Quand le ministère de l’Intérieur choyait l’imam salafiste de Brest

10/12/2015 – 06H30 Brest (Breizh-info.com) – Le 24 novembre, une réunion s’est tenue entre  Bernard Cazeneuve et les membres du bureau exécutif du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman). Le ministre de l’Intérieur s’est excusé pour les excès de ses troupes dans la perquisition de la mosquée d’Aubervilliers : faux plafond désossé, portes enfoncées, corans jetés à terre, pour ne finalement rien trouver. Il a appelé à un « tri au sein des imams ».

Ce n’est pas qu’une façon de se mettre lui aussi à l’heure de la COP21. Depuis le début de la vague de perquisitions, les forces de l’ordre ont fermé quatre mosquées et perquisitionné une école  coranique dans la Loire. Ils sont aussi allés perquisitionner la mosquée de Brest et le logement de son imam Rachid Abou Houdeyfa, salafiste quiétiste. Ses prêches sont très populaires sur le web, bien que les propos tenus – sur la musique notamment – ne soient pas très en phase avec le « vivre-ensemble » républicain.

Mais Le Canard Enchaîné (2.12) nous apprend que Beauvau n’aurait pas toujours eu l’imam brestois en ligne de mire. En février, l’Intérieur aurait même proposé qu’il intègre – pour services rendus ? –  la nouvelle instance de dialogue avec le culte musulman. Elle regroupe près de 150 personnalités de l’islam de France. Elle est censée compléter le CFCM, lisser l’image de l’islam et mettre en chantier le doublement du nombre des mosquées. Il y en avait 2400 fin 2014 et 104 autres en chantier contre à peine 100 dans les années 1970.  Les musulmans estiment qu’il en faut au moins 5000.

La proposition de l’Intérieur aurait été bloquée par Manuel Valls. Il n’aurait pas voulu que des salafistes soient présents  dans l’instance de dialogue. Du reste, l’imam de Brest a de beaux jours devant lui. Comme l’a reconnu le ministre de l’Intérieur au cours de la même réunion, il était « difficile d’agir légalement à l’encontre de l’intéressé » dont les propos, même violents, restent dans le champ de la liberté d’expression et de la liberté des cultes. C’est écrit… dans la loi.

Photo : DR
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4 réponses à “Quand le ministère de l’Intérieur choyait l’imam salafiste de Brest”

  1. @pierre_1er mais vous votez massivement à gauche, rien ne devrait vous étonner !

  2. Nadine dur dit :

    @peyliac voir ce vicieux des le matin ;ca donne envie de vomir !

  3. ? Jamais choyé mais trop de Laxisme. Vive les Républicains,Vive la République, Vive les Patriotes. Vive la Bretagne ?

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