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10/02/2016 – 08h00 Nantes (Breizh-info.com) – Alors que Nantes goûte les plaisirs d’un hiver doux et un brin venté – en France, on appelle cela une « tempête », pour les Bretons il s’agit plutôt de brises vivifiantes, l’audience correctionnelle roule sur les faits habituels. Drogue, vols et autres injures.
Nabil T. passe pour le vol dans Nantes, le 19 avril 2015, d’un sac et d’un blouson, alors qu’il était armé d’un cutter. En plus, les policiers qui l’ont arrêté, ont constaté qu’il avait fumé du cannabis et avait une dose de 1g de cocaïne sur lui. Et il les a copieusement insultés. Mais le prévenu n’est pas là. Ni les parties civiles d’ailleurs. Le procureur se dit un peu « surpris ». En fait, Nabil est au vert en Algérie. Et va y rester. « Il n’a pas pu prendre l’avion », annonce son avocate. « Il a eu un refus pour sa première demande de titre de séjour, donc il s’est vu refuser l’accès à l’avion », annonce-t-elle. L’affaire est renvoyée sine die.
Au suivant, Rustam A, un immigré venu du lointain Caucase, qui a volé des pièces détachées dans une entreprise de réparation automobile de la zone industrielle des Hauts de Couëron, plutôt confrontée à une récurrente et lassante délinquance. Connu de la justice pour plusieurs vols, il écope d’une nouvelle condamnation légère : trois mois avec sursis, sans mise à l’épreuve. Les prisons bretonnes étant surpeuplées il y échappe une fois encore.
Mehdi M. est là et lui va pouvoir être jugé. Le 14 mars 2015, avec une jeune fille de 17 ans, d’origine française, il vole un portable dans un bar du quai des Antilles, sur l’île Sainte-Anne à Nantes. Déjà connu de la justice – il a été en prison de novembre 2011 à mai 2013 pour diverses dégradations, violences et rébellions – il avait, lors de son vol, été surpris par un vigile d’origine africaine, qu’il a copieusement insulté. Le mode opératoire des deux voleurs était rodé : sa complice abordait les clients aux terrasses ou devant les boîtes de nuit pour leur demander une cigarette. Pendant que leur attention était occupée, elle subtilisait leur sac et le passait à son complice pour qu’il puisse y piocher smartphones et objets de valeur.
Le physionomiste avait saisi leur manège et prévenu le videur, qui a arraisonné Mehdi devant le bar, sur le quai de la Loire. Le voleur surpris ne s’est pas laissé démonter et a insulté le videur avec un flot de mots fleuris : « sale Noir, va te faire foutre ! Fils de pute ! Macaque ! » tandis que ce dernier le maîtrisait et le livrait à la police. Il a aussi balancé le téléphone volé à la Loire – 900 € de préjudice pour la victime. Devant le juge, le prévenu est moins fort en gueule : il charge tout sur la fille, « je ne la connaissais pas, c’est elle qui est venue me trouver et m’a passé le sac» et nie les insultes racistes. « C’est pas vrai ça, j’ai pas accepté l’interpellation devant tout le monde, c’est tout. Macaque, je ne sais pas ce que ça veut dire, ça veut dire quoi ? ».
Plutôt que d’améliorer sa culture générale, le procureur estime qu’il fait preuve d’une « délinquance pas acceptable » et note qu’il n’y a « plus de difficulté sur le vol », qui est implicitement reconnu, et l’injure publique, « proférée pour être entendue ». Il préconise cependant une peine assez symbolique : 140h de travail d’intérêt général, puisque le prévenu est sans travail. Il aura encore moins : 3 mois avec sursis, sans mise à l’épreuve.
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