20/07/2016 – 16H00 Damas (Breizh-info.com). « Depuis que nous sommes dans la coalition, nous frappons tous les jours, pour aboutir à ce que Daech réduise son ampleur en Irak et en Syrie. Pour enrayer ce dispositif terroriste insupportable, il faut frapper au centre. ». Intervenant le mardi 19 juillet sur France-Info, Jean-Yves Le Drian a confirmé les frappes effectuées contre l’État islamique par l’aviation française.

Problème : ces frappes sont-elles toujours effectuées à bon escient ? Les tragiques événements survenus dans la nuit du 18 au 19 juillet dans les environs de Manbij, une ville de 50 000 habitants tenue par l’organisation djihadiste, à 100 km au nord-est d’Alep, permettent d’en douter, si l’on en croit Damas.

Selon plusieurs agences de presse, des dizaines de villageois – plus de 200 aux dernières nouvelles – des environs de Manbij, une ville de 50 000 habitants tenue par l’organisation djihadiste, à 100 km au nord-est d’Alep, ont en effet trouvé la mort dans des bombardements aériens dans la nuit du 18 au 19 juillet. Ces bombardements effectués officiellement par la « coalition » – USA, France et Grande Bretagne – auraient été effectués, selon le gouvernement de Damas, par l’aviation française.

Selon l’agence de presse officielle syrienne SANA, le ministère syrien des Affaires étrangères a donc demandé ce mardi à l’ONU de condamner les frappes aériennes françaises, qui ont pris pour cible un village du nord de la Syrie faisant des dizaines de victimes.

Un « massacre sanglant»

Le ministère a indiqué que les avions de combats français, qui font partie de la coalition anti-terroriste dirigée par les Etats-Unis, ont bombardé mardi matin le village de Tukhan al-Kubra, au nord de la ville de Manbej, dans la province d’Alep, commettant un « massacre sanglant» contre les civils.

Des familles entières ont perdu la vie dans les bombardements « intenses » des forces aériennes françaises, a précisé le ministère dans un communiqué adressé à l’ONU et à des organisations affiliées. « L’agression française a tué 120 civils, dont la plupart étaient des enfants, des femmes et des personnes âgées », précise le communiqué, qui ajoute que le sort de dizaines d’autres civils restait inconnu. Selon Libération, cette information serait toutefois démentie – sans plus de précision – par des témoins oculaires.

« Nous sommes à plus de 200 morts et le décompte n’est pas terminé. »

Selon le quotidien Le Monde , qui rapporte de son côté les propos du responsable municipal joint par téléphone, le bilan serait encore plus lourd : « Quand les membres de la défense civile sont intervenus mardi matin, ils ont récupéré 85 cadavres dans les décombres, principalement des femmes et des enfants, mais lorsqu’ils ont pu faire venir leur matériel de déblaiement, beaucoup d’autres corps sont apparus. Nous sommes à plus de 200 morts et le décompte n’est pas terminé. »

Le ministère syrien a par ailleurs indiqué que les frappes aériennes conduites par les Etats-Unis en Syrie étaient « illégales », accusant la coalition de prendre pour cible « des civils innocents et des infrastructures au lieu des groupes terroristes ».

« Les Etats-Unis, le Qatar, la France, l’Arabie saoudite et le Royaume-Uni continuent à soutenir les groupes terroristes en Syrie, ce qui est un signe clair de la connivence de ces pays avec les groupes terroristes », a rappelé Damas.

Dans une interview donnée sur le site RT France en septembre 2015, le philosophe Michel Onfray affirmait : « Bombarder des combattants de l’État Islamique suppose tuer des victimes civiles innocentes, les uns vivant chez les autres, et que ça n’empêchera pas un islamiste radical vivant en France de passer à l’acte. Au contraire ! » Prémonitoire…

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