau, écrit rien que pour toi à ce qu’il paraît… https://www.youtube.com/watch?v=q6Gs78C-2FQ

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