03/04/2016 – 06h00 Scrignac  (Breizh-info.com) – Plusieurs dizaines de nationalistes bretons avaient répondu à l’appel de l’association UKK, Unvaniez Koat Keo , en ce lundi de Pâques, 28 mars 2016. Après la cérémonie au lieu dit La Croix Rouge, là où fut assassiné Yann Vari Perrot,  Loig Kervoas fit la lecture d’un discours bilingue (ci-dessous) qui, bien sûr, cette année évoquait le soulèvement des patriotes Irlandais des Pâques sanglantes. Puis Roland ar Gad lui succéda pour un solennel appel aux morts, avec comme fond sonore le claquement des drapeaux chahutés par un vent soutenu.
La suite de la journée se déroula à Koad Keo, dans la chapelle, avec la célébration de la messe. Le prêtre récita ensuite quelques prières sur la tombe de l’abbé Perrot, certains d’entre nous firent lecture de textes concernant le martyr du recteur de Scrignac avant que toute l’assemblée n’entame un vibrant Bro gozh ma zadoù (hymne national breton) pour conclure.

Depuis plus de soixante ans l’U.K.K. entretient et honore la mémoire de Yann-Vari Perrot, fondateur du Bleun-Brug et directeur de Feiz ha Breizh, celle de tous les Bretons morts pour la Bretagne ainsi que celle des frères irlandais insurgés des Pâques sanglantes de 1916. 

Intervention de Loig Kervoas à la Croix Rouge. (NDLR : nous retranscrivons ce discours de façon purement informative).

Kenvroiz Ker,

Da Lun Fask 2016 en em savas brogarourien Iwerzhon a-enep an impalaerezh saoz. Kant vloaz’zo abaoe eta.

Chers compatriotes,

Le lundi de Pâques 1916, les patriotes irlandais se soulevèrent contre l’empire britannique. Cela fait donc cent ans.

D’ar 24 a viz ebrel e voe aloubet gant ur mil bennak a Emouestlidi Iwerzhonat Ti-post bras Dulenn hag un nebeut lec’hioù all. Displeget e voe ar banniel gwer-glas-orañjez, banniel broadel Iwerzhon, war talbenn an ti-post hag embannet Republik Iwerzhon. Sebedennet e voe an arvesterien, met digas pe zoken disfizius e chomas an darn vrasañ eus an engroez. D’ar c’houlz-se e oa ur bern Iwerzhoniz oc’h en em gannañ er Frañs en arme saoz a-enep an Alamaned ha gant se e oa gwelet an Emsavidi evel treitourien. Pebezh rann-galon evito ! Bez’ e oa bet koulskoude, unan bennak kalonek a-walc’h evit huchal : « Bevet Iwerzhon Dieub ! »

Le 24 avril, un millier de Volontaires irlandais s’emparèrent de la Grand-Poste de Dublin et de quelques autres lieux. Ils déployèrent le vert-blanc-orange, le drapeau national irlandais, sur le fronton de la poste et proclamèrent la république irlandaise. Les spectateurs en furent ébahis mais la plus grande partie de la foule resta indifférente, sinon méfiante. A l’époque de nombreux Irlandais se battaient en France dans l’armée britannique contre les Allemands et les insurgés furent considérés comme des traîtres.Quelle déception pour eux ! Il y eut cependant quelques courageux pour crier : « Vive l’Irlande libre ! »

An deiz war-lerc’h e teredas milieroù a soudarded saoz armet-mat, kanolioù ganto zoken pa ne oa gant an darn vras eus an Iwerzhoniz nemet armoù kozh-Noe. C’hwec’h devezh e padas ar bec’h. D’ar pevare deiz e teuas an ti-post da vezañ un ifern gant an tan-gwall a oa kroget ennañ dindan bombezennoù-tan ar Saozon. D’an 29, pa grogas ar Saozon da lac’hañ siviled, e tivizas Padrig Pearse, rener an Emsavidi, paouez gant an emgann hag en em zaskoriñ.

Le jour suivant accoururent des milliers de soldats anglais bien armés, avec même de l’artillerie alors que les Irlandais ne disposaient pour la plupart que de vieilles pétoires. L’épreuve dura six jours. Le quatrième jour la poste devint un enfer à cause d’un incendie provoqué par des bombes incendiaires lancées par les Anglais. Le 29, quand ceux-ci commencèrent à massacrer des civils, Patrick Pearse décida d’arrêter les combats et de se rendre.

Kalet e voe ar c’hastiz : kondaonet e voe an holl renerien d’ar marv ha fuzuilhet e voent holl war-bouez pevar :

D’an 3 a viz mae, ar barzh Padrig Pearse, Tom Clarke ha Thomas MacDonagh.

D’ar 4, Michael O’Hanrahan, Joseph Plunkett hag Edmond Daly.

D’ar 5, Sean MacBride

D’an 8, Cornelius Colbert, Eamon Ceannt, Sean Henson ha Michael Mallin.

D’an 12, Sean MacDiamarda ha James Connolly, fuzuilhet azezet war ur gador dre ma ne oa ket gouest da chom en e sav gant ar gloazet e oa bet.

Kondaonet d’ar marv ivez, Eoin MacNeill, Eamon De Valera, ar gontez Markiewicz ha William Congrave a voe kemmet o c’hastiz d’ar prizon da viken.

Le châtiment fut sévère : tous les chefs furent condamnés à mort et fusillés à l’exception de quatre d’entre eux :

Le 3 mai, le poète Patrick Pearse, Tom Clarke et Thomas MacDonagh.

Le 4, Michael O’Hanrahan, Joseph Plunkett et Edmond Daly.

Le 5, Sean MacBride.

Le 8, Cornelius Colbert, Eamon Ceannt, Sean Henson et Michael Mallin.

Le 12, Sean MacDiarmada et James Connolly qui fut fusillé assis sur une chaise car il était gravement blessé.

Condamnés à mort eux aussi, Eoin MacNeill, Eamon De Valera, la comtesse Markiewicz et William Congrave virent leur peine commuée en prison à vie.

Tri bloaz goude, da heul an dilennadegoù kentañ goude ar brezel ez eas ar maout gant ar vroadelourien ha d’an 21 a viz genver 1919 e voe kadarnaet Republik dieub 1916. Dont a reas Eamon De Valera, stourmer kalonek 1916 da vezañ kentañ prezidant republik Iwerzhon. Pezh a ziskouez eo arabat fallgaloniñ. N’eo ket en aner o doa harozed 1916 skuilhet o gwad.

Trois ans plus tard, lors des premières élections après la guerre, ce fut le triomphe des nationalistes et le 21 janvier 1919, la République libre d’Irlande de 1916 fut confirmée et Eamon De Valera devint le premier président de la république irlandaise. Ce qui prouve qu’il ne faut jamais désespérer. Le sang des héros de 1916 n’avait pas coulé en vain.

Abaoe kantvedoù emañ ar republik c’hall frañmasonek, a heuge kement an Aotrou Perrot, o klask lazhañ ene Breizh. Ur gammed ouzhpenn war-raok he deus graet : aezetaat aloubidigezh ar relijion vuzulmat, dre gasoni ouzh ar gristeniezh. Pedomp an Aotrou Perrot evit ma savo ur rumm nevez a Vretoned kalonek gouest da argas an euzh-se.

Voilà des siècles que la république française franc-maçonne, qui révulsait tant l’abbé Perrot, essaye de tuer l’âme de la Bretagne. Elle vient de faire un pas de plus en facilitant l’invasion de la religion musulmane, par haine du christianisme. Prions l’Abbé Perrot pour que se lève une nouvelle génération de Bretons courageux capables de chasser cette abomination.

Breizh atav !

Erin go bragh !

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