Richard Ferrand (PS) se voit secrétaire d’État à la betterave industrielle…

22/04/2016 – 07H30 Carhaix (breizh-info.com) – Quand Emmanuel Macron quittera  Bercy, il laissera un bilan impressionnant : des compagnies de cars qui font concurrence aux TER de la SNCF, ainsi qu’un mouvement politique, « pas à droite, pas à gauche », intitulé « En marche ! ». « C’est ouvert aux citoyens de toutes sensibilités politiques et, surtout à ceux qui n’ont pas un engagement politique » explique Richard Ferrand (PS), député de Carhaix-Châteaulin, l’un des principaux lieutenants d’Emmanuel Macron (Ouest-France, 08/04/2016).

Richard Ferrand a-t-il fait le bon choix en se ralliant au banquier-ministre ? En effet, Ferrand a été élu avec 58,36% des suffrages exprimés, au second tour des élections législatives de 2012, arrivant en tête dans 61 communes sur 71. Un solide fonds de commerce qu’il serait dommage de gâcher en s’embarquant dans une aventure politique que risque de désapprouver sa base électorale. D’autant plus que son farouche ennemi, Christian Troadec (divers gauche régionaliste), maire de Carhaix, demeure en embuscade. Arrivé au premier tour en troisième position avec 19,92% des suffrages, ce dernier avait été contraint de se retirer au nom de la « discipline républicaine ». Mais Troadec espère bien régler son compte à Ferrand en 2017 ; il suffit que le député sortant perde une dizaine de points au premier tour.

Evidemment, pour Ferrand, « En marche ! », c’est le grand jeu. Plus question de perdre son temps avec des militants besogneux – style pédagos –qui croient refaire le monde avec des discours qui n’en finissent pas. Dans le monde dans lequel évolue Macron, c’est du sérieux – question force de frappe en euros. Les statuts de deux associations ont été déposés. D’abord l’ »Association pour le renouvellement de la vie politique » (nom officiel de « On marche ! »), ensuite l’ »Association de financement du parti Association pour le renouvellement de la vie politique ». Dans ces statuts apparaissent « les noms des compagnons de route du ministre de l’Économie, tous au confluent des mondes de l’entreprise, de la banque et le la strauss-kahnie. La première entité est administrée par Véronique Bolhuis, compagne du très libéral directeur de l’Institut Montaigne (…) La seconde est, elle, dirigée par Christian Dargnat, ex-directeur général de BNP Paribas Asset Management. » (L’obs, 14/04/2016). On le voit, Richard Ferrand est en bonne compagnie ; ça le changera de ses électeurs bretons !

Pour le financement de l’opération, on devine que les patrons du CAC 40 ne sont pas très éloignés. Ils adorent le retour sur investissement ; ils ne seront pas déçus. À l’un d’eux, Macron expliquait en janvier que « son projet politique était déjà bien avancé. Financé même. « Ca va te plaire ! », lui a-t-il glissé avec la gourmandise de celui qui prépare un mauvais coup. Une manière de souligner qu’il entend suivre une ligne libérale. « Totalement libérale », se risque-t-il même à ajouter. » (Valeurs actuelles, 04/02/16).

Aux législatives de juin 2017, Richard Ferrand pourra utilement changer d’enseigne : candidat du Grand Capital au lieu de candidat du Parti socialiste.

Bernard Morvan

PS – Le 10 avril, sur France 2,  Emmanuel Macron a annoncé 13 000 adhésions à son mouvement depuis son lancement. Il a enjolivé les choses. « Il ne s’agit, en réalité, que de 13 000 clics comptabilisés sur le site d’En marche. Curiosité ne vaut pas  forcément adhésion. » (le Canard enchaîné, 13/04/16).

Photo : DR
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