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06/07/2016 – 06H30 Nantes (Breizh-info.com) – Nous avons relaté hier le début d’une longue audience correctionnelle qui s’est tenue mi-juin à Nantes. Violences, menaces de mort, abandon de famille, vols de portables, recel et port d’arme étaient au menu. Chronique d’une délinquance aussi ordinaire que, malheureusement, quotidienne.
L’affaire concerne M. Né en 1987 à Oran, il fait partie, lui aussi, de ces deux cent et quelques jeunes maghrébins, souvent clandestins, qui écument le centre-ville en vendant de la drogue ou en faisant des vols à l’arraché pour compléter leurs revenus. Cette fois, ce sont des violences et des menaces de mort envers un vigile qui lui sont reprochées ; les faits ont eu lieu le 6 décembre 2014. Il bénéficie de la générosité de la justice : ce sera deux jours et demi de stage de citoyenneté. Il n’a rien à payer : tout est pris en charge par le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Et encore, ce n’est pas sûr qu’il le fasse : en ressortant – libre – il prévient qu’il va changer d’adresse dans les prochains jours. Il vit actuellement dans le quartier (très) sensible de Bellevue, à l’ouest de Nantes.
Cas rarissime cette fois, un abandon de famille qui finit en correctionnelle lorsque l’ex-concubin est insolvable. Marwane O. est jugé pour avoir abandonné sa famille depuis mai 2012. Pourtant il ne doit verser que 100 euros de pension mensuelle, le minimum absolu ou presque, s’étant déclaré insolvable. Algérien d’origine et de nationalité, il est pourtant connu des forces de l’ordre pour vendre de la drogue et même des voitures à l’occasion. Absent à son procès – on se demande bien pourquoi – il est condamné à 2 mois de prison avec sursis, sur 18 mois et à verser 400 € à son ex-concubine. La victime a déjà un titre exécutoire afin que les arriérés de pension lui soient versés.
On passe à un autre fléau urbain moderne : le vol de portables dans les transports en commun. Un rapport récent de l’ONDRP affirmait que 30% des agressions dans les lieux publics se déroulaient dans les transports en commun – et un quart de celles qui étaient commises par plusieurs malfaiteurs. Ce sont pour l’essentiel des vols à l’arraché ou des tentatives de vols. Mais il n’y a pas que les couloirs du métro ou les rames du RER en Ile-de-France. Le tramway nantais est aussi bien concerné, notamment dans les stations proches des quartiers sensibles – Souillarderie sur la ligne 1 par exemple, mais aussi à Gare Maritime ou sur les tronçons du centre-ville.
Là encore, c’est un ex-clandestin qui est jugé pour deux vols de portables, en janvier 2016 et en septembre 2015. Ex-clandestin, puisque Mohammed C., natif de Boumerdès, en 1981, s’est marié avec une française en juin 2013 et est depuis inexpulsable, malgré des mentions réitérées à son casier judiciaire. Rien qu’en 2015, il a été condamné à trois mois, dont deux fermes pour recel de vol, et a aussi été jugé pour dégradations et violences aggravées. Mais il n’est pas prêt de partir : il a obtenu une carte de résident en novembre 2014. Sans profession ni ressources, il semble vivre de vols et de rapines. Et comme il est absent à son procès, cela risque de continuer.
En septembre 2015, il était accompagné d’un complice lorsqu’il a volé un portable dans le tram, ligne 1, à la station Gare Maritime. Il semblait ivre et a enlacé sa victime, qui s’est retrouvée délestée de son smartphone. Le complice est un maghrébin dans une situation similaire, Aliaou T. Le second vol est un peu différent : il a demandé à sa victime d’utiliser son téléphone, celle-ci a refusé, il l’a arraché de ses mains, la victime l’a récupéré, une bagarre s’est ensuivie entre la victime et le voleur, accompagné d’un complice. La victime a réussi à récupérer son bien et à fuir. Mohammed est condamné à quatre mois ferme, dont un mois de sursis de février 2015 qui est révoqué.
Autre prévenu absent, et donc jugé par défaut tout à la fin de l’audience, H. qui a vendu une bague issue d’un vol. Il l’avait achetée 50 euros à Bellevue avec d’autres objets d’origine louche, et l’a revendue 220 € dans une enseigne nantaise spécialisée dans la revente d’objets d’occasion. Connu de la justice – quatre mentions au casier dont la dernière pour vol – il récolte quatre mois ferme, dont deux d’un sursis prononcé en octobre 2014 pour recel et qui tombe, du fait de la récidive.
Encore un maghrébin pour terminer l’audience, lui aussi absent. Mohammed S. est né en 1982 à El Bayadh, en Algérie. Connu de la justice pour des larcins multiples, il est contrôlé fin 2015 dans un véhicule signalé volé. Il dit aux policiers y avoir dormi en sortant du Hangar à Bananes – il était trop fatigué. Faute de pouvoir lui imputer le vol, les policiers se rattrapent en le fouillant : il s’est débarrassé malhabilement d’un badge d’accès à l’usine Airbus, volé quelques jours auparavant, et portait sur lui un couteau, caché dans sa chaussette. Jugé pour recel et port d’arme prohibé, cet homme sans ressources, et qui dit aux enquêteurs avoir deux enfants à charge est condamné à deux mois avec sursis et 300 euros d’amende.
L.B. Greffe
Photo : Jean-Pierre Dalbera/Flickr (cc)
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