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28/11/2015 – 08H00 Brest (Breizh-info.com) – En 2012, Bertrand Galic & Marc Lizano imaginent adapter en bande dessinée un monument de la littérature : Le Cheval d’orgueil, de Pierre Jakez Hélias. Novembre 2015 : la première édition de la BD parait enfin à l’occasion des 40 ans de la sortie du livre original.  Ce sont les Éditions du Soleil qui éditent cet ouvrage qui retrace l’histoire d’ un petit Breton entre la 1ère Guerre mondiale et les années 30. Le style de dessin est particulier, mais le contenu a le mérite de faire revivre et d’imager une culture, une langue, une tradition.

Bertrand Galic, le scénariste, a répondu à quelques-unes de nos questions .

petitcheval

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir adapter Le Cheval d’orgueil ?

Bertrand Galic : Si ce livre avait retracé le parcours d’un gamin picard ou cévenol, je m’y serais peut-être moins attaché. Mais ce n’est même pas certain. En effet, outre le fait que l’ouvrage évoque une région qui m’est familière, mon intérêt pour Le Cheval d’orgueil tient, aussi et surtout, à certains thèmes qui y sont abordés : la relation de l’homme au territoire, la quête d’identité, la transmission… Il véhicule à mon sens des valeurs universelles, profondément humanistes. Et le regard de l’enfant sur son monde est, je trouve, particulièrement touchant dans cette oeuvre.

Breizh-info.com : N’est-ce pas « profane » d’adapter un tel roman en bande dessinée ?

Bertrand Galic : Le Cheval d’orgueil est évidemment un monument de notre patrimoine, qui mérite à ce titre respect et attention. Je lui accorde l’un et l’autre, à un degré que vous n’imaginez même pas. Pour autant, sauf à considérer que le sacré existe, il n’y a rien de « profane », ni de sacrilège. Pas même en littérature. Par conséquent, nous avons réalisé cette adaptation, avec le camarade Lizano. De manière totalement libre et assumée, bien conscients des débats qu’elle ne manquera sans doute pas de susciter.

Breizh-info.com : Qu’avez-vous changé à l’histoire originale ? Pourquoi ces modifications ?

Bertrand Galic : Tout d’abord, il faut rappeler que l’histoire originale a été publiée en 1975. Quarante ans plus tard, qu’on le veuille ou non, il faut bien admettre que notre langue a évolué. Je me suis donc attaché à rendre le texte un peu plus moderne, afin qu’il soit lisible par la majorité. L’idée était de le rendre réellement « tout public ». Il a par ailleurs fallu tisser un fil narratif, là où il n’y en avait pas vraiment. Le Cheval d’orgueil est en effet une succession de tableaux, organisés thématiquement, bien davantage qu’un ouvrage contenant une intrigue. Ce n’est pas un roman. Enfin, l’oeuvre de Per-Jakez Helias constitue une masse immense et il nous a été impossible, bien sûr, de tout dire ou tout montrer. J’aurais aimé que d’autres scènes figurent dans l’album, mais nous avons dû y renoncer pour des questions de format. Adapter, c’est aussi faire des choix, pas toujours évidents. Et même cruels, parfois.

Bertrand Galic et Lizano – Le Cheval d’orgueil, d’après Pierre-Jakez Helias – Editions du Soleil

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