10/11/2015 – 12H00 Rennes (Breizh-info.com) –En politique, on devrait éviter de donner aux seconds couteaux – et à plus forte raison aux troisièmes – l’occasion de se croire indispensables. Leur donner du galon n’est pas leur rendre service. Car le jour où, en « haut lieu », on décide de se passer de leur collaboration, le second couteau crie à l’injustice, à l’assassinat. Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Ne posséder aucun poids politique et électoral se paie forcément un jour. L’absence de savoir-faire et de talent n’arrange pas les choses lorsque vient l’heure de la recomposition des équipes. C’est la douloureuse expérience que vient de vivre Christian Anneix (PS) puisque Jean-Yves Le Drian l’a « oublié » dans la liste que le ministre a concoctée.

A la vérité, Christian Anneix se trouve dans une mauvaise passe. Notre homme s’était crée un emploi grâce à deux mandats : adjoint au maire de Cesson-Sévigné et conseiller régional de Bretagne. D’où deux indemnités qui permettent de vivre gentiment. Mais, en deux temps deux mouvements, tout s’écroule. Mars 2014 : les électeurs de Cesson renvoient dans leurs foyers la municipalité de gauche qui avait des vues excessives en matière de béton. Un premier mandat de perdu pour Christian Anneix.

Lundi 19 octobre : la liste Le Drian est rendue publique, Anneix n’y figure pas. Dépit et déception chez l’homme de Cesson. Il en a gros sur la patate, si bien qu’il se fend d’un communiqué dans lequel il déplore que, pour représenter l’agglomération rennaise, se trouve un candidat déjà titulaire de plusieurs mandats locaux, « en faisant fi d’un principe essentiel : le non cumul des mandats ». Malheureusement, Christian Anneix oublie d’indiquer à qui il songe. Est-ce à Loïg Chesnais-Girard, maire de Liffré ? Est-ce à André Crocq, maire de Chavagne ?

La rue de Solférino ne s’en remettra pas : Christian Anneix a donc décidé de se mettre en congé du Parti socialiste. Il dénonce ainsi « une approche partisane et une professionnalisation de la fonction d’élu » et aussi « une logique d’appareil » (Ouest-France, 27 octobre 2015) . En ce qui concerne la professionnalisation de la fonction d’élu, M. Anneix parle en connaissance de cause puisqu’il en était un parfait exemple.

L’heure de la reconversion professionnelle a donc sonné. M. Anneix peut échapper à Pôle emploi grâce à ses talents de musicien. Il a désormais le temps de reprendre ses anciennes activités, à savoir vedette des festoù-noz. Il y a fort à faire en la matière dans le pays de Rennes. C’est certainement l’avis de Jean-Yves Le Drian.

Bernard Morvan

Photos : DR
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3 Commentaires

  1. Un conseiller municipal d’une ville de 15.000 habitants gagne 1.050 euros brut par mois et un conseiller régional d’une région de plus de 3.000.000 d’habitants à peu près 2.600 euros. les deux cumulés, ça fait à peu près 2.800 euros net par mois. C’est scandaleux. Tout ça pour avoir eu le mérite de poser son cul dans une liste. Quand je pense que certains branleurs de 20-25 ans qui n’ont rien prouvé sont à des positions éligibles pour les régionales, ça me dégoûte ; notamment une gamine qui n’a d’autre qualité que son joli minois sur la liste Troadec ; qui serait élue si celle-ci faisait 10 % ou plus…

    • Le plus scandaleux : c’est que des citoyens votent pour favoriser la belle vie à ces vermines et ensuite, pleurent car leur quotidien est difficile !
      Pas encore assez difficile sans doute.
      Sous prétexte d’avoir le droit de vote, allez-y, votez pour n’importe quoi, au final les décisions prises seront les mêmes.

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