Redon. Affrontements communautaires Kurdes / Turcs en Ille et Vilaine

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17/05/2016 – 07H45 Redon (Breizh-info.com) – Vendredi 13 mai 2016, à Redon, des affrontements violents ont éclaté entre une cinquantaine de Kurdes (venus pour la plupart de Rennes et de Nantes) et une trentaine de Turcs issus principalement du quartier de Bellevue. Motif de ces affrontements communautaires ? Une conférence, organisée à l’initiative de la Fédération Anarchiste de Redon. Un militant kurde devait ainsi venir témoigner sur l’histoire du Kurdistan, mais également sur « le projet émancipateur et autonome », « la lutte des femmes pour leurs droits » ou encore « les conflits actuels face aux nationalismes et aux intégrismes religieux ».

La conférence débuta à 20h30. Hormis les Kurdes venus de Rennes et Nantes –  beaucoup proches des milieux d’extrême-gauche du fait des liens tissés entre extrême-gauche bretonne et militants kurdes depuis plusieurs années – il était à noter la présence de deux élus municipaux de Redon. Mais pratiquement aucun habitant de la commune n’avait fait le déplacement.

Aux alentours de 21 h 30, une voiture avec à son bord des jeunes Turcs s’arrête devant le centre social. Ils invectivent les Kurdes venus assurer le service d’ordre. La conférence avait été reportée une première fois pour des raisons de sécurité, puis de nouveau menacée. Le centre social se situe en effet à proximité du quartier de Bellevue, où résident de nombreuses familles turques (il y en aurait 300 sur Redon). La voiture est chassée. La conférence suit son cours, avec des débats, notamment entre un militant pro-PKK (les communistes indépendantistes kurdes) et un intervenant plus critique sur ce parti.

Toutefois, vers 22 h 00, la soirée s’achève plus rapidement que prévu. Une trentaine de Turcs sont revenus  à proximité du centre social. Ils veulent interrompre la conférence. S’ensuit une rixe, en présence de gendarmes qui tenteront avec difficulté de faire régner l’ordre au milieu de cet affrontement communautaire. Les Kurdes, chargeant en chantant à la gloire du PKK, finiront par poursuivre les Turcs, obligés de se réfugier dans leur quartier.

En Bretagne, notamment dans les grandes métropoles (Rennes et Nantes), mais aussi à Lorient ou à Quimper, les deux communautés, Turcs et Kurdes, se côtoient , sans se mélanger, sous tension. Leur nombre respectif, croissant en fonction des vagues d’immigration, amène également sur la place publique bretonne des haines et des revendications qui nous sont totalement étrangères. Du côté de la communauté turque de Redon, certains étaient très remontés à l’issue de cette soirée et promettaient « de ne pas en rester là ».

Dans un communiqué, le maire de Redon, Pascal Duchêne (centre-droit), a condamné ces violences communautaires, sans toutefois les nommer. « Nous sommes en France, en République. Il y a des droits fondamentaux qui renvoient à la liberté d’expression. Il n’était pas envisageable d’annuler sous prétexte de possibles débordements. » a-t-il déclaré. Le risque de troubles à l’ordre public est pourtant un motif fréquemment évoqué par préfets et maires pour interdire les manifestations des mouvements nationaux et identitaires sur la voie publique.

Dans toute la France, le conflit entre Turcs et Kurdes a des répercussions. Les deux communautés manifestent fréquemment pour les uns, leur attachement au régime islamiste d’Erdogan, pour les autres, leur soutien aux indépendantistes  du PKK.  « Des gens qui défendent un gouvernement islamiste turc contre d’autres qui prônent un Etat kurde communiste, vraiment, on a pas besoin de cela chez nous à Redon » nous écrivait il y a quelques jours un habitant du cru, qui nous alertait déjà sur de possibles incidents …

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. « revendications qui nous sont totalement étrangères » ? Pas tout à fait quand même. Les Kurdes sont restés indo-européens et ils sont en première ligne contre Daech. Quant au PKK, il ne peut être communiste que dans une acception très large du terme (« les prolétaires n’ont pas de patrie, on ne peut leur enlever ce qu’ils n’ont pas »).

  2. Il y a tellement d’erreurs factuelles dans cet article. A titre de correction, dans l’ordre :

    – Le groupe « kurde » venu de Rennes et de Nantes était, non pas une cinquantaine, mais plus de 200.

    – « une voiture avec à son bord des jeunes Turcs s’arrête devant le centre social » : à bord de la voiture, il n’y a pas des « jeunes turcs » mais une seule personne. Il ne s’arrête pas devant le centre social, mais passe devant (habitant du quartier). A l’origine de cette première confrontation, sans doute l’autocollant du drapeau de Turquie collé à l’arrière de la voiture. Le conducteur passe devant le groupe de rennais et nantais armés qui lui montrent leurs battes de baseball et barres de fer. Le conducteur les insulte. C’est tout. Quelques minutes plus tard, un autre habitant du quartier ayant la même voiture passe devant le centre social, certaines personnes du groupe armé (qui ont sans doute confondu avec l’autre individu) caillassent alors la voiture donc le pare-brise est cassé. NB : le centre social se situe à l’entrée du quartier de Bellevue, lorsqu’on rentre au quartier en venant du centre ville, on passe forcément devant.

    – Il n’y a pas 300 familles turques à Redon, mais environ une centaine comprenant quelques familles kurdes.

    – « Une trentaine de turcs sont revenus à proximité du centre social » : le fait de « REvenir » suppose d’être déjà venu, ce qui n’était pas le cas. De plus, ce ne sont pas que des turcs mais des habitants du quartier, dont, une majorité était effectivement issue de la communauté turque.

    « Ils veulent interrompre la conférence » : l’arrivé du groupe des habitants du quartier faisait suite à l’agression dont avait été victime la personne dont le pare-brise avait été cassé lorsqu’elle a été caillassée par le groupe. Personne n’avait l’intention d’interrompre la conférence, d’autant plus qu’elle avait déjà commencée. Si telle avait été leur intention, ils auraient tenté de perturber le tenue de la conférence avant qu’elle ne commence.

    – « En Bretagne, les deux communautés se côtoient, sans se mélanger, sous tension » : absolument faux. S’il existe une différences ethniques, les deux communautés qui ont des liens historiques, culturelles et religieux, entretiennent, notamment en Bretagne, des rapports économiques et familiaux, de telles sortes que les deux communautés ne font qu’une.

    Enfin, dire qu’il s’agit d’une confrontation entre turcs/kurdes revient à faire une simplification erronée. D’une part, ce sont des sympathisants du PKK (organisation à l’idéologie de laquelle une grande partie des kurdes s’opposent, en France et en Turquie). Ce groupe ne représente aucunement les kurdes, encore moins ceux de Redon qui vivent en paix depuis des décennies au sein de la communauté turque de Redon. D’autre part, les turcs de France ne sont pas tous sympathisants d’Erdogan, loin de là.

    Nous, lecteurs, n’avons pas toujours la possibilité de vérifier la véracité des informations que vous partagez. Merci de bien vouloir faire un minimum de recherches de avant d’écrire des articles truffées d’erreurs et d’éviter les raccourcis.

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